Anne Hébert et la réception de son oeuvre dans les pays germanophones

Ursula MATHIS-MOSER

Dans les pays germanophones, l’étude de la réception des oeuvres littéraires du Québec reste un domaine encore largement inexploré. En ce qui concerne la Belle Province, avant 1992, le Québec fait figure de terra incognita dans la presse germanophone. Ce n’est que dans les années 1990 que le nombre d’articles de presse consacrés au Québec et à ses auteurs monte considérablement, avec Robert Lepage agissant comme chef de file. Tout récemment enfin, une nouvelle génération de romanciers québécois attire l’attention des traducteurs et provoque à son tour des réactions et des commentaires dans la presse des pays de langue allemande. Mais qu’en est-il des grands noms de la littérature québécoise, de ceux et de celles qui sont décédés avant cette prise de conscience si visible dans les pays germanophones? Qu’en est-il d’Anne Hébert? Jusqu’à présent, trois romans – Kamouraska (1970), L’enfant chargé de songes (1992) et Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant anglais (1995) – ont été traduits en allemand, en 1972, en 1999 et en 2000, les deux derniers ayant paru chez l’éditeur autrichien Residenz Verlag. La presse réagit à ces parutions, puis la mort de l’auteure suscite une vague d’articles mais on ne parle pas de la poète et on ne parle pas de ses autres chefs-d’œuvre romanesques. Le but de notre étude est de tracer le chemin de cette réception plutôt hésitante et d’identifier en même temps les qualités que la critique germanophone reconnaît à la «grande dame» de la littérature québécoise : Anne Hébert.