L’intertexte du 16e siècle de L’île de la Demoiselle d’Anne Hébert : Marguerite de Navarre, André Thevet et François de Belleforest

Claude LA CHARITÉ

Dans L’île de la Demoiselle, Anne Hébert s’inspire de la légende de Marguerite de Roberval, relatée par quatre textes de la Renaissance. L’originalité de la pièce d’Anne Hébert tient au fait qu’elle tire parti de l’ensemble de ces récits. La dramaturge se montre une lectrice attentive de Marguerite de Navarre, pour ce qui est du personnage de la femme forte, d’André Thevet, s’agissant des toponymes et du motif de l’exil, et de François de Belleforest, pour ce qui est de la cruauté de Roberval et des amours morganatiques de sa pupille. En combinant les éléments fournis par tous les textes à sa disposition, elle a signé la variante littéraire qui est assurément la plus cohérente sur le plan psychologique et la plus fouillée d’un point de vue historique.