Traduire « Le tombeau des rois » en langue coréenne

Daekyun HAN

Traduire en coréen la poésie d’Anne Hébert consiste à transmettre ses messages poétiques aux lecteurs coréens vivant dans un pays et dans une époque totalement différents de son lieu et de son temps à elle. Peut-on effectuer cette tâche sans faire subir trop de transformations au texte traduit? En dehors des problèmes d’ordre phonique qu’Anne Hébert évoque dans le Dialogue sur la traduction, des questions peuvent également se poser sur le plan sémantique, car il existe une distance entre les deux langues, entre les deux cultures – un écart de langue et de culture beaucoup plus important qu’entre le français et l’anglais. Du français au coréen, les mots peuvent ne pas désigner les mêmes choses, ni les mêmes phénomènes, lorsqu’il s’agit de particularités poétiques d’un langage reflétant les expériences individuelles et d’une époque. Dans sa traduction, le traducteur cherche à réduire cette distance entre les langues des deux textes.