Les fables de Kamouraska

Delphine RUMEAU

Kamouraskapose la question du statut du récit et de sa capacité à approcher le réel. Si les ambiguïtés de la narration, tendue entre effets référentiels et autoreprésentation, ont souvent été mises en lumière, il faut aussi souligner l’importance du travail intertextuel dans le roman. Celui-ci intègre en effet de nombreuses références aux grandes œuvres du meurtre – Macbeth – et de l’adultère – en particulier La lettre écarlate de Hawthorne. Cet article étudie la façon dont les personnages sont hantés par des spectres littéraires et dont des topoi romanesques agissent sur le récit. La frontière entre témoignage et fiction se trouve brouillée, et les rapports du récit et du réel, rendus plus complexes encore par cette prégnance des souvenirs littéraires.