L'autoréférence à la troisième personne comme marque d'aliénation et d'ambivalence dans les romans d'Anne Hébert

Jaap LINTVELT

Dans l'œuvre d'Anne Hébert, les personnages présentent une grande complexité psychologique qui entraîne souvent des conflits intérieurs.  Le clivage de leur personnalité est exprimé sur le plan narratif par l'autoréférence à la troisième personne.  Au lieu de l'emploi traditionnel de la première personne, les personnages adoptent alors la forme impersonnelle de la narration homodiégétique à la troisième personne, qui exprime leur aliénation ou ambivalence.  Quelques exemples de cette technique narrative dans Kamouraska, Les Fous de Bassan et Le Premier Jardin précèdent une analyse de la fonction de cet emploi dans Est-ce que je te dérange?