Colère et style de vie dans l'œuvre romanesque d'Anne Hébert : colère entropique ou colère inchoative?

Daniel MARCHEIX

Par les mouvements passionnels qu'elle met en jeu et l'axiologie qui la sous-tend, la figure de colère constitue un élément essentiel de la syntaxe identitaire qu'élaborent les parcours narratifs de nombreux personnages hébertiens.   En posant le sujet face à l'Autre, la colère ne permet l'émergence d'un délire euphorique que si elle échappe à la spirale de la violence disséminée.  Elle doit s'accompagner d'une rupture avec l'espace de l'intersubjectivité conflictuelle.   Apparaît alors un nouveau régime de présence, marqué par l'émergence d'un sujet actif dans un corps sensible dont la fonction principale est de servir de catalyseur à une convergence lucide entre le Désir et l'Être.