Présentation de monsieur Guy Rocher

par Bernard Courteau, président de l’APPRUS

Monsieur le conférencier,

Madame la rectrice,

Mesdames et messieurs les dignitaires,

Chères, chers collègues,

Chères, chers collègues retraités,

Chères étudiantes, chers étudiants,

Chers invités,

C’est un grand privilège et un immense plaisir que de recevoir aujourd’hui le professeur Guy Rocher pour cette première conférence publique organisée par l’Association des professeures et professeurs retraités de l’Université de Sherbrooke (l’APPRUS) à l’intention de la communauté universitaire et du grand public intéressé par la chose universitaire. L’idée de telles conférences est de donner l’occasion à des intellectuels réputés de nous livrer, dans un esprit multidisciplinaire ou transdisciplinaire, des visions à long terme, des «pensées longues» selon le beau mot du philosophe Michel Serres. Des pensées longues qui viendraient contrebalancer les visions à courte vue qui sont malheureusement trop souvent la règle dans les rapports entre la société et ses universités.

Dans le contexte de l’opération de planification stratégique lancée par Madame la rectrice sous le signe de la participation et de la collégialité,  le professeur Rocher est l’une des personnes qui peut le mieux nous apporter une vision à long terme sur l’université et les défis qui se posent.

Monsieur Rocher a en effet connu une vie universitaire exceptionnellement longue et fructueuse qui commence en 1952, alors qu’il est nommé professeur de sociologie à l’Université Laval de Québec. Auparavant il avait fait une maîtrise à la Faculté des sciences sociales fondée par le célèbre Père Georges-Henri Lévesque, et il avait complété sa scolarité de doctorat à la prestigieuse université Harvard aux Etats-Unis de 1950 à 1952. Il obtient son doctorat de Harvard en 1958 pour une thèse sur l’Église et l’État en Nouvelle France : une interprétation sociologique.

Après une année postdoctorale en France et en Europe où il participe à la fondation de l’Association internationale des sociologues de langue française, il est engagé à l’Université de Montréal comme directeur du Département de sociologie auquel il restera attaché toute sa carrière. 

De 1961 à 1966, il participe à la fameuse Commission Parent qui a été à l’origine de transformations très importantes du système d’éducation québécois : création du Ministère de l’éducation, des écoles secondaires polyvalentes, des Collèges d’enseignement général et professionnel, les Cégeps, une particularité du système québécois. Il préside aussi un comité qui recommande au gouvernement la création de l’Université du Québec.

En 1968-69, il prend un congé sabbatique à l’Université Berkeley en Californie où il complète la rédaction de son Introduction à la sociologie générale qui a été publiée en 1969 aux éditions Hurtubise de Montréal. Cet ouvrage est publié peu après aux Éditions du Seuil et est traduit en six langues. Il publie également Talcott Parsons et la sociologie américaine, en hommage à son professeur de Harvard et pour marquer son appréciation de la vie intellectuelle des grandes universités américaines qu’il a connues. Cet ouvrage a été traduit en 5 langues. Ces deux ouvrages le font connaître en Amérique, en Europe et aussi au Japon.

Au début des années 1970, il publie Le Québec en mutation où il montre les transformations de la société québécoise dues à ce que l’on a appelé la révolution tranquille.

En 1977, le Docteur Camille Laurin l’appelle auprès de lui comme sous-ministre au Développement culturel. Il participe alors à l’élaboration de la fameuse loi 101 et de la politique culturelle du gouvernement québécois. Il revient aux affaires de 1981 à 1983 comme sous-ministre au développement social.

Entre temps il devient chercheur au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal. Il y conduit des recherches sur la sociologie du droit, sur le droit et l’éthique, sur le droit et la science. C’est ainsi que, par exemple, il participe au Colloque sur l’interaction entre le droit et les sciences expérimentales organisé à l’Université de Sherbrooke en 2001 par le professeur Pierre Patenaude. Au cours de sa vie professionnelle, monsieur Rocher a publié 19 livres et plus de 200 articles. Il a publié deux livres d’entretiens, le premier avec Georges Khal en 1989 et le deuxième avec son neveu François Rocher en mars 2010. À travers les péripéties de son parcours personnel, c’est tout un pan de l’histoire du Québec qui se déroule devant nous.

Ajoutons que le professeur Rocher est un intellectuel engagé qui a été de tous les grands débats qui ont animé la société québécoise depuis plus de 50 ans. Il est considéré comme l’un des piliers de la révolution tranquille. À ce titre, la revue L’Actualité l’a invité tout récemment à écrire un article Le savoir pour tous qui vient de paraître dans le numéro du 15 septembre 2010.

Fort de son expérience universitaire exceptionnelle, monsieur Guy Rocher va nous parler du présent et du futur de l’université.  Monsieur Rocher !