Voir au-delà des idées reçues

Allison Marchildon

Entreprendre des études supérieures à l’Université de Sherbrooke, c’est sortir des autoroutes consensuelles pour s’engager dans de nouvelles voies de réflexion, au-delà des frontières des disciplines et des idées reçues.

Allison Marchildon, professeure véritablement inspirante et engagée, nous raconte la façon dont elle invite ses étudiants à construire leurs propres opinions.

Que signifie pour vous « Voir au-delà des idées reçues »?

Pour moi, c’est synonyme de ce en quoi consiste faire la recherche, et ça part d’abord de soi. Ça signifie d’éviter l’enfermement, autant dans les écoles théoriques des autres que dans les modèles de pensée qu’on construit soi-même. Il faut constamment se demander si nos approches sont encore adéquates, et s’il n’en existe pas d’autres plus intéressantes, plus fécondes.

Pour ce faire, je pratique ce que j’appelle l’abduction, à travers laquelle je combine l’induction, qui me permet d’observer les enjeux et problèmes concrets sur le terrain, et la déduction qui, elle, m’amène à comparer ces observations aux différentes théories susceptibles de les éclairer de façon pertinente.

Ma vision de la recherche est très interdisciplinaire et s’inspire d’un assemblage de plusieurs approches. Je considère que le rôle de l’intellectuel est de remettre constamment en question les interprétations qu’on croyait jusque-là pertinentes.

Comment encouragez-vous vos étudiants à sortir des autoroutes consensuelles?

En les invitant à garder une posture d’ouverture. Pour moi, faire de la recherche, c’est aussi errer. Il faut explorer différents chemins, perdre son temps, commettre des erreurs, faire des détours.

Je les invite donc à pratiquer, comme je le fais dans mes recherches, l’abduction, c’est-à-dire à observer le monde concret et à se frotter aux auteurs, ceux qui nous plaisent, mais aussi ceux qui les critiquent, pour ensuite construire notre propre interprétation, en soulevant parfois des questions inhabituelles. Il arrive que mes étudiants me disent que je les ai déstabilisés, que je leur ai enlevé leurs illusions, mais c’est nécessaire! C’est ça le rôle d’un prof. L’actualité guide aussi mon enseignement et me permet de me renouveler.

Comment l’UdeS vous aide-t-elle à voir au futur?

J’ai une grande marge de manœuvre dans mon enseignement et ma recherche et je sens énormément d’appui de ma Faculté pour explorer et faire explorer mes étudiants. L’Université de Sherbrooke encourage le développement de programmes de cycles supérieurs branchés sur la réalité actuelle et qui répondent à des besoins de la société, notamment en éthique appliquée, en philosophie pratique et dans plusieurs autres domaines. Aussi, je suis fière d’appartenir à une institution qui a des pratiques exemplaires en matière de développement durable et qui se distingue par le nombre de femmes occupant de hautes fonctions dans la gestion de l’Université.

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