Identités et cultures autochtones

Préservation et revitalisation de la langue abénakise

Ce sont des enregistrements comme ceux qu’a réalisés Ambroise O’Bomsawin que le projet de centre de documentation se propose de réunir et de valoriser afin de contribuer à la revitalisation de l’abénakis et des autres langues autochtones du Québec. Né en 1886 à Odanak, Ambroise est décédé en 1980. Il est le dernier de sa famille à avoir eu l’aln8ba8dwaw8gan comme langue maternelle.
Ce sont des enregistrements comme ceux qu’a réalisés Ambroise O’Bomsawin que le projet de centre de documentation se propose de réunir et de valoriser afin de contribuer à la revitalisation de l’abénakis et des autres langues autochtones du Québec. Né en 1886 à Odanak, Ambroise est décédé en 1980. Il est le dernier de sa famille à avoir eu l’aln8ba8dwaw8gan comme langue maternelle.
Photo : Fournie

L’aln8ba8dwaw8gan – la langue w8banaki ou abénakise – est l’une des huit langues algonquiennes présentes au Québec. Selon les derniers recensements, le nombre de locuteurs de cette langue ne repose que sur une poignée d’individus, alors qu’il y a à peine 40 ans, il était encore possible d’entendre plusieurs W8banakiak (Abénakis) parler couramment entre eux dans leur langue d’origine. Ce constat est plus que préoccupant.

« La documentation, la conservation, l’apprentissage et la transmission de la langue abénakise sont une préoccupation très importante au sein de la Nation w8banaki (abénakise), explique Mathieu O’Bomsawin, agent culturel au Grand Conseil de la Nation Waban-Aki. Plusieurs facteurs peuvent expliquer le déclin de la transmission de la langue et de son usage depuis la seconde moitié du XXe siècle : pression des autorités religieuses, proximité des centres urbains, mariages mixtes, exode des membres de la communauté, etc. Il ne s’agit là que de quelques éléments ayant provoqué l’acculturation accélérée et la perte identitaire au sein du peuple abénakis. »

Consciente de la richesse de sa langue et de la vision du monde qu’elle porte, la Nation s’efforce de réaffirmer son patrimoine culturel et de se le réapproprier. À cette fin, un dictionnaire français-w8banaki (abénakis) a récemment été complété et des cours de langue w8banaki (abénakise) sont offerts à Odanak, à W8linak ainsi qu’à l’Institut Kiuna. De ce fait, le nombre de locuteurs croît chaque année tant chez les jeunes que les moins jeunes.

Vers un centre de documentation en langues et cultures autochtones

Né dans le cadre d’une subvention du Pôle de recherche en enseignement supérieur de l’Estrie, le projet Awikhiganisaskak a pour objectif d’établir un centre de documentation en langues et cultures autochtones. Ce financement initial, prévu pour une période de 17 mois (juillet 2020 à novembre 2021), a déjà permis d’identifier certains axes de recherche possibles pour la création du centre.

Une nouvelle subvention de Patrimoine canadien – 218 500 $ sur deux ans – permettra de continuer les efforts entrepris dans ce projet en se concentrant sur la langue abénakise afin de la préserver et de la revitaliser, en collaboration étroite avec le Conseil des Abénakis d’Odanak. Pour ce faire, le présent projet cherche à atteindre les objectifs suivants :

  1. Recherche et rapatriement d’archives sonores et audiovisuelles;
  2. Recherche et rapatriement d’archives bibliographiques;
  3. Recherche et rapatriement d’archives de la langue;
  4. Mise en valeur et diffusion des données traitées.

« Pour les Abénakis avec qui nous collaborons, la langue est l’outil principal permettant d’enrichir la culture, de recevoir, de partager et de transmettre le savoir de génération en génération. Pour plusieurs Autochtones, la clé de l’identité et de la conservation de la culture d’une personne repose sur sa langue ancestrale. La langue abénakise n’y fait pas exception », conclut le professeur René Lemieux, directeur du Centre de recherche collaborative autochtone – Atalwijokadimek et spécialiste en traductologie au sein du Département des arts, langues et littératures de l’Université de Sherbrooke.

Coresponsables de la subvention
Daniel G.-Nolett (Conseil des Abénakis d'Odanak) et Pr René Lemieux (UdeS)

Cochercheurs du projet Awikhiganisaskak
Philippe Charland (Institut Kiuna et UdeS), Pre Patricia Godbout (UdeS) et Mathieu O’Bomsawin (Grand Conseil de la Nation Waban-Aki)