Chaire de recherche du Canada en psychoéducation

3 questions à Gabrielle Garon-Carrier : un filet solide pour les enfants

Au Québec, c’est plus d’un enfant sur quatre qui éprouve des difficultés dans un ou plusieurs domaines d’apprentissage, ce qui complique le parcours scolaire.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la préparation à l’école, l’inclusion des populations vulnérables et l’adaptation sociale, Gabrielle Garon-Carrier rêve de réduire ce nombre. « Comme société, on bénéficie que nos enfants se développent mieux, soient plus heureux et vivent une expérience scolaire positive. »

Même si une proportion reste présente, on gagne à outiller encore plus les acteurs qui entourent ces enfants-là, que ce soit les éducatrices en milieu préscolaire, les enseignants, les parents ou les intervenantes.

Gabrielle Garon-Carrier, professeure à la Faculté d’éducation

Pour y parvenir, la chercheuse en psychoéducation et l’équipe de la chaire poursuivent un objectif principal : récolter de nouvelles connaissances pour développer des pratiques plus prometteuses. Ces connaissances aideront les enfants sur le plan de la préparation à l’école et de l’inclusion, notamment par l’ajustement des services qu’ils reçoivent, mais aussi par l’élaboration de politiques sociales plus solides.

Qu’est-ce que ça désigne, la « préparation à l’école »? Traditionnellement, répond la professeure, la préparation à l’école regroupe la manière dont les compétences d’un enfant – comme parler ou gérer ses émotions – lui permettent le plus possible de tirer profit de son expérience scolaire. Cette définition est très axée sur l’enfant même. Gabrielle, elle, l’élargit.

La préparation à l’école, c’est aussi la préparation des écoles et des services éducatifs à l’enfance à accueillir tous les enfants, avec une réponse adaptée à leur diversité et à la diversité de leurs besoins. Cette responsabilité implique autant le noyau familial que la collectivité pour soutenir le développement optimal des enfants.

Gabrielle Garon-Carrier

La définition de la chercheuse reconnait donc les différences fondamentales entre chaque enfant. Elle souligne aussi l’importance que les milieux de l’éducation et de l’enfance, qui tendent parfois à l’uniformité, accompagnent mieux chacun et chacune vers son plein épanouissement, malgré ces différences… ou peut-être même grâce à elles.

Attacher tous les fils

Pour atteindre son objectif, la Chaire de recherche du Canada sur la préparation à l’école, l’inclusion des populations vulnérables et l’adaptation sociale explorera 3 thèmes, soit les différents profils d’enfants dans leur préparation à l’école, les services reçus et les freins à l’inclusion :

  1. Comment les enfants avec divers profils de préparation scolaire s’adaptent à leurs premières expériences sociales et scolaires? Quels facteurs contribuent à transformer une difficulté ponctuelle en problème récurrent?
  2. Quels sont, à long terme, les effets des services reçus par les enfants vulnérables? Comment améliorer ces services pour mieux soutenir ceux et celles qui les reçoivent?
  3. Comment les obstacles auxquels les enfants vulnérables se heurtent à l’école, comme l’exclusion ou la stigmatisation, se traduisent-il sur le plan du rendement, des comportements et du bien-être des enfants? Comment surmonter ces obstacles de manière adéquate?

Les travaux de la chaire reposent sur une étroite collaboration avec les acteurs des milieux de l’éducation et de l’enfance, dont les services de garde, les écoles et plusieurs organismes œuvrant, par exemple, pour la persévérance scolaire. En multipliant les angles d’approche et les liens avec le milieu, Gabrielle Garon-Carrier espère adoucir et enrichir l’expérience scolaire de milliers d’enfants au Québec.

Pour eux, mais surtout pour nous.

À propos du 88Congrès de l'Acfas
Le colloque La préparation à l’école : une perspective multidimensionnelle, interdisciplinaire et développementale de l’adaptation sociale et scolaire, pour lequel la professeure Gabrielle Garron-Carrier est coresponsable, sera présenté dans le cadre du prochain congrès annuel de l’Acfas, plus grand rassemblement multidisciplinaire du savoir et de la recherche de la francophonie, qui se tiendra du 3 au 7 mai 2021.