Partenariat entre l’Université de Sherbrooke et la FADOQ

Un outil d’accompagnement de transition domiciliaire par et pour les personnes aînées

Quitter son foyer après y avoir vécu durant plusieurs années et choisir un nouveau milieu de vie n’est jamais simple. Paperasse légale, incertitude et anxiété, planification financière : plusieurs facteurs rendent cette étape parfois laborieuse pour les personnes aînées, mais également pour leurs proches.

Une équipe de recherche de l’Université de Sherbrooke, en partenariat avec la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ) - Région Estrie, travaille présentement au développement d'un outil d’aide à la décision sur les trajectoires domiciliaires. Le projet est financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Il a vu le jour grâce à un maillage créé par le Groupe de partenariats d’affaires entre la FADOQ et une équipe de recherche de l’UdeS.

Nathalie Delli-Colli, professeure en travail social et chercheuse principale du projet d'outil d’accompagnement de transition domiciliaire par et pour les personnes aînées.
Nathalie Delli-Colli, professeure en travail social et chercheuse principale du projet d'outil d’accompagnement de transition domiciliaire par et pour les personnes aînées.
Photo : UdeS - Michel Caron

La question de l’habitation fait partie des dossiers où la FADOQ - Région Estrie est souvent interpellée et s’implique activement. Elle reçoit des centaines d’appels annuellement de la part des citoyens qui se questionnent et souhaitent obtenir de l’information et des conseils pertinents afin de prendre une décision éclairée quant au type d’habitation collective requis à leur situation actuelle ou future.

Nathalie Delli-Colli, professeure en travail social et chercheuse principale du projet


L’étude se divise en 4 étapes
1. Recenser les informations pratiques, légales, financières, biopsychosociales et environnementales liées à la transition dans la trajectoire domiciliaire;
2. Solliciter les savoirs expérientiels des personnes aînées, des proches et du personnel des différents types d’habitation sur les enjeux de transition dans la trajectoire domiciliaire;
3. Élaborer un outil d’accompagnement pour soutenir la prise de décision éclairée de la personne aînée et de ses proches lors d’une transition dans la trajectoire domiciliaire;
4. Tester l’outil avec un groupe de personnes aînées et de proches qui planifient ou qui ont vécu une expérience de transition domiciliaire.

Les deux premières étapes sont présentement complétées. L’équipe de recherche se penchera sur la prochaine étape dès cet automne, c’est-à-dire l’élaboration de l’outil qu’elle espère pouvoir tester d’ici mars. À la demande des personnes aînées ayant participé au second volet du projet, cet outil d’accompagnement de la trajectoire domiciliaire sera interactif et se retrouvera sur le Web.

Les personnes aînées du comité de pilotage et celles qui ont participé à nos ateliers de l’étape B sont très engagées dans le projet. Nous pouvons également compter sur l’appui de la FADOQ qui nous fournit, par exemple, ses locaux gratuitement. Elle nous a également assuré une place à son kiosque au salon de la FADOQ en 2019, où nous avons rencontré environ 500 personnes aînées qui ont finalement participé à la recherche en répondant à certaines questions.

Une approche en cocréation

Le projet repose sur l’innovation ouverte, telle que promue dans les laboratoires vivants (LV). Selon la professeure Delli Colli, cette approche est reconnue comme particulièrement favorable lorsqu’il est question de considérer les besoins de populations spécifiques, dans ce cas-ci, les personnes aînées. Ainsi, trois personnes aînées siègent au comité de pilotage et elles sont partie intégrante du processus décisionnel pour tout ce qui touche au déroulement de l’étude.

Chaque fois, les remarques des personnes aînées du comité sont prises en considération, car elles ne se trompent pas souvent! Parfois, l’idée de l'équipe de recherche est trop compliquée, et elles nous ramènent à des éléments plus simples. Leur aide est aussi précieuse pour recruter les personnes aînées à toutes les étapes. En somme, on dit que c’est un projet par et pour les personnes aînées.

Le professeur en communication Dany Baillargeon est co-chercheur dans ce projet.

Le professeur en communication Dany Baillargeon est co-chercheur dans ce projet.


Photo : UdeS- Michel Caron

Un projet bénéfique sur le plan pédagogique

Ce projet profite également d’un autre type de partenariat. Depuis le début du projet, plusieurs étudiantes et étudiants ont pu mettre la main à la pâte. Entre autres, trois étudiants en communication travaillent sur le projet sous la supervision du professeur en communication Dany Baillargeon.

« En tant que cochercheur, il maîtrise très bien la méthodologie du laboratoire vivant, et son expertise en communication et en animation est mise à contribution, mentionne Nathalie Delli Colli. Il participe au comité de pilotage en animant certains ateliers et supervise les étudiants en communication. »

La mise en place du projet a également permis à une étudiante en gérontologie de faire du projet son sujet de maîtrise. Compte tenu des développements futurs, il y aurait même de la place pour d’autres étudiants qui souhaiteraient participer au projet.

L’impact de la pandémie

L’implantation de l’outil est prévue au printemps. L’équipe sera ensuite en mesure d’évaluer s’il est utile pour les personnes aînées dans leur réflexion et leur décision et d’identifier ce qui peut être amélioré. La professeure Delli Colli prévoit déjà ajouter une section afin d’aborder l’impact de la pandémie sur la réflexion et le choix d’habitation des personnes aînées.