L’Université de Sherbrooke reçoit un appui majeur pour l’acquisition d’équipements de pointe en recherche

Photo : UdeS

Trois projets de recherche d'envergure portant sur l’intelligence artificielle, les propriétés des matériaux polymères et les répercussions des changements climatiques en Arctique reçoivent un appui de plus de 28 M$, une fierté pour l'Université de Sherbrooke.

Cette somme permettra l’acquisition d’équipements hautement spécialisés nécessaires à l’avancement des travaux des trois chercheurs à la tête de ces projets à l'UdeS. En plus de ces trois subventions exceptionnelles, l’UdeS participe à six autres projets dans des domaines variés, auxquels collaboreront plusieurs institutions canadiennes et québécoises.

Le financement provient du Fonds d’innovation de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), qui aide les universités à attirer et à maintenir en poste les meilleurs chercheurs et chercheuses au monde en leur procurant les outils requis pour demeurer à l’avant-garde de la production de connaissances. Le ministère de l'Enseignement supérieur du Québec ainsi que différents partenaires publics et privés ont également contribué au financement.

« Ce financement remarquable permettra à l’Université de Sherbrooke de continuer à développer des projets prometteurs en recherche, de calibre mondial. Nous pouvons être fiers des avancées remarquables de notre communauté de recherche, qui collabore avec de nombreuses universités québécoises et canadiennes, afin de répondre aux enjeux actuels de la société », affirme le professeur Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures.

Trois projets d'envergure signés UdeS

Réseau d’intelligence numérique distribuée : développement de microsystèmes disruptifs et à faible coût pour le traitement des données en périphérie

Professeur Réjean Fontaine, Faculté de génie
Professeur Réjean Fontaine, Faculté de génie

Photo : Martin Blache - UdeS

Projet dirigé par le professeur Réjean Fontaine, du Département de génie électrique et de génie informatique à la Faculté de génie

Que la pinte de lait dans le frigo puisse nous signaler qu’une visite à l’épicerie s’impose pour le café du lendemain, ce n’est peut-être plus une lointaine fiction. L’Internet des objets et l’intelligence artificielle transformeront notre quotidien. Or ces technologies comptent sur le transfert d’une quantité astronomique de données à travers le réseau Internet et l’infonuagique. « Ce que nous voulons faire, c’est distribuer l’intelligence artificielle dans les petits objets, pour réduire l’énorme empreinte écologique générée par la transmission de ces données à travers le cloud », explique le professeur Fontaine.

L’équipe de recherche concevra des microsystèmes capables de traiter les données localement et les mettra en réseau. Par exemple, le déverrouillage du cellulaire à l’aide de la reconnaissance faciale se ferait directement dans l’appareil et minimiserait ainsi l’échange d’information dans le réseau externe.

Grâce au fonds de la FCI, l’UdeS fera l’acquisition d’équipements pour fabriquer et mettre des centaines, voire des milliers de capteurs en réseau. « En plus, nous examinerons le cycle de vie du produit et l’ensemble de la chaîne d’innovation intégrée afin d’en réduire l’empreinte écologique », ajoute-t-il.

L’UdeS travaillera avec trois universités spécialisées en intelligence artificielle, soit l’Université Concordia, l’Université McGill et l’Université du Québec à Trois-Rivières, ainsi qu’avec l’École de technologie supérieure.

Observatoire multidisciplinaire pour le suivi du changement climatique et des événements extrêmes en Arctique (OMCCA)

Professeur Alexandre Langlois, Faculté des lettres et sciences humaines
Professeur Alexandre Langlois, Faculté des lettres et sciences humaines

Photo : Michel Caron - UdeS

Projet dirigé par le professeur Alexandre Langlois, du Département de géomatique appliquée à la Faculté des lettres et sciences humaines, et la professeure Kimberley Strong, de l’Université de Toronto

Comment l’Arctique réagit-il aux changements climatiques? Pourquoi? Répondre à ces questions signifie mieux s’adapter à la crise ou en modérer les effets. « Ce qui se passe là-bas viendra ici dans 50 ou 60 ans. Et, avant, cela aura des répercussions sur la situation mondiale », explique le professeur Langlois, en donnant l’exemple de la neige, « la crème solaire de l’Arctique », qui l’intéresse particulièrement.

Avec l’équipement acheté grâce au financement FCI, des équipes de l’Université de Sherbrooke, de l’Université de Montréal, de l’Université de Toronto et de la Western University of Ontario créeront des installations inédites dans le Nord canadien, à la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique, gérée par Savoir Polaire Canada, un « partenaire à part entière ». Les équipes surveilleront aussi bien l’atmosphère que les populations animales. Et, surtout, elles tenteront d’identifier les liens entre tous les facteurs étudiés.

« Avec l’OMCCA, le Canada peut devenir une référence dans la recherche en Arctique. L’OMCCA offrira un site de formation pour les chercheuses et chercheurs, mais aussi les communautés nordiques. Elles seraient alors en mesure de récolter des données normalement difficiles d’accès et de les transmettre à la communauté scientifique internationale. S’il devient pérenne, notre projet permet des recherches jusque-là impossibles. »

PYRIDINE : interface de recherche sur la structure et les propriétés des matériaux polymères

Professeur Jérôme Claverie, Faculté des sciences
Professeur Jérôme Claverie, Faculté des sciences

Photo : Michel Caron - UdeS

Projet multidisciplinaire dirigé par le professeur Jérôme Claverie, du Département de chimie à la Faculté des sciences, et neuf autres personnes chercheuses de trois facultés de l’UdeS

Les polymères ont révolutionné la science et la technologie des matériaux grâce à leur facilité de transformation, leur légèreté et leur faible coût. Sans polymères, tout ordinateur personnel aurait la taille de la tour CN, et les vêtements d’extérieur, adaptés aux conditions météorologiques canadiennes, seraient faits de fourrure de castor. Or, aucun outil n’existe pour sélectionner un polymère en fonction d’un ensemble donné de propriétés.

Ainsi, le but de PYRIDINE est de fournir le premier outil de recherche sur les polymères avec des capacités prédictives afin de développer de nouveaux polymères et matériaux verts. Ce projet consiste à construire une banque de données, l’organiser et la rendre consultable. La base de données sera créée à partir de données existantes et de nos propres données. Elles fourniront des informations structurelles sur les polymères à un niveau de détail actuellement inégalé.

La base de données sera codée à l’aide d’algorithmes d’intelligence artificielle, afin de pouvoir prédire les propriétés d’un polymère connaissant sa structure, et inversement prédire la structure du polymère, qui possède un ensemble de propriétés données. Grâce à cette interface de recherche, les entreprises québécoises seront en mesure de sélectionner le « bon » polymère correspondant à leur cahier des charges, permettant une amélioration considérable et un gain de temps dans le design de leur produit.

Six collaborations pour quatre facultés

Parallèlement à ces trois subventions principales, l’UdeS mettra son expertise à contribution dans le cadre de six projets interuniversitaires auxquels collaboreront plusieurs institutions canadiennes et québécoises. Ces projets touchent cinq des six thèmes fédérateurs de l’UdeS, soit Changements climatiques et environnement, Ère numérique, Matériaux et procédés innovants, Santé et Vieillissement de la population.

Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement : une plateforme de recherche interdisciplinaire
Professeur Benoit Cossette, Faculté de médecine et des sciences de la santé
Partenaires de recherche : universités de McMaster, McGill, de Dalhousie, d’Ottawa, du Manitoba, de Calgary, de la Colombie-Britannique, Simon Fraser, de Victoria et Memorial

SecureData4Health : une infrastructure infonuagique sécurisée pour l’analyse et le partage des données génomiques et de santé
Professeur Pierre-Étienne Jacques, Département de biologie, Faculté des sciences
Professeurs Luigi Bouchard et Jean-François Ethier, Faculté de médecine et des sciences de la santé
Partenaires de recherche : Universités McGill, de Montréal et Laval; CHU Sainte-Justine; instituts ontariens Sinai Health System et Hospital for Sick Child

Système d’essais multidirectionnels à très grande échelle pour améliorer la résilience des infrastructures canadiennes
Professeur Patrick Paultre, Département de génie civil et bâtiment, Faculté de génie
Partenaires de recherche : universités de Toronto et de la Colombie-Britannique

Tomographie atomique des matériaux d’ingénierie et des biomatériaux
Professeure Eva Dupont-Ferrier, professeurs Michel Pioro-Ladrière et Denis Morris, Faculté des sciences
Professeurs Nadi Braidy et Paul Charette, Faculté de génie
Partenaires de recherche : Universités de Montréal et McGill, Polytechnique Montréal et École de technologie supérieure

Réseau intelligent de chaînes de création de valeur cyberphysiques (CĒOS Net)
Professeur Luis Antonio De Santa-Eulalia et professeure Élaine Mosconi, École de gestion
Partenaires de recherche : École de technologie supérieure, universités Concordia et Laval, UQAM, École Polytechnique de Montréal ; cégeps John Abbott College et de Sherbrooke

nEXO : à la recherche de la désintégration double-beta sans neutrinos du Xe-136
Professeurs Serge Charlebois, Jean-François Pratte et Réjean Fontaine, Faculté de génie
Partenaires de recherche : universités de Carleton, Laurentienne, McGill et de la Colombie-Britannique