AquaHacking Challenge 2020

Entrepreneuriat et innovation, Ozero se démarque!

Ozéro, équipe de futurs ingénieurs en génie mécanique, Université de Sherbrooke
Ozéro, équipe de futurs ingénieurs en génie mécanique, Université de Sherbrooke
Photo : UdeS

La plante zombie, les moules zébrées et le cladocère épineux, un petit crustacé, font des ravages dans les lacs du Québec et causent un grand nombre de soucis aux riverains et aux autorités municipales. Une équipe formée de futurs ingénieurs en génie mécanique de l’Université de Sherbrooke, Ozero, a conçu et fabriqué une machine qui permettra de laver les embarcations, y compris la tuyauterie interne, avant leur mise à l’eau afin de prévenir la prolifération de ces espèces exotiques envahissantes dans les lacs.

Le grand potentiel entrepreneurial du projet et le traitement d’un réel besoin à l’échelle canadienne ont séduit le jury du AquaHacking Challenge 2020 qui leur octroie le grand prix d’une valeur de 20 000 $. L’équipe bénéficiera également pendant un an de services dispensés dans un incubateur d’entreprises à Sherbrooke pour des conseils en finance et au niveau technologique, entre autres, pour le démarrage de leur entreprise.

« Notre prototype se démarque des autres en vente sur le marché en raison de la possibilité de laver efficacement la tuyauterie interne (ballast). L’opération de vidange ou de déballastage peut dès lors se faire sans causer de problèmes écologiques », explique fièrement Maxime Guay, un étudiant en génie mécanique qui a choisi le volet entrepreneurial pour faire son baccalauréat à l’UdeS.

Prévenir plutôt que contrôler

Pour Ozero, tout a commencé le jour où un riverain du lac Trois-Lacs près d’Asbestos a rencontré des étudiants de la Faculté de génie pour leur exposer la problématique des espèces exotiques envahissantes dans son lac. « Il désirait une machine pour contrôler, voire éradiquer l’envahissement du myriophylle en épi, communément appelée la plante zombie », résume Matys Tessier, étudiant en génie mécanique. En faisant le tour de la question, les étudiants en sont venus à la conclusion qu’il valait mieux prévenir en amont la présence de ces espèces exotiques dans les lacs et non pas tenter de les contrôler.

À cet égard, il est presque impossible d’éradiquer une espèce comme le cladocère épineux qui altère la qualité des plans d'eau et nuit à l'habitat des poissons. Il donne du fil à retordre aux pêcheurs, car il s'agglutine aux lignes de cannes à pêche et s'accumule dans les sillons de la canne. Un pêcheur est obligé de nettoyer sa ligne environ toutes les 15 ou 20 minutes lorsqu’ils ont envahi un bassin d’eau. À l’instar de son congénère, le myriophylle à épi se nourrit de zooplanctons, l'alimentation principale des poissons. De plus, il forme de vastes tapis de végétation qui perturbent la navigation de plaisance, ce qui fait diminuer la valeur des propriétés jusqu’à 15 % dans certaines municipalités.

Autre espèce envahissante, la moule zébrée filtre l’eau pour en retirer toute source de nourriture comme le plancton, favorisant ainsi la prolifération d’algues nuisibles qui affectent les poissons et la faune. De plus, elle cause des dommages aux moteurs de navires, aux centrales électriques et aux prises d’eau d’installation publiques en salissant les infrastructures et en bloquant le débit d’eau.

Devant autant de problématiques engendrées par ces espèces exotiques envahissantes, il va sans dire que les municipalités qui désirent protéger leurs lacs désireront acquérir une telle machine pour prévenir l’envahissement de ces zombies marins lors de la mise à l’eau des embarcations. Dans deux semaines, elle sera testée au lac Mégantic, dans une descente à bateaux, en partenariat avec la municipalité de lac Mégantic.

Un stage inspirant avec Hoola One

Lors d’un stage coopératif chez Hoola One, une entreprise essaimée de l’UdeS qui fabrique des machines pour aspirer les microparticules de plastique sur les plages, Maxime Guay a appris tous les rudiments pour lancer et gérer une entreprise essaimée. « Hoola One a grandement inspiré notre équipe de la manière qu’ils ont lancé leur entreprise, une fois leurs études de baccalauréat complétées. Ils ont osé et ils ont réussi », raconte l’étudiant en génie mécanique et membre de Ozero. Hoola One et Ozero sont deux projets de fin de baccalauréat majeur en conception (génie mécanique) où l’esprit entrepreneurial ainsi que les aspects environnementaux et sociétaux prévalent.

La Colombie-Britannique, province hôtesse du AquaHacking Challenge, fait partie des clients potentiels pour Ozero, puisque nos espèces exotiques n’ont pas encore envahi les villages lacustres de l’Ouest canadien. Elles se déplacent de l’est vers l’ouest. Ces futurs ingénieurs n’attendent plus que de sortir du cadre scolaire pour lancer leur entreprise qui fabriquera en Estrie ces machines.

Le prototype fonctionnel du projet Ozero sera présenté au public lors de la prochaine Exposition MégaGÉNIALE en décembre 2020 si les conditions sanitaires le permettent. Nous vous y attendrons en grand nombre en respectant les mesures de distanciation.