Financement de 4,3 M$ pour l’avancement des recherches à l’Université de Sherbrooke

Des chaires de recherche du Canada majoritairement dirigées par des professeures

Photo : Michel Caron - UdeS

Quatre professeures et un professeur de l’UdeS se sont vu accorder 4,3 M$ pour la création et le renouvellement de chaires de recherche du Canada qui auront de réels impacts sur la société dans les domaines des sciences de la santé et de l’environnement. Avec ce financement, les chercheurs chevronnés Nathalie Rivard et André C. Carpentier reçoivent tous deux 1,4 M$ sur sept ans, respectivement pour le renouvellement et la création d’une nouvelle chaire. Les nouvelles professeures Véronique Giroux, Debra Hausladen et Isabelle Laforest-Lapointe reçoivent chacune pour leur part 500 000 $ sur cinq ans pour le déploiement de nouvelles chaires de recherche.

Renouvelables après sept ans, les chaires de niveau 1 représentent une somme de 1,4 M$ et sont détenues par des chercheurs d’exception reconnus par leurs pairs comme chefs de file mondiaux dans leur domaine. Les chaires de niveau 2, qui totalisent un financement de 500 000 $ sur cinq ans, sont dirigées par de nouveaux chercheurs exceptionnels, qui sont reconnus par leurs pairs comme pouvant potentiellement devenir des sommités dans leur champ de recherche.

Le professeur Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures, se réjouit que la majorité de ces importantes chaires de recherche soient détenues par des professeures :

C’est l’objectif de notre plan d’action d’équité en recherche. Nous voulons favoriser un meilleur accès, notamment pour les femmes, à la titularisation des chaires de recherche du Canada. C’est essentiel que notre communauté de recherche soit le reflet de notre société. Nous avons revu nos mécanismes de recrutement et d’attribution en souhaitant stimuler les meilleures candidatures, de tous horizons, et nous voyons que cela porte fruit.

Mieux dépister et traiter les maladies intestinales inflammatoires

La Pre Nathalie Rivard, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en signalisation du cancer colorectal et de l'inflammation intestinale.
La Pre Nathalie Rivard, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en signalisation du cancer colorectal et de l'inflammation intestinale.
Photo : UdeS

Renouvellement de la Chaire de recherche du Canada en signalisation du cancer colorectal et de l’inflammation intestinale (professeure Nathalie Rivard, Département d'anatomie et de biologie cellulaire, Faculté de médecine et des sciences de la santé)

Le Canada affiche l’un des taux les plus élevés de maladies inflammatoires de l’intestin au monde. Un Canadien sur 150 vit avec la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse. D’ici 2030, le nombre de Canadiens vivant avec une maladie inflammatoire intestinale devrait passer à 400 000, soit environ 1 % de la population du pays.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en signalisation du cancer colorectal et de l’inflammation intestinale, la professeure Nathalie Rivard, également chercheuse au Centre de recherche du CHUS, analyse les voies de signalisation qui contrôlent la prolifération, la différenciation, la formation des tumeurs et la réponse inflammatoire des cellules de l’épithélium intestinal. Les recherches qu’elle poursuivra dans le cadre du renouvellement de sa chaire pourraient mener à un meilleur dépistage et à de nouvelles stratégies pour traiter le cancer colorectal et les maladies intestinales inflammatoires, y compris de nouveaux médicaments.

Un nouveau regard sur le diabète de type 2

Nouvelle Chaire de recherche du Canada en imagerie moléculaire du diabète (professeur André C. Carpentier, Département de médecine, Faculté de médecine et des sciences de la santé)

Le Pr André C. Carpentier, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en imagerie moléculaire du diabète.
Le Pr André C. Carpentier, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en imagerie moléculaire du diabète.
Photo : UdeS

Maladie complexe, le diabète de type 2 est à l’origine d’un décès sur cinq chez les femmes et d’un sur six chez les hommes d’âge moyen. Si son traitement cible essentiellement le contrôle du sucre dans le sang, des désordres du métabolisme des acides gras impliquant le cœur ainsi que les tissus adipeux blancs et bruns, lesquels surviennent plusieurs années avant le diagnostic de la maladie, pourraient jouer un rôle crucial dans son développement et les complications qui en découlent.

Au cours des deux dernières décennies, le professeur André C. Carpentier, qui est également chercheur au Centre de recherche du CHUS, a développé dans son laboratoire une série de méthodes d’imagerie moléculaire permettant d’étudier ces anomalies métaboliques chez les sujets à risque de développer le diabète de type 2. La création de la nouvelle Chaire de recherche du Canada en imagerie moléculaire du diabète permettra la mise au point de nouveaux outils diagnostiques et thérapeutiques qui pourront jeter un regard neuf sur l’évolution précoce vers le diabète et ses complications.

Cibler les cellules souches pour combattre les maladies digestives

La Pre Véronique Giroux, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la biologie des cellules souches du tractus gastro-intestinal.
La Pre Véronique Giroux, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la biologie des cellules souches du tractus gastro-intestinal.
Photo : UdeS

Nouvelle Chaire de recherche du Canada sur la biologie des cellules souches du tractus gastro-intestinal (professeure Véronique Giroux, Département d'anatomie et de biologie cellulaire, Faculté de médecine et des sciences de la santé)

Capables de se renouveler, les cellules souches permettent la régénération d’un tissu à la suite de dommages tels que l’inflammation, l’infection et de fortes doses de radiation. Toutefois, elles ne présentent pas que des bénéfices pour l’organisme; elles peuvent également contribuer à plusieurs facettes du développement du cancer.

Les travaux de la professeure Véronique Giroux, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la biologie des cellules souches gastro-intestinales et chercheuse au Centre de recherche du CHUS, ont identifié de nouvelles populations de cellules souches dans le tube digestif, plus précisément dans l’œsophage et l’intestin, lesquelles présenteraient une importance dans la régénération tissulaire et l’initiation tumorale. La création de la nouvelle chaire visera à mieux comprendre les voies de signalisation régulant le caractère unique de ces cellules, en plus de chercher à développer de nouvelles approches thérapeutiques ciblant les cellules souches pour améliorer la régénération tissulaire, optimiser les traitements anticancéreux, ou en développer de nouveaux.

Déterminer le rôle des sols dans la séquestration des métaux et du carbone

La Pre Debra Hausladen, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biogéochimie de l'environnement et des sols.
La Pre Debra Hausladen, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biogéochimie de l'environnement et des sols.
Photo : Fournie

Nouvelle Chaire de recherche du Canada en biogéochimie de l’environnement et des sols (professeure Debra Hausladen, Département de génie civil et de génie du bâtiment, Faculté de génie)

Les sols agissent comme filtre naturel protégeant d'importantes ressources d’eau souterraine contre les contaminants. Ils constituent également le plus grand réservoir de carbone dynamique de la biosphère, contribuant ainsi davantage aux émissions annuelles de CO2 que les combustibles fossiles. Malgré leurs importances, les mécanismes de séquestration du carbone et des métaux contaminants dans les sols sont encore mal compris.

Ces mécanismes biogéochimiques couplés font l’objet des travaux de la professeure Debra Hausladen. Pour bien comprendre ces mécanismes, la professeure Hausladen étudie les interactions entre les microorganismes, les minéraux et la matière organique dans les sols. La création de la Chaire de recherche du Canada en biogéochimie de l’environnement et des sols permettra ainsi d’établir le rôle de ces mécanismes biogéochimiques dans le transport des contaminants et d’élaborer des méthodes pour prédire et prévenir les risques pour la santé humaine.

Des microbes au service des plantes et des arbres

La Pre Isabelle Laforest-Lapointe, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écologie microbienne appliquée.
La Pre Isabelle Laforest-Lapointe, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écologie microbienne appliquée.
Photo : Fournie

Nouvelle Chaire de recherche du Canada en écologie microbienne appliquée (professeure Isabelle Laforest-Lapointe, Département de biologie, Faculté des sciences)

Alors que de récentes avancées dans le domaine du microbiome ont indiqué que les microbes influencent la santé humaine, il s’avère qu’ils pourraient également jouer un rôle pour les plantes, plus particulièrement sur certaines fonctions critiques, telles que la productivité et la résistance aux pathogènes.

Si la grande majorité des études se sont intéressées aux microorganismes qui colonisent les racines, les travaux de la professeure Isabelle Laforest-Lapointe ont démontré que les microbes qui colonisent les feuilles influencent la productivité et la santé des arbres. L’écologie microbienne, une synergie entre la microbiologie, l’écologie et la bio-informatique, est un domaine de recherche qui vise à approfondir la compréhension de la complexité des interactions hôte-microbes. La Chaire de recherche du Canada en écologie microbienne appliquée permettra donc de réaliser de nouvelles découvertes sur l’importance des microbes foliaires pour les arbres et mènera au développement d’applications technologiques dans les domaines de la sylviculture et l’agriculture.