Chaire des IRSC au Campus de Longueuil

Une première chaire de recherche canadienne sur le genre et les dépendances

L'Université de Sherbrooke à Longueuil accueille la première chaire au Canada sur le genre et les dépendances.
L'Université de Sherbrooke à Longueuil accueille la première chaire au Canada sur le genre et les dépendances.
Photo : Michel Caron - UdeS

L’Université de Sherbrooke à Longueuil accueille une chaire de recherche unique au Canada, qui étudiera l'influence du sexe et du genre sur les dépendances aux substances psychoactives. Les travaux seront menés par la professeure-chercheuse Karine Bertrand, du Département des sciences de la santé communautaire, de la Faculté de médecine et des sciences de la santé.

La consommation de psychotropes et les conduites à risque associées représentent un enjeu de société majeur, en particulier en ces temps de crise. Certaines populations sont particulièrement vulnérables, comme le rappelle la titulaire de la Chaire :

« Au Québec comme ailleurs, nous ne pouvons plus ignorer la faible visibilité des femmes et des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre (personnes LBTQI2S+) vivant en situation de précarité sociale, dans les services en dépendance. Ces populations font face à de multiples obstacles qui peuvent entraver leur accès à des soins de santé et aux services sociaux, et notamment aux services en dépendance, étant donné que ceux-ci sont souvent peu adaptés à leur vécu et à leurs besoins. »

Dans ce contexte, la Chaire de recherche sur le genre et l'intervention en dépendance, financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), revêt une pertinence des plus importantes, tant sur le plan social que sur celui de la santé.

Sexe, genre et dépendances : des réalités différentes

La professeure-chercheuse Karine Bertrand dirigera les travaux de la nouvelle Chaire de recherche sur le genre et l'intervention en dépendance.
La professeure-chercheuse Karine Bertrand dirigera les travaux de la nouvelle Chaire de recherche sur le genre et l'intervention en dépendance.
Photo : UdeS

L'influence du sexe et du genre sur les dépendances est encore peu documentée. Avec cette chaire, la professeure-chercheuse Karine Bertrand espère améliorer les interventions en dépendance, par une meilleure compréhension de l’influence du genre et de la diversité sexuelle sur les trajectoires d’usage de substances psychoactives, et l’accès aux soins.

Cette nouvelle chaire permettra de combler des lacunes importantes dans nos connaissances, afin de transformer les services et les interventions en dépendance, pour réduire les iniquités par une meilleure adaptation des pratiques aux facteurs reliés au sexe et au genre qui, jusqu’à maintenant, n’ont été que trop peu pris en compte.

Pre Karine Bertrand, titulaire de la Chaire

Lié à l’un des thèmes fédérateurs en recherche de l’Université de Sherbrooke, soit Santé : promotion, prévention et approches de précision, le programme de recherche s'intéresse à la fois aux individus qui s'identifient comme hommes ou femmes (cisgenres ou transgenres) et autrement (par exemple comme non-binaires, queer, etc.), ainsi qu’aux personnes de toutes orientations sexuelles (hétérosexuelle, gaie, lesbienne, bisexuelle, pansexuelle, etc.).

Guider l’amélioration des pratiques au Québec

Certaines populations vulnérables font face à de multiples obstacles qui peuvent entraver leur accès à des soins de santé et aux services sociaux, et notamment aux services en dépendance.
Certaines populations vulnérables font face à de multiples obstacles qui peuvent entraver leur accès à des soins de santé et aux services sociaux, et notamment aux services en dépendance.
Photo : Michel Caron - UdeS

Ultimement, cette chaire vise à mobiliser des acteurs-clés à travers le Québec dans l’application des connaissances en matière de sexe et de genre aux interventions en dépendance. L’objectif est de réduire les iniquités dans l’accès aux services, de prévenir l’aggravation de la consommation de substances psychoactives et de favoriser le rétablissement auprès de tous les sous-groupes touchés par cette problématique.

La création de cette chaire est une suite logique aux nombreuses actions déployées à l’UdeS en matière d’équité, de diversité et d’inclusion en recherche. Nous voulons servir de modèle, faire en sorte que les bonnes pratiques sur lesquelles cette chaire lèvera le voile se rendront dans le milieu de la santé.

Pr Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures

Travailler avec les communautés du grand Montréal

Le fait que la chaire soit basée en région métropolitaine favorisera le maillage entre les différents acteurs du milieu.
Le fait que la chaire soit basée en région métropolitaine favorisera le maillage entre les différents acteurs du milieu.
Photo : Michel Caron - UdeS

Par l’entremise de divers projets de recherche antérieurs et actuels, la professeure Bertrand bénéficie de collaborations étroites avec des acteurs en santé publique de la Montérégie. Elle entretient également des liens importants avec une large gamme d’intervenantes et intervenants en dépendance à Montréal. Que cette chaire soit établie au Campus de Longueuil, à proximité de la région métropolitaine, constitue certes un atout.

Selon la professeure Bertrand, son implantation crée une occasion-clé pour rehausser le maillage entre les acteurs des deux territoires, notamment par le biais de nouvelles collaborations de recherche :

« Favoriser ce maillage d’acteurs communautaires et institutionnels à Longueuil et à Montréal est l’une des priorités de la chaire. C’est encore plus important dans le contexte actuel de pandémie et de crise socioéconomique, qui a mis en relief le besoin de collaborer afin de mieux joindre des personnes vivant diverses situations de précarité, qui se déplacent d’un territoire à l’autre, et qui sont souvent aux prises avec des problématiques associées de santé mentale et de dépendance. »

Des projets actuels et en cours de développement dans le cadre du programme de recherche visent ainsi à augmenter la compréhension de ces réalités et à se pencher sur l’amélioration des offres de services en itinérance et en dépendance, avec des partenaires provenant des deux côtés du fleuve.

À propos de la professeure-chercheuse Karine Bertrand
Docteure en psychologie, Karine Bertrand s’intéresse depuis de nombreuses années à la santé communautaire, à la santé mentale ainsi qu’à la toxicomanie, notamment chez les femmes, les jeunes, les minorités sexuelles et de genre et les personnes en situation de précarité sociale.

Depuis 2019, elle est également directrice scientifique de l’Institut universitaire sur les dépendances. Ses activités de recherche portent sur le thème Santé des populations et vieillissement : prévention, organisation, pratiques. Pour en savoir davantage sur son parcours, consultez sa page professionnelle.