Stages en sciences infirmières

Travailler en CHSLD et avoir une révélation

Marianne Bizier a tellement adoré son expérience en CHSLD qu'elle a décidé de s'orienter vers ces milieux pour amorcer sa carrière d'infirmière clinicienne.
Marianne Bizier a tellement adoré son expérience en CHSLD qu'elle a décidé de s'orienter vers ces milieux pour amorcer sa carrière d'infirmière clinicienne.
Photo : Fournie

Les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) n’ont pas vraiment la cote auprès des étudiantes et étudiants en sciences infirmières. Manque criant de ressources, accompagnement difficile de personnes en perte d’autonomie et tâches ingrates sont au nombre des perceptions qui font mauvaise presse à ces établissements. Ashley Roy et Marianne Bizier ont cependant une toute autre opinion aujourd’hui, elles qui ont respectivement effectué leur stage coopératif aux CHSLD d’East Angus et de Waterloo l’été dernier.

Ces futures infirmières cliniciennes partageaient effectivement la majorité des idées préconçues qui circulent depuis bon nombre d’années dans les corridors de l’École des sciences infirmières. Pour beaucoup, la maternité, l’oncologie ou encore les soins palliatifs représentent de bien meilleurs endroits lorsque vient le temps de choisir un milieu pour faire carrière.

«Les CHSLD n'étaient vraiment pas des endroits qui m’attiraient», lance très honnêtement Marianne Bizier, qui s’est rendue à reculons à Waterloo à la demande du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

«L’image qui est véhiculée de ces établissements-là est assez médiocre», renchérit Ashley Roy.

Comme leurs collègues, elles ignoraient probablement que le rôle de l’infirmière en hébergement a beaucoup évolué au cours des dernières années alors qu’on note maintenant des avancées significatives au niveau du développement de compétences spécifiques et du rehaussement de ses fonctions.

«L’infirmière en hébergement est désormais appelée à évaluer l’état souvent complexe du patient, à élaborer des plans d’intervention ainsi que des plans thérapeutiques infirmiers, à gérer une équipe de travail composée en grande partie de personnel d’assistance, coordonner les services ainsi qu’à accompagner les résidents et les familles aux prises avec des problématiques psychosociales difficiles», explique en effet la conseillère en développement professionnel Johanne Latortue, elle-même infirmière de formation.

Ashley Roy a décidé de son propre chef d'aller faire un stage coopératif en CHSLD afin de se sortir de sa zone de confort. Une expérience qu'elle a adoré!
Ashley Roy a décidé de son propre chef d'aller faire un stage coopératif en CHSLD afin de se sortir de sa zone de confort. Une expérience qu'elle a adoré!
Photo : Fournie

Relation d’aide très satisfaisante

Au-delà des différences entre leur perception des tâches à effectuer au quotidien et la réalité sur le terrain, Ashley Roy et Marianne Bizier ont découvert que des relations d’aide beaucoup plus profondes peuvent être établies avec les personnes vivant en CHSLD. Une véritable révélation pour les deux étudiantes en deuxième année du baccalauréat en sciences infirmières - formation initiale.

« On entre vraiment dans la vie des gens »

«On entre vraiment dans la vie des gens parce qu’on travaille littéralement chez eux, explique Ashley», qui a décidé de son propre chef de postuler pour un emploi au CHSLD d’East Angus afin de sortir de sa zone de confort, mais aussi pour se familiariser avec les soins de longue durée.

«On peut prendre le temps de prendre le temps, enchaîne-t-elle. On apprend à connaître les résidents, à connaître leur famille et leur vie. Ils sont contents de nous voir et nous aussi. On peut leur accorder du temps pour voir ce qui ne va pas. Est-ce que c’est la santé, l’isolement ou autre chose? On ne peut pas vraiment faire ça en milieu hospitalier.»

Marianne a littéralement eu la piqûre pour le travail en résidence, au point où elle envisage sérieusement de s’orienter vers ces milieux pour amorcer sa carrière.

«L’ambiance était vraiment fabuleuse dans mon CHSLD. C’est un endroit tout petit et on travaille toujours avec les mêmes résidents, raconte-t-elle. Ce sont des gens adorables et qui ne demandent que d’avoir un peu de notre attention. Leur dire bonjour le matin ou leur apporter un verre d’eau les rends tellement heureux.

«Oui, parfois, il manque de personnel et le travail peut être difficile, mais à la fin de la journée quand tu as donné le meilleur de toi-même et que tu as fait ce que tu avais à faire, les patients le reconnaissent. C’est très gratifiant», termine-t-elle.