Recherche en sciences humaines et sociales

Un solide coup de main aux problématiques sociales actuelles

La recherche en sciences humaines et sociales est variée et collée aux multiples enjeux qui bousculent notre société.
La recherche en sciences humaines et sociales est variée et collée aux multiples enjeux qui bousculent notre société.
Photo : Michel Caron UdeS

Des considérations éthiques de la littérature actuelle au choix du milieu de vie des aînés, en passant par la violence conjugale et le raisonnement spatial en classe de 6e année : il n’y aucun doute, la recherche en sciences humaines et sociales est variée et collée à de multiples enjeux qui bousculent notre société. Pas étonnant que le Conseil de la recherche en sciences humaines (CRSH) octroie 12 subventions aux chercheuses et chercheurs de diverses disciplines de l’Université de Sherbrooke. Un solide coup de main pour mieux comprendre notre monde.

Huit des onze projets soumis dans le cadre du programme Savoir du CRSH ont reçu une réponse positive, totalisant 1 096 277 $. Le programme Savoir vise à approfondir, élargir et accroître les connaissances collectives sur l’être humain et la société et à guider la recherche de solutions à des problèmes sociétaux. Quant aux financements demandés dans le cadre du programme Développement de partenariat, ils ont tous été acceptés! En tout, 794 962 $ vont permettre à quatre équipes de recherche de mettre à profit des partenariats pour faire progresser leurs travaux.

Pour le vice-recteur à la recherche et aux études supérieures, le professeur Jean-Pierre Perreault, ce succès auprès de l’organisme subventionnaire fédéral est une preuve tangible que la recherche en sciences humaines à l’UdeS est foisonnante et pertinente.

Dans notre monde en pleine mutation, ce coup de main à nos équipes de recherche est primordial pour permettre d’approfondir nos connaissances collectives sur l’être humain et la société, et trouver des solutions aux enjeux sociaux, culturels, économiques, technologiques et environnementaux qui nous préoccupent.

Professeur Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures

Le professeur Jean-Pascal Lemelin, vice-recteur adjoint à la recherche et aux études supérieures, se réjouit de la variété des disciplines et des thématiques ainsi que de la richesse des collaborations qui ont retenu l’attention des comités de sélection.

Les chercheuses et les chercheurs de l’UdeS en sciences humaines et sociales font preuve d’une grande créativité et de beaucoup d’ouverture pour que leurs travaux dépassent les limites de leurs disciplines et aient un ancrage solide dans le monde et les préoccupations d’aujourd’hui. Les projets retenus sont le reflet de plusieurs enjeux sociaux actuels et de la diversité des approches qu’ils impliquent.

Professeur Jean-Pascal Lemelin, vice-recteur adjoint à la recherche et aux études supérieures

Douze projets financés

Les financements obtenus sont d’une durée de trois à cinq ans, et les projets impliquent pour la plupart des étudiantes et des étudiants aux cycles supérieurs ainsi que des collaborations multidisciplinaires.

Établir ensemble le choix de milieu de vie : un outil cocréé par et pour les aînés

Professeure Nathalie Delli-Colli, École de travail social de la Faculté des lettres et sciences humaines.
Professeure Nathalie Delli-Colli, École de travail social de la Faculté des lettres et sciences humaines.
Photo : Michel Caron UdeS

La Pre Nathalie Delli-Colli, de l’École de travail social, est une spécialiste des services aux aînés. Avec son équipe multidisciplinaire et la FADOQ Région-Estrie, elle a développé un outil visant à soutenir les personnes aînées dans leur réflexion, leur besoin d’information et leur prise de décision quant à leur milieu de vie actuel et futur. En partenariat avec la FADOQ, l’APPUI national des proches aidants et la Fédération des centres d’aide et d’accompagnement aux plaintes, l'utilité et la pertinence de cet outil pourront être évaluées auprès de plusieurs aînés du Québec.

Nous utilisons une approche de laboratoire vivant.  Nous disons, entre nous, que le projet est PAR et POUR les aînés. Les aînés sont donc actifs tant dans la gouvernance du projet de recherche que dans son déroulement et sa réalisation.

Professeure Nathalie Delli-Colli

Traumatismes et délinquance : interinfluence et association à la récidive criminelle

Professeure Catherine Laurier, Département de psychoéducation, Faculté d'éducation.
Professeure Catherine Laurier, Département de psychoéducation, Faculté d'éducation.
Photo : Michel Caron UdeS

Avec son équipe, la Pre Catherine Laurier, professeure en psychoéducation, cherche à mieux comprendre, chez des jeunes contrevenants, les liens entre les traumas vécus dans l’enfance, les événements traumatiques liés au contexte délinquant et leurs répercussions sur la récidive criminelle. Son but : proposer des pistes pour diminuer les risques de récidives en étudiant comment les événements traumatiques, les symptômes post-traumatiques qui en découlent et les perceptions qu'ont les jeunes contrevenants de ces événements sont liés à la récidive criminelle.

La question de la santé mentale chez les jeunes contrevenants est de plus en plus explorée, mais pas encore suffisamment au Québec. On remarque qu’une très grande proportion de ces jeunes ont vécu un cumul d’expériences traumatiques depuis l’enfance. 

Professeure Catherine Laurier

Vivre chez soi bien entouré

Professeur Paul Morin, École de travail social, Faculté des lettres et sciences humaines.
Professeur Paul Morin, École de travail social, Faculté des lettres et sciences humaines.
Photo : Michel Caron UdeS

Le directeur de l’École de travail social, le Pr Paul Morin, s’intéresse à la question du logement comme vecteur de lien social. Avec son équipe, ils ont trouvé dans les Accorderies un modèle inspirant et un partenaire de recherche. Ensemble, ils accompagnent la création d’écosystèmes locaux coopératifs, durables et intersectoriels, contribuant au maintien à domicile des aînés. L’Accorderie est un concept solidaire qui vise à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Il repose sur un principe simple et original : proposer aux habitants d’une même localité de se regrouper pour échanger entre eux des services, sur la base de leurs savoir-faire et sans aucune contribution financière.

Ce qui me motive le plus dans ces travaux de recherche, c’est d’être proche des gens et d’essayer que l’avancement des connaissances puisse faire une différence dans la vie des personnes. 

Professeur Paul Morin

Les écrits de Paul Tillich pour considérer toutes les dimensions de la santé

Professeur Marc Dumas, Centre d'études du religieux contemporain.
Professeur Marc Dumas, Centre d'études du religieux contemporain.
Photo : UdeS

De 1944 à 1965, le théologien Paul Tillich insistait sur la relation entre la spiritualité et la santé, en explorant diverses dimensions et leurs relations (physique, psychique et spirituelle, sociale et historique) et en dialoguant avec des psychothérapeutes, des psychanalystes et des médecins. Avec son équipe internationale qui réunit cinq chercheurs spécialistes de Tillich, le PMarc Dumas analyse les écrits du théologien pour faire un pas de côté et considérer autrement le débat en suggérant qu’une personne en santé est une personne dont les différentes dimensions sont en harmonie.

En dépit des efforts considérables des facultés de médecine pour développer des approches thérapeutiques centrées sur la personne et intégrant les dimensions bio-psycho-sociales, voire spirituelles, la dimension biologique continue de dominer les formations et les pratiques médicales. Et si la dimension spirituelle pouvait unifier et harmoniser toutes ces dimensions? 

Professeur Marc Dumas

Portrait des hommes en demande d’aide pour violence conjugale

Professeure Audrey Brassard, Département de psychologie, Faculté des lettres et sciences humaines.
Professeure Audrey Brassard, Département de psychologie, Faculté des lettres et sciences humaines.
Photo : Martin Blache UdeS

La Pre Audrey Brassard, spécialiste du couple, cherche à expliquer la violence conjugale. Avec son équipe multidisciplinaire, elle collabore avec les organismes membres de l'association À cœur d’homme qui aident les hommes à diminuer leur utilisation de la violence. Son but : dresser un portrait représentatif des hommes qui recourent à ces services, des facteurs liés à leur utilisation de la violence et de leur évolution dans les services offerts.

Cette recherche a des retombées directes dans les milieux de pratique. Elle aide concrètement les intervenants à compléter l’appréciation des facteurs de risque de la violence afin d’en tenir compte dans leurs suivis auprès de leurs usagers. Comme nos questions de recherche se basent sur les besoins réels des intervenants sur le terrain, les résultats sont très utiles pour bonifier leur travail.

Professeure Audrey Brassard

Santé mentale des juristes : vers une pratique saine et durable du droit

Professeure Nathalie Cadieux, Département de management et de gestion des ressources humaines, École de gestion.
Professeure Nathalie Cadieux, Département de management et de gestion des ressources humaines, École de gestion.
Photo : Michel Caron UdeS

Les enjeux concernant le mieux-être sont si répandus dans les milieux juridiques qu’une mobilisation mondiale est en cours pour aider cette profession. Spécialiste en gestion des ressources humaines, la Pre Nathalie Cadieux travaille avec la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada pour tirer un portrait précis de cette pratique professionnelle, en tenant compte des réalités sociodémographiques de chaque province et territoire.

Dès ma maîtrise, je me suis intéressée à la réalité des professions réglementées, car elles sont exposées à des conditions particulières d’exercice, comme l’imputabilité, le secret professionnel, l’encadrement réglementaire de la pratique, la culture de performance, etc. En développant de nouvelles échelles de mesure spécifiques à cette réalité, il me sera possible de faire une différence significative dans la profession juridique, et ultimement, chez d’autres professionnels réglementés.

Professeure Nathalie Cadieux

Comment devient-on enseignant à l’université?

Professeure Marilou Bélisle, Département de pédagogie, Faculté d'éducation.
Professeure Marilou Bélisle, Département de pédagogie, Faculté d'éducation.
Photo : Michel Caron UdeS

Au Canada, la formation en pédagogie n’est pas une exigence pour enseigner dans la plupart des institutions d’enseignement supérieur. La Pre Marilou Bélisle, spécialiste en pédagogie, cherche à comprendre comment un individu apprend à enseigner à l’université, ce qui contribue à son développement et pourquoi. Dans un contexte où l’enseignement universitaire se transforme au gré des changements technologiques, sociaux, culturels, économiques et d’une pandémie, sa recherche arrive à point.

Mon intérêt est d’en arriver à identifier des principes et des modalités favorables à la professionnalisation des enseignants universitaires et, ultimement, que nos résultats permettent d'éclairer et d'enrichir les orientations des universités canadiennes, notamment en ce qui a trait à la valorisation et à la qualité de l'enseignement.

Professeure Marilou Bélisle

Retenir les novices en enseignement au préscolaire, au primaire et au secondaire

Professeure Joséphine Mukamurera, Département de pédagogie, Faculté d'éducation.
Professeure Joséphine Mukamurera, Département de pédagogie, Faculté d'éducation.
Photo : Michel Caron UdeS

La pénurie du personnel enseignant s’accentue, exacerbée par le décrochage professionnel et la crise sanitaire. Des mesures sont mises en place dans les milieux scolaires du préscolaire, du primaire et du secondaire afin de revaloriser la profession enseignante, d’atténuer les difficultés des enseignants novices et de favoriser leur rétention. La Pre Joséphine Mukamurera, spécialiste en insertion professionnelle, veut apporter un nouvel éclairage sur l'impact et la pertinence de ces mesures d'insertion professionnelle pour guider les décisions et les pratiques.

Ce qui me motive le plus, c’est de contribuer à l’amélioration des conditions d’insertion dans l’enseignement, favoriser le développement professionnel, la persévérance et le bien-être au travail chez les enseignants novices et, plus largement, de contribuer à la valorisation de la profession enseignante et à la rétention du personnel pour une école efficace.

Professeure Joséphine Mukamurera

Régions victimes de catastrophes sur la voie du rétablissement

Professeur Martino Pelli, Département d'économique, École de gestion.
Professeur Martino Pelli, Département d'économique, École de gestion.
Photo : Fournie

Les catastrophes naturelles ont des conséquences désastreuses. Elles détruisent des infrastructures, des bâtiments et des équipements, et les dommages coûtent très cher. Or pour atténuer ces impacts, une reprise rapide est essentielle, mais les régions touchées ne se relèvent pas toutes à la même vitesse. Le Pr Martino Pelli, spécialiste en économie, étudie depuis déjà 12 ans les différentes composantes de la récupération après les ouragans et les cyclones. Avec ses collaborateurs internationaux, il veut contribuer à la création de politiques économiques visant à réduire la pauvreté et la souffrance de certaines populations.

Il est essentiel d'identifier les principaux facteurs qui influencent le relèvement des régions touchées par des catastrophes naturelles. Sans cette connaissance, les décideurs politiques sont mal préparés à relever les défis posés par la fréquence et la gravité croissantes des catastrophes naturelles dues au réchauffement climatique.

Professeur Martino Pelli

Pour des travailleurs et des travailleuses en meilleure santé psychologique

Professeure France St-Hilaire, Département de management et de gestion des ressources humaines, École de gestion.
Professeure France St-Hilaire, Département de management et de gestion des ressources humaines, École de gestion.
Photo : Fournie

Quels comportements de gestionnaires et d'employés favorisent la santé psychologique au travail? Avec son équipe, la Pre France St-Hilaire, spécialiste en santé organisationnelle, veut sonder le terrain au Canada et ailleurs, pour connaître les pratiques les plus porteuses et concevoir des programmes de formation visant à réduire le stress des travailleurs et travailleuses et favoriser leur bien-être psychologique.

Et si les travailleurs terminaient leur carrière avec une meilleure santé psychologique que lorsqu’ils l’ont entreprise? La recherche et l’enseignement universitaires sont la voie que j’ai choisie pour poursuivre ce rêve. Pour répondre à ce défi scientifique, organisationnel et social complexe, je crois fermement en la collaboration multidisciplinaire

Professeure France St-Hilaire

Mathématiques et astronomie pour développer le raisonnement spatial en classe de 6année

Professeure Patricia Marchand, Département d'études sur l'adaptation scolaire et sociale, Faculté d'éducation.
Professeure Patricia Marchand, Département d'études sur l'adaptation scolaire et sociale, Faculté d'éducation.
Photo : Michel Caron UdeS

Le raisonnement spatial est un incontournable pour la conceptualisation des notions mathématiques, mais aussi celles d'autres disciplines comme les sciences, dont l'astronomie. Avec son équipe, la Pre Patricia Marchand, spécialiste de la didactique, cherche à développer et à expérimenter une banque d’activités interdisciplinaires mathématiques-astronomie valorisant le développement du raisonnement spatial. Son but : enrichir l’enseignement et l’apprentissage de ce facteur prédictif important pour la réussite des élèves, mais encore peu exploité en classe actuellement.

Ce projet ouvre la porte à une autre manière de traiter du raisonnement spatial, qui demeure un angle mort de notre programme et de ceux d'autres provinces et d'autres pays. Ce projet a le potentiel de faire boule de neige dans ces deux champs puisqu'il s'insère dans une mouvance internationale.

Professeure Patricia Marchand

Qu’est-ce qu’une vie humaine – désormais? 

Professeure Sarah Rocheville, Département des arts, langues et littératures, Faculté des lettres et sciences humaines.
Professeure Sarah Rocheville, Département des arts, langues et littératures, Faculté des lettres et sciences humaines.
Photo : Fournie

Les mouvements récents de dénonciations, révoltes citoyennes, reconfigurations des dispositifs de pouvoir tels que #meetoo, #blacklivesmatter nourrissent inévitablement la pratique littéraire. Pour la Pre Sarah Rocheville, spécialiste en création littéraire, c’est le point de départ d’une réflexion éthique sur la vie humaine dans la littérature des dix dernières années.

Qu'est-ce qu'une vie humaine? Nous entendons mener notre enquête sur le terrain littéraire au premier chef, mais il est clair pour nous que nos résultats irrigueront les autres disciplines touchées par cette question : économie sociale, éthique appliquée, anthropologie moderne, bioéthique, etc. Cette perspective de dialogue est très motivante pour nous!

Professeure Sarah Rocheville