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L’UdeS au cœur d’un projet d’Unité mixte internationale CNRS

Vers une plus grande collaboration francoquébécoise en nanotechnologies

Vincent Aimez, Abdelkader Souifi et Jacques Beauvais.
Vincent Aimez, Abdelkader Souifi et Jacques Beauvais.
Photo : Michel Caron

Deux ans après la création du Laboratoire international associé en nanotechnologies et nanosystèmes (LIA-LN2), la collaboration entre chercheurs français et québécois continue de se développer concrètement. D’ici juin 2011, les responsables du LIA-LN2 comptent déposer un projet de création d’une Unité mixte internationale (UMI), véritable laboratoire commun doté de postes de chercheurs à être financé par le Centre national de recherche scientifique de France (CNRS). Ces chercheurs seraient localisés au Centre d'excellence en génie de l'information de l’Université de Sherbrooke.

Cette UMI serait la première en son genre au Canada, et la seconde en Amérique du Nord consacrée aux nanotechnologies. Réunis au Québec à la mi-juillet, plusieurs chercheuses et chercheurs ont eu l’occasion de peaufiner la programmation scientifique de ce projet qui verrait le jour en 2012.

Les acquis du LIA-LN2

Image ayant reçu le 1er prix du concours de photos 2010 du LIA-LN2. Cette image prise au microscope électronique montre des réseaux de nanotubes en silice agglomérés par des phénomènes de capillarité.
Image ayant reçu le 1er prix du concours de photos 2010 du LIA-LN2. Cette image prise au microscope électronique montre des réseaux de nanotubes en silice agglomérés par des phénomènes de capillarité.
Photo : Guillaume Laffite

Depuis juillet 2008, le LIA-LN2 est devenu un dispositif d’échanges scientifiques et technologiques majeur entre la France et le Canada. Les axes de recherche du laboratoire s’appuient sur des plateformes technologiques de tout premier plan à Sherbrooke et à Varennes, au Québec, ainsi qu’à Lyon et à Grenoble, en France. L'Université de Sherbrooke y tient une part active avec une quinzaine de ses professeurs rattachés au LIA-LN2 ainsi qu’une quarantaine d’étudiantes et d’étudiants.

Selon le vice-recteur à la recherche Jacques Beauvais, le projet d’UMI est «gagnant-gagnant» pour l’ensemble des partenaires : «Les nanotechnologies constituent un secteur de recherche très actif à l’UdeS, dit-il. Nos chercheurs comptent parmi les principaux joueurs au Québec depuis plus de 25 ans. Au cours des 10 dernières années, ce secteur a été très actif en ce qui concerne la collaboration avec la France, notamment avec des projets de thèse de doctorat en cotutelle et l’accueil d’étudiants stagiaires, pour ainsi augmenter notre bassin de recrutement et de collaboration aux cycles supérieurs. L’UMI viendrait hausser d’un cran l’interaction des chercheurs québécois et français.»

De la dimension d'une lame de microscope, la puce microfluidique capte des liquides et les analyse de manière autonome. Une seule puce peut effectuer plusieurs fonctions, comme évaluer la qualité de l'air et de l'eau ou compléter des analyses sanguines.
De la dimension d'une lame de microscope, la puce microfluidique capte des liquides et les analyse de manière autonome. Une seule puce peut effectuer plusieurs fonctions, comme évaluer la qualité de l'air et de l'eau ou compléter des analyses sanguines.
Photo : Michel Caron

Depuis sa création, le laboratoire LN2 a permis 28 séjours scientifiques croisés et équilibrés entre la France et le Canada. Les deux tiers des échanges ont concerné les étudiantes et étudiants. Deux premières thèses en cotutelle France-Canada ont été soutenues en 2009, tandis que six nouvelles thèses en cotutelle sont amorcées.

La collaboration soutenue entre les chercheurs français et canadiens et l’approche interdisciplinaire combinant la science des matériaux, de l’électronique et de la biologie a permis au LIA-LN2 de développer des projets innovants dans les domaines des technologies de la communication, de la santé et de l’environnement. Certains projets concernent aussi le développement de solutions originales pour la production d’énergies propres.

Assurer l’avenir

La création d’une UMI permettrait au laboratoire de maximiser la qualité, l’intensité et l’impact des échanges France-Québec en nanotechnologies, notamment en tissant des liens avec le nouveau Centre de collaboration MiQro innovation (C2MI), qui sera implanté à Bromont. Ce centre associe l’Université de Sherbrooke, IBM Canada et Dalsa Semiconducteurs.

Un premier projet international en nanoélectronique de 1,2 M$ cofinancé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et l’Agence nationale de recherche de France a été lancé à la fin de 2009. Le projet, appelé SEDIMOS, qui porte sur la cointégration de mémoires à un électron sur des puces CMOS, met en commun les expertises du LIA-LN2 et celles des multinationales ST Microelectronics (France) et IBM Canada.

Aux yeux des codirecteurs du LIA-LN2, les professeurs Vincent Aimez, de la Faculté de génie de l’UdeS, et Abdelkader Souifi, de l’Institut des nanotechnologies de Lyon, la création d’une UMI favoriserait de tels projets. «SEDIMOS est un excellent exemple de ce que pourrait susciter la création d’une UMI, signale Vincent Aimez. Ceci est stratégique, car avec la création du Centre de collaboration MiQro innovation à Bromont, le lancement de ce type de projets de recherche internationaux Canada-Europe sera reconduit à plusieurs reprises au cours des prochaines années. Leur importance stratégique pourra permettre de créer et de consolider des emplois en nanoélectronique au Québec et à Sherbrooke.»

Objectif 2012

Pour recevoir l’aval du CNRS, le projet d’UMI doit garantir un rayonnement national en France. En ce sens, Abdelkader Souifi va sillonner le pays pour établir des collaborations auprès des grandes centrales de technologie en microélectronique. «D’ici décembre, nous affinerons le programme scientifique et nous établirons la taille du laboratoire, le nombre de chercheurs et la structure organisationnelle. Le dossier devra être approuvé par la commission du CNRS en juin 2011», indique-t-il.

Avec la confirmation espérée de l’engagement financier du CNRS, évalué à environ 1M $ par année sur quatre ans, le démarrage de l’UMI aurait lieu en 2012.


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