Pour ses travaux sur la bande dessinée au Québec

Philippe Rioux remporte le Prix de la meilleure thèse de doctorat 2020

Philippe Rioux, diplômé du doctorat en études françaises et chargé de cours au Département des arts, langues et littératures.
Philippe Rioux, diplômé du doctorat en études françaises et chargé de cours au Département des arts, langues et littératures.

Photo : Fournie

Si Spiderman n’a jamais mangé de poutine, les phylactères du superhéros américain auraient vraisemblablement déjà abrité des expressions bien d’ici. Ce transfert culturel forme la pierre angulaire de la thèse de Philippe Rioux, diplômé du doctorat en études françaises et chargé de cours en littérature, dont le travail, qualifié d’original, jette une lumière nouvelle sur l’arrivée du comic book sur le marché québécois, dans les années 1960.

Jusqu’à maintenant, les conditions ayant permis à la bande dessinée américaine de s’immiscer dans la province restaient méconnues. C’est sous la direction de la professeure Marie-Pier Luneau que le chercheur a choisi d’éclairer ce pan de l’histoire du livre québécois. Le titre de sa thèse est « Alter ego : le transfert du genre superhéroïque dans la bande dessinée au Québec (1968-1995) ».

Philippe Rioux a livré un travail exceptionnel qui se démarque par son sujet, son approche et son corpus. Pour souligner cette réalisation, l’Université de Sherbrooke vient de lui octroyer le Prix de la meilleure thèse de doctorat 2020 pour la catégorie Lettres, sciences humaines et sociales.

En analysant 148 bandes dessinées traduites ou créées au Québec entre 1968 et 1995, Philippe a révélé comment nos maisons d’édition ont entremêlé les signes identitaires américains et québécois afin d’adapter les personnages et les histoires au lectorat d’ici.

Cette découverte est d’autant plus cruciale qu’elle démontre, pour la première fois, l’intérêt de travailler sur des objets traduits, reconnus pour fournir une information précieuse sur la réalité culturelle propre à la langue de destination. Cette thèse révèle aussi comment les créateurs d’ici se sont serré les coudes pour éviter d’être avalés par la mégastructure éditoriale américaine qui dominait à l’époque dans l'univers de la bande dessinée.