Dans le cadre de Réussir 2010-2015
Des créneaux porteurs mieux cernés pour valoriser les expertises de l'UdeS en recherche
Photo : Michel Caron
Quel est le profil de l'UdeS en recherche? Comment présenter en quelques mots ce qui distingue l'institution en ce qui a trait aux activités de ses chercheuses et chercheurs? Quels sont les créneaux où l'Université se démarque et où elle regroupe une expertise qui lui est propre? Il n'est pas facile de répondre de but en blanc à ces questions. Mais ces questions sont d'une grande importance quand vient le temps de positionner l'Université sur la place publique et face aux organismes liés à la recherche. Ces derniers mois, le vice-rectorat à la recherche a mobilisé plusieurs personnes pour trouver une façon plus efficace de définir les principaux domaines qui animent les chercheurs de l'UdeS. Le défi a été relevé en identifiant une série de thèmes porteurs en recherche. Désormais, les représentants de l'institution sont mieux outillés pour présenter le secteur de la recherche, surtout auprès des organismes subventionnaires.
Des thèmes transversaux
La démarche a été pilotée par le vice-recteur à la recherche Jacques Beauvais, dans le cadre de Réussir 2010-2015 de l'Université. «Il faut souligner le travail colossal qui s'est fait au sein de plusieurs comités dans chacune des facultés», dit le vice-recteur. L'exercice a permis d'atteindre plusieurs des objectifs fixés dans l'Orientation 2.3 de Réussir 2010-2015 soit «jouer un rôle de premier plan en recherche». Cet exercice servira à positionner l'Université dans le contexte des stratégies gouvernementales d'innovation par l'identification de thèmes stratégiques existants ou en développement.
Selon lui, si l'exercice s'est fait rondement, il commandait un certain doigté : au départ, on notait quelques appréhensions de la part de ceux qui craignaient que leur domaine ne trouve pas sa place dans les créneaux identifiés. «Toutefois, la démarche ne visait pas à produire une liste de créneaux de recherche qui soit restrictive mais plutôt inclusive. Il fallait partir de la réalité de chacune des facultés et trouver des thèmes de recherche qui avaient une nature transversale, et qui pouvaient regrouper plusieurs équipes de chercheurs», explique Jacques Beauvais.
Citant quelques exemples de ces créneaux transversaux, le vice-recteur mentionne des thèmes comme le transport, le vieillissement ou la gouvernance éthique. Chacun de ces thèmes regroupe des chercheuses et chercheurs issus de différentes facultés et dont les travaux ont un lien avec le thème général.
Mieux se faire connaître
L'exercice peut sembler anodin, mais pourtant, il était d'une importance majeure, dit Jacques Beauvais : «Certains partenaires externes et des représentants d'organismes subventionnaires ont besoin de pouvoir compter sur une information claire pour connaître quels sont les domaines de pointe d'une institution. Or, dans certaines discussions, on réalisait que les forces de l'Université n'étaient pas clairement définies aux yeux de nos partenaires. Ils connaissaient certains éléments – comme les brevets liés à la compression de la parole ou le régime coopératif – mais n'avaient pas un portrait global de la variété des expertises présentes chez nous», explique le vice-recteur. Pour arriver à brosser un tableau de l'ensemble des forces, il fallait donc éviter de produire un long inventaire des secteurs de recherche de manière très définie, mais plutôt trouver des thèmes plus généraux permettant de mettre en valeur des expertises complémentaires.
«Cet exercice visait à mieux répondre aux demandes exprimées par des organismes tels que le programme des Chaires de recherche du Canada, le gouvernement du Québec ou la Fondation canadienne pour l'innovation, qui ont besoin d'avoir une vue d'ensemble des domaines de pointe de chaque institution quand vient le temps d'octroyer un financement», dit le vice-recteur. L'importance d'identifier des thèmes porteurs comprenant une certaine masse critique de chercheurs vise donc à mieux positionner l'UdeS lors de demandes de financement de la recherche, notamment face aux très grandes universités du pays.
Suivi continu
L'opération a également permis d'identifier des thèmes en croissance et des secteurs à développer, sans toutefois minimiser l'importance de créneaux plus pointus ou des secteurs d'excellence où l'Université compte des chercheuses et chercheurs de réputation mondiale. «Au terme de l'exercice, les membres du Conseil de la recherche de l'Université sont très satisfaits du résultat de la démarche, qui se révèle fort utile, même si l'impact est difficile à décrire pour l'instant», dit le vice-recteur. Cependant, le travail n'est pas terminé puisque ce portrait va continuer d'évoluer en fonction des activités de recherche dans les laboratoires de l'UdeS. «Nous avons prévu faire une mise à jour annuelle de nos thèmes porteurs», signale le vice-recteur Beauvais.
Plus globalement, cette démarche servira aussi à mieux faire connaître l'Université du grand public et des décideurs. «Les organismes subventionnaires nous font souvent la remarque que les universités doivent consacrer plus d'efforts pour faire valoir l'impact de la recherche pour la société, explique le vice-recteur. Il est important de pouvoir démontrer l'expertise et la profondeur de notre secteur de la recherche non seulement pour le grand public mais aussi auprès des autorités politiques. En période de rareté des ressources publiques, cela est extrêmement important. En outre, dans les situations de crise, les gouvernements doivent identifier les experts disponibles qui peuvent aider à dénouer des situations difficiles. Souvent ils se tournent vers les universités. Une vision plus claire de nos forces en recherche peut aussi servir cet objectif», conclut-il.