Environnement

Enclavé dans les glaces pour mieux comprendre les changements climatiques

Des centaines de chercheurs de 20 pays participent actuellement à cette entreprise exceptionnelle afin d’obtenir les connaissances fondamentales indispensables pour mieux comprendre les changements climatiques.
Des centaines de chercheurs de 20 pays participent actuellement à cette entreprise exceptionnelle afin d’obtenir les connaissances fondamentales indispensables pour mieux comprendre les changements climatiques.
Photo : mosaic-expedition.org

Passer plusieurs mois enclavé dans les glaces de l’océan arctique, coupé du monde extérieur avec un accès limité à internet ou à un téléphone, seriez-vous prêt à le faire? Pour Alex Mavrovic c’était la chance d’une vie et il n’a pas hésité à la saisir. Le diplômé de la maîtrise en sciences géographiques, cheminement en télédétection de l'UdeS, a passé 4 mois sur un brise-glace dans le cadre du plus grand déploiement scientifique jamais réalisé en Arctique.

Une expédition pour comprendre les changements climatiques

L’expédition MOSAiC (Multidisciplinary drifting Observatory for the Study of Arctic Climate) a pour objectif d’examiner de plus près le nouvel Arctique en tant qu’épicentre du réchauffement planétaire. Des centaines de chercheurs de 20 pays participent actuellement à cette entreprise exceptionnelle afin d’obtenir les connaissances fondamentales indispensables pour mieux comprendre les changements climatiques.

J’ai appliqué à la MOSAiC School en janvier 2019. Le processus d'application était fastidieux et à ce moment, je ne croyais pas vraiment en mes chances d'être sélectionné au point de me demander si toutes ces heures perdues en valaient vraiment la peine. À ma grande surprise, j’ai été sélectionné parmi plus de 250 candidatures provenant de 35 pays. C’est vraiment une chance unique!

Alex Mavrovic, diplômé de la maîtrise en sciences géographiques, cheminement en télédétection de l'UdeS

Alex Mavrovic (deuxième à partir de la gauche, deuxième rangée) a été sélectionné parmi plus de 250 candidatures provenant de 35 pays afin de participer à ce déploiement scientifique d’envergure.
Alex Mavrovic (deuxième à partir de la gauche, deuxième rangée) a été sélectionné parmi plus de 250 candidatures provenant de 35 pays afin de participer à ce déploiement scientifique d’envergure.
Photo : fournie

MOSAiC a installé son camp de base sur la banquise arctique au large de la Russie en septembre 2019. Poussé par le courant transpolaire, le brise-glace de recherche Polarstern devrait être expulsé des glaces près de la côte est du Groenland un an après le début de sa mission, soit à l’automne 2020. Les données recueillies seront utilisées par les scientifiques du monde entier pour porter la recherche sur le climat à un tout autre niveau.

Il y a plusieurs ''premières'' lors d'une telle expédition: les premières aurores boréales, la première glace aperçue à l'horizon, les premiers ours polaires, le premier pas sur la banquise arctique, la première fois que l'on aperçoit le Soleil en sortant de la nuit polaire et finalement la première fois qu'on aperçoit la terre ferme. Chaque fois l'équipe complète se retrouvait sur le pont dans une atmosphère festive.

Côtoyer des experts chevronnés

Le jeune chercheur a eu la chance d’avoir été sélectionné afin de contribuer au déploiement d’un réseau d’instruments scientifiques sur la banquise arctique autour du brise-glace allemand, le PolarStern, pris dans les glaces.

Les tâches du groupe de 20 jeunes scientifiques dont il faisait partie étaient orientées autour de trois objectifs principaux:

  1. Instruire et entraîner les futurs experts du climat arctique.
  2. Supporter le déploiement des instruments scientifiques des différentes équipes de l’expédition MOSAiC (MOSAiC Distributed Network).
  3. Mettre en place une équipe d’ambassadeurs permettant de faire rayonner la mission MOSAiC à travers la planète.

L'expédition MOSAiC m'a offert l'opportunité d'apprendre entouré de scientifiques chevronnés, directement sur la ligne de front de la recherche polaire. En échangeant des idées avec l'équipe scientifique, j'ai acquis des contacts avec des scientifiques qui, je l'espère, mèneront à de nouvelles collaborations internationales pour mon projet de doctorat.

Alex Mavrovic étudie présentement au doctorat en sciences de l’environnement à l'UQTR incluant une collaboration avec l'UdeS.

Dès 2023, l’entièreté des données de MOSAiC seront publiques et accessibles sans aucune restriction.

Alex Mavrovic donnera une conférence le 17 février prochain afin de revenir sur cette expérience unique!