Célébration de la recherche et des études supérieures 2021

Des esprits novateurs qui révolutionnent leur domaine par la recherche

Quel que soit le domaine, la recherche universitaire génère des retombées positives dans la société. Annuellement, l'UdeS souligne le travail de ses chercheuses et chercheurs d'exception en remettant des prix institutionnels.
Quel que soit le domaine, la recherche universitaire génère des retombées positives dans la société. Annuellement, l'UdeS souligne le travail de ses chercheuses et chercheurs d'exception en remettant des prix institutionnels.

Photo : Michel Caron - UdeS (photo d'archives)

Tous domaines confondus, la recherche n’a eu aucun répit en 2020 pour une majorité de chercheuses et chercheurs de l’UdeS. Certains ont même opéré une véritable révolution dans leur champ d’expertise. Nous vous présentons ces personnes d’exception qui sont honorées pour leur contribution importante à la science.

Annuellement, l’Université de Sherbrooke organise la Célébration de la recherche et des études supérieures, un événement haut en couleur qui souligne la ténacité et la grande dextérité scientifique de chercheuses et chercheurs de chez nous.

Afin de perpétuer la tradition sans perpétuer le virus, l’institution a choisi de célébrer ce talent de manière virtuelle pour une deuxième année consécutive.

Les professeurs Pierre Cossette et Jean-Pierre Perreault se disent honorés de souligner le travail exceptionnel de ces personnes, qui repoussent avec vivacité les frontières du savoir :

Je félicite tous les lauréats et les lauréates, et je salue leur infatigable volonté à trouver des solutions innovantes aux enjeux actuels. La crise sanitaire nous rappelle le caractère vital de la recherche pour nos collectivités. Ces prix revêtent une signification particulière pour l’UdeS.

Professeur Pierre Cossette, recteur

Qu’elles soient au doctorat, en début de carrière ou déjà bien connues dans leur domaine, toutes les personnes récompensées ont une chose en commun : elles ont su répondre de manière tangible à des problématiques importantes et à des besoins précis de la société. Leur contribution est très pertinente, et nous nous devons de la souligner.

Professeur Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures

Voici donc les dix personnes lauréates de l’édition 2021 de la Célébration de la recherche et des études supérieures.

Prix de la recherche et de la création

Les Prix de la recherche et de la création soulignent une découverte, une publication scientifique ou une œuvre de création significative publiée au cours de l’année. Cette année, deux contributions ont été retenues pour la catégorie Sciences humaines et sociales.

Soutenir les enfants en difficulté et apprendre à leurs parents à « mentaliser »

Julie Achim, du Département de psychologie, remporte le Prix de la recherche et de la création dans la catégorie Sciences humaines et sociales
Julie Achim, du Département de psychologie, remporte le Prix de la recherche et de la création dans la catégorie Sciences humaines et sociales
Photo : Angelo Barsetti (photomontage : Michel Caron - UdeS)

Bon nombre d’enfants qui consultent en pédopsychiatrie ont du mal à identifier et à exprimer ce qui les habite, leur aptitude à recourir aux mots et au jeu symbolique pour le faire s’avérant limitée. Leur capacité et celle de leurs parents « à mentaliser » leur seraient pourtant très utiles.

En réunissant des contributeurs et contributrices d’expérience au sein de l’ouvrage collectif Mentaliser en contexte pédopsychiatrique : interventions thérapeutiques, la professeure Julie Achim propose le premier livre en français, à l’échelle internationale, consacré aux applications thérapeutiques de la mentalisation pour les enfants qui consultent en pédopsychiatrie et leurs familles. Le résultat : une importante publication qui met à profit des expertises diversifiées et complémentaires, qui viendront sans doute au secours de plusieurs enfants souffrant de difficultés affectives et relationnelles sévères ainsi qu’à leurs parents.

Publié en octobre 2020 chez De Boeck Supérieur, dans la collection Carrefour des psychothérapies, l’ouvrage est considéré par les experts comme une contribution incontournable et est voué à une belle diffusion internationale.

Le positivisme juridique sous toutes ses coutures

Maxime St-Hilaire, de la Faculté de droit, remporte le Prix de la recherche et de la création dans la catégorie Sciences humaines et sociales.
Maxime St-Hilaire, de la Faculté de droit, remporte le Prix de la recherche et de la création dans la catégorie Sciences humaines et sociales.
Photo : Michel Caron - UdeS

Le positivisme est l’une des traditions les plus riches de la philosophie des sciences, mais aussi de la philosophie du droit. Or aucune définition du positivisme juridique ne fait l’unanimité.

Dans son ouvrage Les positivismes juridiques au XXe siècle. Normativismes, sociologismes, réalismes, paru en août 2020 dans la prestigieuse collection Diké des Presses de l’Université Laval, le professeur Maxime St-Hilaire réussit en moins de cent pages à transmettre le fruit de plus de dix ans de lectures, de réflexions et de travaux et à ainsi initier le lecteur à l’état du débat sur ce concept, en faisant preuve d’une grande érudition. Un tour de force vu l’étonnante pluralité d’œuvres à l’étude.

Déjà largement distribué au Canada, en Europe et même en Asie, l’ouvrage a rapidement été intégré aux enseignements sur l’État de droit dans les facultés de droit québécoises.

Le petit degré qui révolutionne la recherche quantique

Michel Pioro-Ladrière, du Département de physique, remporte le Prix de la recherche et de la création dans la catégorie Sciences naturelles et génie.
Michel Pioro-Ladrière, du Département de physique, remporte le Prix de la recherche et de la création dans la catégorie Sciences naturelles et génie.
Photo : Michel Caron - UdeS

Il faut des millions de qubits pour atteindre le plein potentiel de l’ordinateur quantique, cette machine du futur qui promet de réaliser en quelques secondes des calculs qui nécessitent actuellement des années. Et des millions de qubits, ça chauffe! Il faut donc travailler à des températures de près de 0 kelvin (-273,15 degrés Celsius) pour éviter les erreurs de calcul.

Le professeur Michel Pioro-Ladrière et son étudiant alors au doctorat Julien Camirand Lemyre, avec le concours de collègues de l’Université New South Wales en Australie, ont mis en commun deux technologies quantiques pour réussir une prouesse époustouflante :  des microaimants et des puces à base de silicium purifié qui rendent possible l’utilisation des qubits à de plus hautes températures, soit 1,5 kelvin, ce qui ouvre enfin la voie à la miniaturisation des installations.

Cette découverte a été publiée le 15 avril 2020 dans la prestigieuse revue Nature et comptait parmi les 10 découvertes de l’année 2020 du magazine Québec Science, en plus d’être à l’origine d’un Mérite estrien en 2021.

Une protéine qui en cachait d’autres

François Michel Boisvert, du Département d'anatomie et de biologie cellulaire, et Xavier Roucou, du Département de biochimie et de génomique fonctionnelle, remportent le Prix de la recherche et de la création dans la catégorie Médecine et sciences de la santé. (Cette image est un montage fait à partir de deux photos individuelles.)
François Michel Boisvert, du Département d'anatomie et de biologie cellulaire, et Xavier Roucou, du Département de biochimie et de génomique fonctionnelle, remportent le Prix de la recherche et de la création dans la catégorie Médecine et sciences de la santé. (Cette image est un montage fait à partir de deux photos individuelles.)

Photo : Michel Caron - UdeS

La dégradation des protéines fait partie des fonctions cellulaires essentielles à la vie. Elle permet à la cellule de maintenir un équilibre en se débarrassant des protéines superflues ou défectueuses. Le système ubiquitine-protéasome, qui consiste en l’addition d’une petite protéine, l’ubiquitine, à des protéines cibles, est l'un des principaux mécanismes responsables de la dégradation des protéines dans les cellules. Le hic, c’est que, jusqu’à maintenant, les scientifiques pensaient que l’ubiquitine était une seule et unique protéine.

La découverte de plusieurs variants de l’ubiquitine par l’équipe des professeurs François Michel Boisvert et Xavier Roucou vient complètement changer la donne, et ouvre la voie à la découverte de mécanismes de régulation par ces nouvelles ubiquitines, et potentiellement de nouveaux traitements contre le cancer.

L’impact de cette découverte est énorme, si bien que la prestigieuse revue Nature Communications a publié leur article scientifique en mars 2020.

Prix Tremplin en recherche et création

Les Prix Tremplin en recherche et en création soulignent la contribution exceptionnelle de professeures et professeurs en début de carrière.

Une vision intégrative qui enrichit les pratiques enseignantes

Martin Lépine, du Département de l’enseignement au préscolaire et au primaire, remporte le Prix Tremplin dans la catégorie Sciences humaines et sociales.
Martin Lépine, du Département de l’enseignement au préscolaire et au primaire, remporte le Prix Tremplin dans la catégorie Sciences humaines et sociales.
Photo : Michel Caron - UdeS

Amener les futures enseignantes et futurs enseignants à développer, dès leur entrée à l’université, leur propre curriculum culturel, alliant littérature, arts vivants et culture : c’est l’approche novatrice proposée par le professeur Martin Lépine, de la Faculté d’éducation.

Pour marquer le pas, il est à l’origine de deux projets de recherche d’envergure. Avec les Passeurs culturels et les Partenaires culturels CSSRS, les étudiantes et étudiants en enseignement, de même que le personnel enseignant, profitent d’accès privilégiés et d’expériences significatives de médiation culturelle, qui les amènent à jouer un rôle actif dans l’intégration de la dimension culturelle à l’école, auprès des élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire.

Le professeur Lépine peut se targuer, par cette approche unique qui guide et détermine ses contributions significatives en recherche, d’enrichir les fondements mêmes de la didactique du français.

Une expertise de premier plan en bio-informatique

Michelle Scott, du Département de biochimie et de génomique fonctionnelle, remporte le prix Tremplin dans la catégorie Médecine et sciences de la santé.
Michelle Scott, du Département de biochimie et de génomique fonctionnelle, remporte le prix Tremplin dans la catégorie Médecine et sciences de la santé.
Photo : Michel Caron - UdeS

En développant des outils bio-informatiques qui permettent de découvrir et de valider l’existence de plus de 100 nouveaux ARN non codants chez l’humain, la professeure Michelle Scott est devenue une véritable étoile montante à l’international dans le domaine de l’ARN et de la bio-informatique.

Depuis son arrivée en 2011 au Département de biochimie et génomique fonctionnelle de la Faculté de médecine et des sciences de la santé, elle a créé, avec son équipe, plusieurs outils bio-informatiques de caractérisation des molécules d’ARN et des éléments régulateurs de l’expression des gènes. Elle s’intéresse particulièrement aux rôles et à la régulation de petits ARN nommés « snoARN ». Par des approches transcriptomiques et l’intelligence artificielle, elle travaille aussi à l’identification de biomarqueurs, notamment dans les cancers ovariens.

L’apport exceptionnel de la professeure Scott se manifeste de surcroît sur le plan du partage de données scientifiques en libre accès : les outils bio-informatiques de caractérisation qu’elle a conçus sont accessibles gratuitement, permettant de faire progresser plus rapidement les connaissances.

Prix de la meilleure thèse de doctorat

Le Prix de la meilleure thèse de doctorat reconnaît l'excellence d’un travail de recherche de 3e cycle dans chacun des trois grands secteurs de la recherche.

Les jeunes sous la DPJ : le sport pour éviter les dérapages

Michel-Alexandre Rioux, du Département de psychologie, remporte le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Sciences humaines et sociales.
Michel-Alexandre Rioux, du Département de psychologie, remporte le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Sciences humaines et sociales.
Photo : Michel Caron - UdeS

Agression, violence, vol… des troubles de conduite sont susceptibles d’apparaître chez plusieurs jeunes qui sont sous la responsabilité de la Direction de la protection de la jeunesse. Et s’il y avait une façon à la fois efficace et active de favoriser leur réadaptation?

Pluridisciplinaire et qualifiée de novatrice, la thèse de Michel-Alexandre Rioux propose le sport comme moyen d’intervention auprès des jeunes ayant des comportements perturbateurs. Sous la direction de la professeure Catherine Laurier et du professeur Miguel Terradas Carrandi, le doctorant a recensé et analysé des écrits scientifiques dans l’optique de mieux comprendre les bienfaits du sport sur leur comportement. Il a également effectué une étude sur le terrain basée sur une activité de hockey sur glace.

L’ensemble du travail de Michel-Alexandre a mené à une meilleure compréhension du processus de réadaptation des jeunes, tout en soulignant l’importance de considérer leur contexte et leur vécu singulier.

Avec un excellent potentiel comme vulgarisateur et déjà des publications de calibre mondial en banque, ce doctorant continuera certainement à faire parler de lui.

Quand protéger les oursons met toute une espèce en danger

Joanie Van de Walle, du Département de biologie, remporte le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Sciences naturelles et génie.
Joanie Van de Walle, du Département de biologie, remporte le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Sciences naturelles et génie.
Photo : Fournie (photomontage de Michel Caron - UdeS)

Pour sa thèse réalisée sous la direction de la professeure Fanie Pelletier, Joanie Van de Walle s’est penchée sur le comportement maternel des ours bruns de Scandinavie. Elle voulait savoir si l’activité humaine, principalement la chasse, pouvait influencer les stratégies de reproduction en milieu naturel.

Ses recherches révèlent un fait étonnant : là où la réglementation interdit de tuer les ourses accompagnées de leurs petits, les femelles adoptent des comportements reproducteurs allant à l’encontre de la sélection naturelle, un effet ayant une incidence sur la population totale chez cette espèce.

En dévoilant cet effet indirect de la chasse sur le comportement animal, la doctorante contribue de façon majeure à l’avancée des connaissances sur l’évolution et la gestion des animaux sauvages. Sa thèse dénote par ailleurs d’excellentes capacités d’analyse statistique et une maturité scientifique peu commune. Cette solide vulgarisatrice est résolument vouée à une carrière prolifique.

Détourner les personnes âgées des urgences… pour leur bien!

Isabelle Dufour, de l’École des sciences infirmières, remporte le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Médecine et sciences de la santé.
Isabelle Dufour, de l’École des sciences infirmières, remporte le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Médecine et sciences de la santé.
Photo : Michel Caron - UdeS

Les personnes aînées qui se rendent régulièrement à l’urgence pour traiter une maladie chronique fragilisent leur état de santé en raison du manque de continuité dans les soins reçus. Elles surchargent également le système de santé.

Pour sa thèse, la doctorante Isabelle Dufour s’est penchée sur cette problématique, particulièrement présente au Québec. Sous la direction des professeures Catherine Hudon, Nicole Dubuc et Maud-Christine Chouinard, elle a notamment analysé quelque 260 000 dossiers de personnes aînées dont la condition de santé est propice aux soins ambulatoires. Cette analyse poussée lui a permis de répartir cette clientèle gériatrique en cinq profils, un classement qui aide à mieux comprendre ses besoins et les ressources pouvant lui être utiles.

D’une grande valeur scientifique, cette thèse marque le point de départ d’une nouvelle manière de planifier les soins gériatriques. La pertinence de l’étude, la rigueur d’exécution et la qualité de l’écriture sont autant de qualités attribuées à ce travail. Pas étonnant que l’expertise de cette jeune chercheuse soit déjà prisée!

Les lauréates et lauréats ont joué les vedettes pour notre photographe! Voyez l'album photo sur Facebook et LinkedIn.

Découvrez aussi les plumes gagnantes du Concours de vulgarisation scientifique
Traditionnellement, la Célébration de la recherche et des études supérieures est aussi l’occasion de dévoiler les jeunes chercheuses et chercheurs s’étant illustrés au Concours de vulgarisation scientifique de l’Université de Sherbrooke. Voici donc les 9 personnes lauréates de l’édition 2021. Vous pourrez lire leurs nouvelles vulgarisées à compter du mois d’août sur notre site Actualités.