Stages en environnement

Sortir des sentiers battus pour avoir un impact

Marie-Hélène Fugère envisage maintenant sa carrière d’un autre angle.
Marie-Hélène Fugère envisage maintenant sa carrière d’un autre angle.
Photo : Fournie

Travailler dans l’industrie sidérurgique et faire une maîtrise en environnement peut sembler pour le moins incompatible. Pourtant, Marie-Hélène Fugère est maintenant convaincue du contraire, elle qui a effectué un stage coopératif cet été chez ArcelorMittal, numéro un mondial de l’acier et parmi les cinq plus grands producteurs de produits de minerai de fer à l'échelle internationale.

Ayant œuvré dans le domaine municipal durant son baccalauréat en urbanisme à l’Université du Québec à Montréal, l’étudiante de 25 ans souhaitait sortir de sa zone de confort avant d’entrer pour de bon sur le marché du travail. C’est pourquoi elle a postulé principalement pour des stages au sein de grandes entreprises l’hiver dernier, alors qu’elle cherchait un milieu de travail.

Elle a finalement été embauchée par le service de l’environnement et de l’ingénierie d’ArcelorMittal au site de Contrecoeur. On lui a ainsi confié un mandat qui s’articulait autour de trois grands axes, soit les déclarations officielles des émissions auprès des gouvernements provincial et fédéral, la prévention des risques et le contrôle-qualité des effluents, des sols et de l’air. Se sont ensuite ajoutées à son stage, des responsabilités au niveau du tri de matières radioactives, de la mise en place d’une procédure d’opérationnalisation pour une station de traitement des eaux usées et la surveillance d’entrepreneurs et d’employés quant à l’application des règles de santé-sécurité.

Quand j’ai commencé mon stage, j’ai pratiquement eu un choc de valeurs, raconte la jeune femme originaire de Longueuil, sur la Rive-Sud de Montréal. Bien qu’ArcelorMittal soit une entreprise pour qui le développement durable est primordial et qu’elle fait de gros efforts pour la sauvegarde de l’environnement, le milieu sidérurgique est un milieu encore très polluant. Ç'a été difficile au départ de me retrouver dans ce contexte-là, mais c’est ce que je recherchais.

Marie-Hélène a rapidement réalisé que l’impact de son travail était probablement plus grand encore au sein d’une multinationale qui souhaite minimiser son empreinte environnementale que dans une municipalité ou un organisme de conservation. Un virage à 180 % dans sa vision des choses.

L’impact qu’on peut avoir est encore plus significatif dans une entreprise comme ArcelorMittal parce que les défis sont tellement importants. On parle de pollution et de contaminants à grande échelle, explique-t-elle. J’ai vraiment constaté que lorsque je mettais une idée sur la table, c’était entendu. On pouvait rapidement voir des changements, cela dit sans rien enlever aux autres secteurs.

Ayant pu appliquer concrètement plusieurs notions acquises à l’Université, celle qui complétera son parcours à la maîtrise au printemps 2021 envisage maintenant sa carrière d’un autre angle. Une chose est sure : elle conseille à tous ses collègues qui étudient en environnement de suivre son exemple et de sortir des sentiers battus.

Ça vaut vraiment la peine de quitter notre zone de confort pour réaliser qu’on peut changer les choses de l’intérieur.