Chaire de recherche du Canada en écologie microbienne appliquée

Des microbes au service des arbres

Pre Isabelle Laforest-Lapointe
Pre Isabelle Laforest-Lapointe
Photo : Michel Caron - UdeS

Alors que le grand public est maintenant sensibilisé au fait que les microbes influencent la santé humaine, il s’avère qu’ils peuvent aussi jouer un rôle pour les plantes, plus particulièrement sur certaines fonctions critiques, telles que la productivité, l’adaptation aux changements climatiques et la résistance aux agents pathogènes. Le phénomène intéresse particulièrement la professeure Isabelle Laforest-Lapointe, titulaire de la nouvelle Chaire du Canada en écologie microbienne appliquée.

Au début du mois de janvier 2020, le Département de biologie accueillait une nouvelle chaire de recherche du Canada et sa titulaire, la professeure Isabelle Laforest-Lapointe. Cette nouvelle recrue du corps professoral de la Faculté des sciences se spécialise dans un domaine de recherche à l’intersection entre l’écologie, la microbiologie, la génomique, la bio-informatique et les statistiques.

Plus spécifiquement, les travaux de recherche de la biologiste portent sur les interactions hôtes-microbes dans les écosystèmes forestiers, mais également sur le microbiote de l’intestin dans les modèles humains et animaux. Pour les cinq prochaines années, la Chaire recherche du Canada en écologie microbienne appliquée permettra de réaliser de nouvelles découvertes sur l’importance des microbes foliaires pour les arbres et mènera au développement d’applications technologiques dans les domaines de la sylviculture et de l’agriculture.

De feuilles et de microbes

L’écologie microbienne, une synergie entre la microbiologie, l’écologie et la bio-informatique, est un domaine de recherche qui vise à approfondir la compréhension de la complexité des interactions hôtes-microbes. Si la grande majorité des études se sont intéressées aux microorganismes qui colonisent les racines, les travaux de la professeure Isabelle Laforest-Lapointe ont démontré que les microbes qui colonisent les feuilles influencent aussi la productivité et la santé des arbres.

 À travers les travaux de la Chaire, nous espérons développer une expertise qui permettra de réduire l’utilisation de produits chimiques dans le contrôle des maladies foliaires des arbres en utilisant l’équivalent de “probiotiques” pour maintenir un microbiote sain et résistant chez les plantes. Le défi de cette recherche réside dans la complexité des communautés microbiennes et dans leur capacité d’évoluer rapidement pour s’adapter à de nouvelles conditions. C’est un grand plaisir et un privilège de pouvoir m’attaquer à ce défi et d’être soutenue par une chaire de recherche du Canada pour y arriver.

Pre Isabelle Laforest-Lapointe

Cette étude vise à développer une expertise qui permettra de réduire l’utilisation de produits chimiques dans le contrôle des maladies foliaires des arbres.

Afin d’atteindre ses objectifs, la chercheuse prévoit d'utiliser des techniques de séquençage à haut débit de nouvelle génération, telles que la génomique et la métagénomique, la croissance de microorganismes en laboratoire et les expériences de croissance de plantes en serre. La professeure Laforest-Lapointe visitera également les producteurs acéricoles et pomicoles afin de mieux comprendre les problématiques entourant les maladies foliaires des espèces liées à ces productions agricoles.

Un parcours universitaire en biologie et en statistiques, au Canada et en Espagne

Originaire de la ville de Québec, Isabelle Laforest-Lapointe termine son baccalauréat en biologie en 2010 à l’Université Laval. En 2011, elle réalise sa maîtrise en écologie terrestre à l’Universitat Autonoma de Barcelone, en Espagne, puis elle fait une deuxième maîtrise en statistiques à la Polytechnica, en Catalogne. En 2017,  elle termine son doctorat en biologie à l’Université du Québec, à Montréal. Par la suite, elle travaille comme chercheuse postdoctorale dans le laboratoire de la docteure Marie-Claire Arrieta, à l’Université de Calgary, de 2017 à 2019. À Calgary, ses recherches se consacrent à l’influence du microbiote intestinal en début de vie sur le développement de maladies auto-immunes, telles que l’asthme et les allergies, une voie de recherche qu’elle mène en parallèle de ses travaux sur les plantes.