Grâce à la générosité du Fonds de recherche Sylvain Poissant

Lancement d’une nouvelle étude clinique sur l’activité physique et le cancer

Prescrire de l’exercice aérobie comme traitement complémentaire à la chimiothérapie? C’est le souhait ultime d’une équipe de recherche interdisciplinaire en kinésiologie et en médecine qui mènera, au cours des deux prochaines années, une étude clinique sur l’activité physique et le cancer. L’une des particularités du projet : il voit le jour grâce à la générosité de Sylvain Poissant, un donateur ayant lui-même reçu un diagnostic de cancer il y a 14 ans.

Professeure-chercheuse à la Faculté des sciences de l’activité physique (FASAP), Eléonor Riesco s’intéresse aux bienfaits de l’exercice chez les personnes atteintes d’un cancer. Au cours d’une étude antérieure menée avec le professeur-chercheur Michel Pavic, la professeure Riesco avait mis en évidence les retombées favorables de l’activité physique de type aérobie sur la fatigue liée au cancer chez les personnes âgées. Cette recherche avait permis d’émettre de nouvelles hypothèses.

L’exercice peut vraiment avoir une visée thérapeutique lorsqu’il est combiné de la bonne manière et au bon moment avec les traitements. Certaines hormones pourraient jouer un rôle important sur le plan de la fatigue ou de la diminution du volume d’une tumeur. Ce qui est intéressant, c’est que la production de ces hormones est stimulée, entre autres, par l’intensité de l’effort. Mais comment prescrit-on l’exercice? Actuellement, dans la littérature, les effets des différents types d’entraînement à privilégier, on ne les connaît pas. C’est ce que notre nouvelle recherche tentera d’explorer.

Eléonor Riesco, professeure-chercheuse à la FASAP et au Centre de recherche sur le vieillissement, et cochercheuse dans le cadre de l’étude

Comment prescrit-on l’exercice? Actuellement, dans la littérature, les effets des différents types d’entraînement à privilégier, on ne les connaît pas.

La nouvelle étude, réalisée conjointement par la FASAP et la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS), apportera des réponses éclairantes au corps médical, comme en témoigne le Dr Michel Pavic, professeur-chercheur au Département de médecine :

Notre recherche vise essentiellement à essayer de comprendre les mécanismes de l’activité physique qui contribuent à améliorer la qualité de vie des patients, notamment diminuer leur fatigue. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’activité physique permet de garder un meilleur niveau d’énergie, mais on ne comprend pas bien pourquoi et par quels mécanismes ça passe.

Michel Pavic, hémato-oncologue et professeur-chercheur à la FMSS et au Centre de recherche du CHUS, et cochercheur dans le cadre de l’étude

L’activité physique est le meilleur moyen de surmonter la fatigue liée au cancer. Chez une personne ne souffrant pas d’anémie ou d’un autre dérèglement entraînant un manque d’énergie, faire de l’exercice réduirait de 20 à 30 % le sentiment d’épuisement engendré par les traitements.

L’étude apportera aussi de bonnes nouvelles aux personnes aux prises avec un cancer, pour qui bouger, ne serait-ce que quelques minutes par jour, peut devenir un baume contre le sentiment d’impuissance qui accompagne un diagnostic de maladie grave. Celui qui finance l’étude peut d’ailleurs en parler en toute connaissance de cause.

Quand l’histoire d’un donateur devient le cœur d’une recherche

Sylvain Poissant a reçu un diagnostic de cancer de la peau le 6 février 2006. Grand sportif, il a déjoué un sombre pronostic grâce à son excellente forme, ainsi qu’à son instinct de survie qui l’a poussé à avaler les kilomètres à la course malgré la fatigue. Aujourd’hui, ce diplômé en kinésiologie est à la tête du Fonds de recherche Sylvain Poissant, dont la mission est de soutenir des projets liés à la prévention et au traitement du cancer.

Son souhait le plus cher? Démontrer scientifiquement que l’activité physique devrait faire partie intégrante des plans de traitement en oncologie. Avec comme objectif de financer une étude sur le sujet, le philanthrope a communiqué avec La Fondation de l’Université de Sherbrooke, qui a immédiatement pensé aux travaux de la professeure Riesco et du DPavic.

L’Université de Sherbrooke et la Fondation, c’est comme une famille. J’ai consacré beaucoup de temps à amasser ces fonds-là, et c’est important pour moi, les comités organisateurs, les bénévoles et les participants que ces dons soient utilisés dans le respect de l’effort que nous y avons mis.

Sylvain Poissant, donateur

Don de 150 000 $

En tout, Sylvain Poissant versera 150 000 $ au groupe de recherche interdisciplinaire, qui jumelle l’expertise de chercheuses et de chercheurs en kinésiologie, en oncologie, en imagerie et en immunologie.

L’étude testera, sur de réels patients, deux manières de faire de l’exercice aérobie, soit l’entraînement par intervalles et l’entraînement continu d’intensité modérée.
L’étude testera, sur de réels patients, deux manières de faire de l’exercice aérobie, soit l’entraînement par intervalles et l’entraînement continu d’intensité modérée.
Photo : UdeS

D’une durée de deux ans, l’étude testera, sur de réels patients, deux manières de faire de l’exercice aérobie, soit l’entraînement par intervalles et l’entraînement continu d’intensité modérée. Les participants seront dotés de montres intelligentes et d’iPod qui mesureront divers marqueurs, dont la dépense énergétique, la fréquence cardiaque et la fatigue. Des mesures réalisées pendant et après l’exercice permettront aussi de fournir des pistes quant à l’effet potentiellement bénéfique de l’exercice aérobie sur la réponse immunitaire, un aspect fondamental dans la prise en charge d’un cancer. L’étude sera amorcée une fois l’approbation éthique obtenue.

Mon rêve ultime, c’est que la recherche permette de faire la démonstration que les prescriptions d’exercice dans un contexte de traitement contre le cancer devraient faire partie de la prise en charge.

Professeure-chercheuse Eléonor Riesco

Sous forme de preuve de concept, l’étude se veut une première étape vers l’optimisation de l’encadrement de l’activité physique dans un contexte de traitement. Les résultats seront compilés par Hugo Parent-Roberge et Adeline Fontvieille dans le cadre de leur thèse de doctorat.