Plateforme canadienne de données de la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP)

L’expertise de l’UdeS au service d’une plateforme facilitant l’accès aux données de santé pour la recherche au Canada

L'expertise de l'Université de Sherbrooke sera mise à contribution pour le déploiement de cette plateforme novatrice, notamment grâce au Groupe de recherche interdisciplinaire en informatique de la santé (GRIIS), qui jouera un rôle de premier plan en recherche et développement informatique.
L'expertise de l'Université de Sherbrooke sera mise à contribution pour le déploiement de cette plateforme novatrice, notamment grâce au Groupe de recherche interdisciplinaire en informatique de la santé (GRIIS), qui jouera un rôle de premier plan en recherche et développement informatique.

Photo : Michel Caron - UdeS

Les données de santé dont ont besoin les chercheurs canadiens en santé sont stockées dans une myriade d'organisations distribuées dans toutes les provinces et territoires. Les chercheurs savent difficilement où trouver ces données et comment y accéder : nous n’avons qu’à penser à tous ces hôpitaux, cliniques, centres de recherche, instituts et organismes qui fonctionnent tous différemment.

Des chercheurs de partout à travers le Canada, incluant l’Université de Sherbrooke, viennent de lancer officiellement les travaux qui mèneront au développement de la Plateforme canadienne de données de la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP). Cette plateforme facilitera l’accès aux données de santé pour la recherche à travers tout le Canada.

Les chercheurs auront accès efficacement et rapidement aux données de santé, et ce, de façon sécuritaire et éthique. Cette plateforme offrira ainsi un environnement où les chercheurs pourront travailler sur des questions qui transcendent les frontières provinciales ou territoriales.

De solides collaborations à l’échelle canadienne

Jean-François Ethier, clinicien-chercheur à la FMSS et au CRCHUS, et codirecteur scientifique du GRIIS, assumera la coordination technologique de la plateforme SRAP.
Jean-François Ethier, clinicien-chercheur à la FMSS et au CRCHUS, et codirecteur scientifique du GRIIS, assumera la coordination technologique de la plateforme SRAP.

Photo : Michel Caron - UdeS

À l’Université de Sherbrooke, Jean-François Ethier, clinicien-chercheur à la FMSS et au CRCHUS et codirecteur scientifique du Groupe de recherche interdisciplinaire en informatique de la santé (GRIIS), en compagnie du professeur Luc Lavoie du Département d’informatique, assumera la coordination technologique de cette plateforme novatrice. Le projet global est dirigé par Kim McGrail de l’Université de la Colombie-Britannique, en collaboration avec une équipe de chercheurs de partout au Canada.

Au Québec, dans le cadre de ce projet, notons le rôle de leaders que jouent l’INESSS et l'Unité de soutien à la stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) du Québec, dont le directeur scientifique est Alain Vanasse, clinicien-chercheur à la FMSS et au CRCHUS, et dont la composante Accès aux données est dirigée par Jean-François Ethier.

Il s’agit de la première fois que l'on s'attaque aux enjeux d’accès aux données de santé en recherche pour l’ensemble du Canada. Sans l’accès à ces données et sans la capacité de les analyser à grande échelle, il serait difficile, voire impossible, de réaliser des études de santé au sein desquelles les patients jouent des rôles actifs et centraux.

« La finalité de la stratégie de recherche axée sur les patients est guidée par les patients eux-mêmes. Ce sont des projets de recherche qui ont des impacts plus directs sur la santé des citoyens. Ces projets impliquent aussi davantage les citoyens, incluant les membres des Premières Nations. Cette stratégie aide donc à choisir des approches de recherche qui sont plus en phase avec la société », dit Jean-François Ethier.

L’expertise de l’UdeS au service de la plateforme canadienne

Grâce à ce financement, les équipes québécoises et sherbrookoises auront accès rapidement aux technologies développées dans le cadre du projet. Elles pourront aussi réseauter avec fluidité avec les équipes à travers le pays.

« Avec cette plateforme, il sera plus facile d’accéder à la richesse des données de santé en Estrie, où nous avons depuis un bon moment déjà des soins qui sont intégrés régionalement. D’autres collègues de l’Université de Sherbrooke pourront contribuer significativement dans les domaines de l’exploration de données et du transfert de connaissances, pour que les soins et le système de santé intègrent continuellement les nouvelles connaissances scientifiques », dit Jean-François Ethier.

Du point de vue des TI, le GRIIS jouera un rôle de premier plan en recherche et développement informatique. « De manière générale, les données de santé sont entreposées dans des dépôts centralisés. Au Canada, les données de santé ne peuvent souvent pas sortir des provinces ou des territoires, pour des raisons législatives, politiques et socioculturelles. Il est donc possible d’accéder à des données à l’échelle canadienne seulement si on laisse ces données là où elles sont. Le GRIIS s’appuie sur l’approche des systèmes de santé apprenants, laquelle tire parti de systèmes informatiques distribués. Autrement dit, pour analyser des données, notre approche n’a pas besoin de copier toutes les données de tous les citoyens et de centraliser celles-ci en un endroit unique », dit Jean-François Ethier.

La Plateforme canadienne de données de la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) est le fruit d’un investissement de 81,35 millions de dollars sur sept ans, auquel ont contribué plusieurs partenaires. Cette plateforme a vu le jour grâce à la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP), une série de partenariats de financement entre les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), des provinces et des territoires, des organismes philanthropiques, des établissements d’enseignement et des organismes de bienfaisance dans le domaine de la santé. La SRAP cherche à fournir les données probantes nécessaires pour guider l’élaboration de politiques en matière de santé et pour améliorer le système de soins de santé.

Le consortium de la plateforme canadienne a ainsi retenu l’architecture de la Plateforme apprenante en soutien aux systèmes de santé et services sociaux (PASS) que développe l’équipe du GRIIS. Le GRIIS se distingue aussi par le fait qu’il regroupe des expertises cliniques, informatiques, philosophiques, éthiques et juridiques. Cela lui permet de valider l'impact de son approche de manière interdisciplinaire.

Un positionnement stratégique pour l’intelligence artificielle en santé

Les difficultés d'accès aux données limitent grandement les avancées de l'intelligence artificielle (IA) en santé. Le GRIIS contribuera à la valorisation des données de santé en IA, notamment parce qu’il mise sur l’approche des systèmes de santé apprenants.

« En IA, il est nécessaire de savoir tirer avantage de systèmes informatiques distribués. C’est pour cela qu’on “bouge” les réseaux de neurones plutôt que les données. L’architecture PASS est en phase avec cette méthode. De plus, les quantités de données nécessaires pour l'IA sont énormes. Par contre, l'utilisation de données qui sont déjà annotées avec des connaissances permet de diminuer la quantité de données nécessaires pour entrainer les réseaux de neurones. Le GRIIS travaille au cœur de cette méthode. PASS produit des données annotées en employant des modèles ontologiques, qui sont comme des lexiques. Le GRIIS et l'Université de Sherbrooke sont donc des partenaires de choix pour l'IA en santé », conclut Jean-François Ethier.