Bilan des nouvelles mesures d’efficacité énergétique à l’Université de Sherbrooke

Denyse Rémillard, vice-rectrice à l'administration et au développement durable, en compagnie de Claude Handfield, directeur de la division ingénierie au Service des immeubles et René Alarie, directeur général des opérations au Service des immeubles.
Denyse Rémillard, vice-rectrice à l'administration et au développement durable, en compagnie de Claude Handfield, directeur de la division ingénierie au Service des immeubles et René Alarie, directeur général des opérations au Service des immeubles.
Photo : UdeS - Michel Caron

L'Université de Sherbrooke a grandement amélioré l'efficacité énergétique de ses bâtiments de recherche depuis une quinzaine d’années, contribuant ainsi à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et des coûts reliés à la consommation énergétique. L’aide des gouvernements fédéral et provincial de 4,8 M$ a permis l’installation de plusieurs équipements et la modernisation de la salle de régie de la centrale d’énergie par l’ajout de technologies numériques. Ces projets d’efficacité énergétique génèrent des économies de plus de 150 000 $ par an et évitent la production de près de 800 tonnes de CO2 par an, ce qui correspond à l’élimination des émissions de GES de quelque 196 voitures annuellement. Un premier bilan des mesures d’efficacité énergétique permet d’illustrer la pertinence des sommes consacrées à ce chantier.

Contexte

Marie-Claude Bibeau, ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire et députée de Compton-Stanstead, a profité de son passage à l'UdeS pour visiter la centrale d'énergie et constater la pertinence des sommes consacrées pour la modernisation des installations.
Marie-Claude Bibeau, ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire et députée de Compton-Stanstead, a profité de son passage à l'UdeS pour visiter la centrale d'énergie et constater la pertinence des sommes consacrées pour la modernisation des installations.

Photo : UdeS - Michel Caron

Les investissements ont été rendus possibles grâce à une aide des gouvernements du Canada et du Québec, en plus de contributions de l’Université et d’autres partenaires. Les fonds fédéraux sont octroyés par l'entremise du Fonds d'investissement stratégique pour les établissements postsecondaires, qui vise à permettre aux campus canadiens d'améliorer et de moderniser leurs installations de recherche et d'en rehausser la viabilité environnementale.

La contribution du gouvernement du Québec s'inscrit quant à elle dans le Plan québécois des infrastructures, qui prévoit des investissements dans tous les secteurs d'activité économiques, notamment l'enseignement supérieur.

Les sommes accordées à l'Université servaient également à la construction de deux parcs solaires, afin de dynamiser la production d'énergie renouvelable destinée aux bâtiments de recherche. Ces installations seront inaugurées plus tard ce printemps.

Une partie des fonds iront au Complexe de recherche en hydrologie, hydraulique et environnement, dont la construction débutera au cours de l’année.

Efficacité énergétique

En 2017-2018, par rapport à l'année 2002-2003 qui représente l’année où l’Université de Sherbrooke a déployé ses premiers projets en efficacité énergétique, l’intensité énergétique des bâtiments de ses trois campus a été réduite de 40,6 %, alors que les émissions de GES liées à la consommation énergétique ont été réduites de 55,9 % et que la consommation énergétique totale a été réduite de 7,9 %.

Ces performances s'inscrivent dans un contexte où l'Université a connu, pour la même période, un développement majeur en enseignement et en recherche avec une augmentation de 57,5 % de l'effectif étudiant (EETP) et de 55,1 % de la superficie des bâtiments des trois campus. Les projets réalisés ont engendré des économies d’énergie récurrentes annuelles aujourd’hui estimées à plus de 3,5 M$.

Tablant sur ces résultats remarquables, l’Université de Sherbrooke a adopté sa Stratégie de gestion de l’énergie et des gaz à effet de serre 2018-2022. Les actions mises de l’avant dans cette stratégie visent notamment :

  • La réduction de l’intensité énergétique à 1,00 GJ/m2 d’ici 2022, tout en optimisant le recours aux énergies renouvelables. À titre indicatif, l’intensité énergétique est passée de 1,89 GJ/m2 en 2002-2003 à 1,12 GJ/m2 en 2017-2018.
  • La maîtrise des émissions de GES et de la consommation énergétique en vue d’atteindre la neutralité carbone pour 2030.
  • Le déploiement de diverses innovations technologiques et sociales dans le domaine de l’énergie et de la lutte contre les changements climatiques.
  • La promotion de comportements favorisant les économies d’énergie et la lutte contre les changements climatiques auprès de la communauté universitaire.

Bilan DD et plan d’action

L’Université de Sherbrooke arrive au 1er rang des universités canadiennes en matière de développement durable, selon le classement UI Green Metric.

L’UdeS a publié l’an dernier un bilan en développement durable qui illustre quelque 40 ans de leadership en la matière.

Quelques éléments très éloquents de ce bilan :

  • L’Université de Sherbrooke constitue une référence québécoise en matière de formation appliquée en environnement et en développement durable. On compte ainsi 36 programmes de formation spécialisée et plus de 300 activités pédagogiques. Dans le cadre de leur formation, les étudiantes et les étudiants effectuent annuellement quelque 280 000 heures d’interventions dans la collectivité, soit 3 600 petits et grands mandats.
  • Sur le plan de la recherche, on recense plus de 110 professeurs actifs dans le domaine de l’environnement et du développement durable, ainsi que 26 regroupements reconnus. L’UdeS a des installations de recherche de premier plan, dont le plus grand parc solaire de toutes les universités canadiennes pour des travaux de recherche centrés sur la gestion de l’énergie et réalisés en partenariats avec les instances régionales et des entreprises manufacturières.
  • L’Université de Sherbrooke applique également les principes du développement durable à l’ensemble de ses activités. Ainsi, c’est à l’UdeS qu’a été institué le premier vice-rectorat en développement durable au Canada. Il est actuellement sous la responsabilité de la vice-rectrice à l’administration et au développement durable, la professeure Denyse Rémillard, afin que les principes de développement durable soient complètement intégrés aux décisions de gestion. Cette orientation a notamment permis le développement d’une expertise en matière de conception, construction et gestion immobilière.

De nombreuses politiques et réalisations audacieuses ont aussi été adoptées :

  • Adoption dès 2004 du premier programme universitaire de libre accès au transport en commun pour les étudiants, élargi cette année aux membres du personnel dans le cadre d’une ambitieuse stratégie de mobilité durable.
  • Adoption en 2009 d’une politique d’approvisionnement responsable.
  • Obtention de la désignation de campus équitable, une première pour une université canadienne francophone.
  • Réduction de 72 % de la consommation d’eau depuis 2000 sur son Campus principal.
  • Depuis l’adoption du protocole de Kyoto, et malgré une augmentation de son effectif étudiant de 63,7 %, l’UdeS a réduit les émissions de gaz à effet de serre liées à la consommation énergétique de ses bâtiments de 29,2 %.

Et c’est sans compter une panoplie d’initiatives étudiantes dans le domaine de l’environnement et de l’agriculture urbaine, notamment.

L’Université de Sherbrooke veut aller encore plus loin. Elle a lancé il y a quelques mois un nouveau plan en développement durable, en priorisant sept domaines d’intervention :

  1. Mobilité durable
  2. Aménagement des espaces verts
  3. Gestion des matières résiduelles
  4. Campus équitable et nourricier
  5. Investissement responsable
  6. Approvisionnement responsable
  7. Gestion de l’énergie et des gaz à effet de serre

Ces sept stratégies sont le fruit d’une année de travail ayant mobilisé près de 100 acteurs de l’écosystème de l’UdeS. Elles comportent plus de 350 actions à mettre en œuvre dans les prochaines années.