Le CGIUS construit un centre de formation communautaire au Ghana

Des pintades pondeuses pour sortir de la pauvreté

Le GCIUS à Tamale au Ghana
Le GCIUS à Tamale au Ghana
Photo : GCIUS

Six futurs ingénieurs et une étudiante en science politique (profil relations internationales) du Groupe de collaboration internationale de l’Université de Sherbrooke (GCIUS) jetteront les bases d’un centre de formation communautaire au Ghana en Afrique occidentale. Sur une période de 15 semaines, le GCIUS construira une telle infrastructure en périphérie de Tamale située dans le nord du Ghana. En collaboration avec l’organisme local Tibzaa qui œuvre au niveau de la chaîne d’approvisionnement agricole, le centre communautaire servira de lieu de formation axée sur la pratique pour améliorer l’élevage de pintades pondeuses et développer les activités économiques associées.

Les formations offertes par Tibzaa visent l'amélioration des pratiques pour élever des pintades pondeuses en milieu rural dont l’introduction à l’élevage de pintades (gestion des œufs, incubation, santé,  nourriture), les types d’habitations et les méthodes de construction possibles ainsi que l’archivage des données en lien avec la production. « Tout au long du projet, le GCIUS assurera l’ensemble de la gestion des matériaux et de la main-d’œuvre. De plus, nous participons activement à l’intégration du projet en sensibilisant la communauté locale sur l’importance du développement durable et le rôle que peuvent jouer les jeunes et les femmes », soutient Jordan Laroche, étudiant en génie électrique et membre du GCIUS. À cet égard, la chair de pintade et les œufs, nutritifs et faibles en matière grasse, représentent une activité lucrative pour les petits agriculteurs qui désirent s'engager dans une forme d'élevage nécessitant très peu d'entretien. Ce nouveau secteur d’activités économiques est en plein essor et génère de nombreux emplois dans ce pays africain en développement.

Une meilleure production de volailles

La région où se trouve Tamale occupe une grande superficie et est l’une des plus pauvres. L’agriculture de subsistance et l’élevage de volaille constituent l’activité économique prédominante. Cependant, les techniques utilisées par les habitants ne sont généralement pas les plus efficaces ni les plus sécuritaires. Tibzaa souhaite donc combler ce manque en inculquant de meilleures méthodes de soin aux pintades afin de maximiser leur chance de survie et ainsi réduire la pauvreté de la région par une meilleure production de volailles.

« Les méthodes d'incubation et les techniques telles que la protection sous abri des pintadeaux afin de les protéger contre les oiseaux prédateurs ont augmenté le taux de productivité de plus de 500 % », explique Anne-Florence Poulin, étudiante en génie chimique, ce qui constitue une véritable révolution dans l’élevage de pintades à petite échelle où le succès de l’entreprise dépend de leur taux de survie. Les cours proposent un modèle durable et couvrent non seulement les meilleures pratiques quant aux techniques agricoles à adopter, mais également les étapes à franchir pour permettre aux participants de démarrer des microentreprises florissantes. Depuis sa création en 2011, Tibzaa a formé plus de 1450 agriculteurs, ce qui n'est pas rien dans cette région du monde.

L’infrastructure en elle-même est nécessaire pour garantir des frais de formation peu élevés en évitant de louer des locaux. De plus, le bâtiment doit être à proximité des poulaillers de Tibzaa, puisque chacune des leçons se clôt par une partie plus appliquée. Ces nouveaux espaces de formation permettront également de garantir la qualité de l’enseignement prodigué, car actuellement il se donne sous un abri rudimentaire, et il doit régulièrement être interrompu en raison des conditions météorologiques durant la saison des pluies. « Il est prévu que plusieurs milliers d’habitants de la région puissent bénéficier de cette formation d’ici deux ans », ajoute Julina Caron, étudiante au baccalauréat en génie civil. Les nouveaux locaux permettront de former six fois plus de gens.

Vision et valeurs

Le GCIUS partage la même vision et les mêmes valeurs que Tibzaa quant au développement durable, à la formation des femmes et des jeunes ainsi qu’au soutien apporté directement aux populations les plus vulnérables. Les personnes qui profiteront de cette nouvelle infrastructure seront mieux outillées pour assurer leur autonomie financière. « Nous bénéficierons également de l’opportunité d’échanger nos connaissances avec les étudiantes et étudiants de la Tamale Technical University qui reçoivent une formation dans le domaine de la construction au niveau universitaire sans participer à des projets concrets comme le nôtre. Cette expérience professionnelle représente une opportunité pour eux de se faire valoir et pour nous de leur transmettre notre savoir », souligne fièrement Albert Bourassa, étudiant en génie informatique. Plus concrètement, les étudiants ghanéens prendront les mesures pour agencer les fondations et le nivellement des murs en plus de faire les calculs pour valider le nombre de colonnes nécessaires. Ils pourront également s’engager pour le travail plus manuel que requiert un tel chantier. Soulignons la présence sur le terrain de la professeure Nathalie Roy du Département de génie civil et de génie du bâtiment de l'UdeS qui exerce un rôle de mentorat auprès du GCIUS.

À propos du GCIUS

Le GCIUS véhicule des valeurs comme l’équité sociale, le développement durable, la justice et le partage de technologies appropriées. Le groupe encourage l’initiative et l’implication des ingénieurs canadiens à l’international. Il favorise également l’implication de la population locale dans les travaux afin de faciliter les échanges technologiques et de mettre en valeur le développement durable tout en respectant les différences culturelles.