Comportement politique 2.0

Quelles sont nos nouvelles habitudes politiques?

La professeure de l'École de politique appliquée Catherine Côté pilote le projet de recherche « Comportement politique 2.0 ».
La professeure de l'École de politique appliquée Catherine Côté pilote le projet de recherche « Comportement politique 2.0 ».
Photo : UdeS - Michel Caron

Alors que les discours populistes trouvent de nouveaux publics chez nos voisins, les Québécois sont-ils interpellés par ce type d’appels? À quels éléments précis de discours les jeunes sont-ils réceptifs? Qu’est-ce qui motive l’engagement politique?

Dans le cadre du projet de recherche « Comportement politique 2.0 », la professeure Catherine Côté de l’École de politique appliquée de l’UdeS cherche à ouvrir une nouvelle fenêtre sur les sensibilités politiques des Québécois, et en particulier celles des jeunes. « L’étude que nous effectuons présentement vise à identifier quels éléments du discours touchent les cordes sensibles et mobilisent davantage les citoyens. Pour ce faire, nous allons utiliser la plateforme Web ReaQtor, développée par des étudiants de l’UdeS, qui analysera en temps réel la réception des discours politiques », explique d’entrée de jeu la professeure Côté, responsable du projet de recherche.

Analyser les événements politiques en temps réel

La plateforme ReaQtor permet d’enregistrer le moment précis où les utilisateurs actionnent des boutons « J’aime » ou « Je n’aime pas ».  Ces données, collectées sur une base anonyme, sont ensuite associées aux contenus découpés du discours.

ReaQtor a été utilisé dans une salle comble lors du Débat Sherbrooke 2018 qui se tenait au Centre culturel de l'UdeS dans le cadre des dernières élections provinciales.
ReaQtor a été utilisé dans une salle comble lors du Débat Sherbrooke 2018 qui se tenait au Centre culturel de l'UdeS dans le cadre des dernières élections provinciales.
Photo : André Vuillemin - La Tribune

C’est dans le cadre d’événements militants et de débats politiques que le public sera invité à se connecter en ligne à la plateforme ReaQtor pour répondre à un court sondage sur ses habitudes politiques et donner ensuite son appréciation spontanée des discours en temps réel.

Nous avons déployé ReaQtor lors des élections québécoises de 2018 et nous avons eu une belle réponse de l'auditoire : lors de chaque événement, nous avions de nombreux participants qui réagissaient en direct au courant de la soirée. Nous étions d’ailleurs au débat des candidats de la circonscription de Sherbrooke qui avait lieu au Centre culturel.

Catherine Côté, professeure en politique appliquée

Le prochain événement au calendrier sera le débat en français diffusé à Radio-Canada le 10 octobre. « Les citoyens pourront utiliser la plateforme Web à partir de chez eux ou de n’importe quel endroit. C’est facile de participer, il suffit d’obtenir le code d’accès sur la page Facebook du projet Comportement politique 2.0 pour l’événement ciblé et de se connecter », mentionne Zoïc Jolin-Couture, assistant de recherche à l’École de politique appliquée.

« Une fois les données collectées et analysées, nous pourrons facilement dégager les extraits de discours qui ont interpellé les citoyens et sortir quelques tendances. Or, notre objectif n’est pas d'influencer la campagne électorale ou de modifier la façon dont les gens vont voter, mais plutôt de documenter les nouvelles habitudes politiques. D’ailleurs, nous allons également bonifier notre recherche en organisant des groupes de discussion avec les participants qui souhaiteront partager leurs préoccupations », ajoute la professeure Côté.

ReaQtor, une plateforme unique en son genre

La plateforme ReaQtor a été développée par des étudiants en informatique de l’Université de Sherbrooke, sous l’impulsion du professeur Jean-Herman Guay, de l’École de politique appliquée. Il s’agit d’une plateforme unique en son genre.

« Ce type de plateforme Web a déjà été utilisée ailleurs dans le monde, mais nous n’avons répertorié aucune plateforme de ce type au Québec, voire au Canada. Nous sommes très fiers d’avoir pu contribuer à ce projet de recherche de l’École de politique appliquée. Nous en sommes à généraliser notre plateforme pour être en mesure de l’utiliser dans divers autres contextes, ce qui nous distinguera encore plus de ce qui se fait sur le marché présentement », mentionne Maxime Blais, étudiant au Département d’informatique et membre de l’équipe de développeurs.

Pour l’Université de Sherbrooke, il s’agit d’un bel exemple de collaboration multifacultaire qui rejoint parfaitement la vision de faire de l’UdeS une institution qui s’engage avec ses communautés pour former des citoyennes et citoyens responsables qui changent le monde, et ce, tout en encourageant les étudiants à innover.