Chaire pour les femmes en sciences et en génie du CRSNG (Québec)

La science et le génie au féminin

En 2014-2015, l’Ordre des ingénieurs du Québec comptait 60 000 membres, dont seulement 13,7 % étaient des femmes. Selon le Bureau de coopération interuniversitaire, la représentation féminine dans certains baccalauréats en sciences et technologie au Québec, en 2013-2014, oscille entre 10 % et 50 % (en excluant la biologie), avec par exemple 12 % en informatique et 11 % en génie mécanique. Accroître la participation féminine en sciences et génie est donc un enjeu actuel et actif.

Augmenter le nombre d’étudiantes et de femmes en sciences et en génie et leur proposer des modèles féminins travaillant dans ces domaines, du milieu scolaire jusqu’au milieu professionnel; tels sont les objectifs principaux de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie du CRSNG (Québec). C’est sous la direction de la professeure Eve Langelier, du Département de génie mécanique de la Faculté de génie, que les activités prendront forme pour la période 2015-2020. Plus spécifiquement, il s’agira de démystifier les sciences et le génie, de soutenir les enseignantes et enseignants du primaire et du secondaire, de faire connaître la portée sociale des carrières en sciences et génie, de contrer les stéréotypes de genre, d’outiller les femmes et de sensibiliser leurs milieux professionnels.

Avec l’aide des partenaires fondateurs, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), la Faculté de génie et l’Université de Sherbrooke, ainsi que ses partenaires financiers – La Fondation de l’Université de Sherbrooke, le FRQ-NT, GE Aviation Bromont, Les Aéroports de Montréal, Telus Québec et Varitron Granby –, la Chaire s’anime déjà de projets bien ciblés. Au total, l’investissement est de près de 196 500 $ par année sur 5 ans, soit un total de presque 1 M$.

Diversité des perspectives

Eve Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en science et en génie, pose en compagnie de Patrik Doucet, doyen de la Faculté de génie, de Julie Maltais, représentante du CA de la Fondation de l'Université de Sherbrooke, ainsi que de Serge Villemure, de la direction des subventions de recherche et bourses du CRSNG.
Eve Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en science et en génie, pose en compagnie de Patrik Doucet, doyen de la Faculté de génie, de Julie Maltais, représentante du CA de la Fondation de l'Université de Sherbrooke, ainsi que de Serge Villemure, de la direction des subventions de recherche et bourses du CRSNG.

Photo : Michel Caron, UdeS

Une meilleure intégration des femmes en sciences et génie est porteuse d'avantages réels pour la dynamique sociale : «Des recherches démontrent que les entreprises qui affichent une proportion élevée de femmes parmi leurs cadres supérieurs présentent de meilleurs résultats en matière de rendement et de qualité, précise la titulaire. Une meilleure complémentarité et un équilibre des genres en milieu de travail en sciences et génie favorisent notamment la créativité organisationnelle et offrent une voix aux femmes face aux grands défis sociaux, économiques, technologiques et environnementaux.»

Pour contrer la sous-représentation féminine

Afin de faire face au défi de la sous-représentation des femmes dans les domaines des sciences et du génie, le CRSNG a lancé en 1996 le programme de Chaires pour les femmes en sciences et en génie. « Le CRSNG contribue à établir et à préserver une solide culture de découverte et d’innovation en sciences naturelles et en génie. Pour ce faire, il se doit de favoriser la diversité et d’assurer une égalité des chances entre les personnes de différents sexes et genres et de différentes cultures. La diversité éclaire et renforce l’écosystème des sciences, de la technologie et de l’innovation en multipliant les points de vue », cite monsieur B. Mario Pinto, président du CRSNG.

« Les objectifs visés par la Chaire sont directement reliés à des objectifs identifiés par l’UdeS et la Faculté de génie, notamment quand on parle de mettre en œuvre des programmes de sensibilisation aux ouvertures du marché du travail ou des mesures favorisant l’intégration et la rétention des étudiantes dans les secteurs où les femmes sont le plus fortement sous-représentées », appuie le doyen de la Faculté de génie, le professeur Patrik Doucet.

Activités à l’ordre du jour

Après une année d’activités, la Chaire a déjà plusieurs projets à son actif : présence dans les médias sociaux, conférences, participation au programme EPICS, appui à l’activité Les filles et les sciences, un duo électrisant!, deux séries vidéo, une campagne de sensibilisation et de la recherche en continu en lien avec le sujet.

Une trousse didactique... de génie

Les membres de l'équipe ayant travaillé à l'élaboration de la trousse didactique Safari-photo au Labo-Sphère.
Les membres de l'équipe ayant travaillé à l'élaboration de la trousse didactique Safari-photo au Labo-Sphère.

Photo : Michel Caron, UdeS

La titulaire et ses collègues ont profité du lancement de la Chaire pour dévoiler sa première grande réalisation : un outil didactique centré sur l'apprentissage de la technologie à l'intention des élèves de 6e année du primaire, conçu en étroite collaboration avec des didacticiens de la Faculté d'éducation de l'UdeS.

« Nombre de filles attirées par des carrières scientifiques se dirigent plus volontiers vers les disciplines liées à la vie et à la santé, précise Eve Langelier. Nous voulions créer un outil qui ferait abstraction des conditionnements socioculturels à l'origine de ces différences, et qui donne à tous, filles et garçons, le goût de découvrir le travail stimulant qu'accomplissent les ingénieures et ingénieurs. »

Technologie, didactique et littérature

Question de rendre l'expérience encore plus attrayante pour les élèves, la trame narrative de la trousse a été confiée à l'auteur et illustrateur jeunesse Alessandro Cassa, pour qui il s'agissait d'une première expérience de création dans un cadre pédagogique et didactique. « Le niveau de professionnalisme qui a entouré ce projet est époustouflant, déclare l'auteur. J'ai désormais une admiration sans bornes pour le travail des didacticiens, notamment, qui m'a ouvert sur une toute nouvelle compréhension de l'apprentissage. Je pense que tout le monde sera conquis, à commencer par les élèves. »

Compte tenu des défis entourant la création d'un tel outil, la titulaire de la Chaire a confié à deux didacticiens de la Faculté d'éducation de l'UdeS le soin d'ancrer sa conception dans les connaissances les plus avancées en enseignement de la technologie, mais aussi du français. « La trousse n'aurait pas atteint ce degré de perfectionnement sans la contribution de la professeure Fatima Bousadra, didacticienne des sciences, ajoute-t-elle. De plus, le texte est riche en information à propos des types de génie et des qualités et compétences utiles pour les ingénieures, et il présente aussi des modèles féminins, le tout mis en relief avec l'aide d'un didacticien du français, le professeur Martin Lépine. »

Concrétisée avec l'appui du programme NovaScience, du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, et bientôt bonifiée grâce à l’appui du Secrétariat à la condition féminine, la trousse inclut les cahiers de l'élève, les guides de l'enseignant et un feuillet pour les parents. La trousse didactique pour l’enseignement de la technologie est disponible gratuitement pour téléchargement à compter d’aujourd’hui à l’adresse: http://cfsg.espaceweb.usherbrooke.ca/projets/trousse-pedagogique-safari-photo-au-labo-sphere-2/