Collaboration avec le Service de police de la Ville de Montréal

La Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées contribue au développement d’un nouveau modèle d’intervention

Marie Beaulieu, Ph. D. (sciences humaines appliquées), M.Sc et B.Sc. (criminologie), est professeure titulaire à l'École de travail social de l'Université de Sherbrooke et chercheure au Centre de recherche sur le vieillissement du CSSS-IUGS. Elle intervient au baccalauréat et à la maîtrise en service social ainsi qu'au doctorat en gérontologie à l'Université de Sherbrooke, en plus de former des praticiens en exercice et divers publics au Québec, au Canada et sur la scène internationale.
Marie Beaulieu, Ph. D. (sciences humaines appliquées), M.Sc et B.Sc. (criminologie), est professeure titulaire à l'École de travail social de l'Université de Sherbrooke et chercheure au Centre de recherche sur le vieillissement du CSSS-IUGS. Elle intervient au baccalauréat et à la maîtrise en service social ainsi qu'au doctorat en gérontologie à l'Université de Sherbrooke, en plus de former des praticiens en exercice et divers publics au Québec, au Canada et sur la scène internationale.

Photo : Fournie

L’ensemble des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) appliqueront dorénavant le modèle Intervention policière auprès des aînés maltraités (IPAM), qui s’appuie sur les résultats d’une importante recherche-action menée depuis 2013 par la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées de l’UdeS.

Les policiers seront ainsi mieux outillés pour prévenir, détecter et rapporter les cas de maltraitance, intervenir et assurer les suivis auprès des victimes, référer celles-ci aux ressources appropriées ou les accompagner à travers le processus judiciaire. Selon la nouvelle approche, les policiers traiteront tous les cas de maltraitance envers les personnes aînées, qu’ils soient de nature criminelle ou non. Grâce à la collaboration des intervenants du milieu, les victimes aînées seront prises en charge au sein du réseau public et communautaire, de la santé et des services sociaux.

« Le modèle IPAM est un vibrant exemple d’une alliance de recherche et de pratique soutenue par un programme de financement fédéral. Grâce à ce projet de recherche-action de trois ans, le modèle a été développé, implanté comme projet pilote et évalué pour produire, à la fin, un modèle de pratique policière pérenne pouvant être adapté à d’autres services policiers », a expliqué Marie Beaulieu, professeure à l’École de travail social et titulaire de la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées.

Une structure opérationnelle exportable

Depuis le mois de mai 2015, ce modèle s’implante progressivement au sein du SPVM. En moins d’un an, les bons coups se multiplient déjà sur le terrain. Comparativement aux pratiques d’autres corps policiers canadiens, ce modèle propose le développement d’une culture organisationnelle pour lutter contre la maltraitance envers les aînés dans l’ensemble du Service. Il ne requiert pas la mise sur pied d’une unité spécialisée. De plus, ce modèle pourrait s’appliquer à d’autres services de police ainsi qu’à d’autres problématiques sociales qui nécessitent la concertation des efforts de nombreux intervenants telles que la santé mentale et les violences intrafamiliales.

De la recherche à l’action sur le terrain

Le modèle IPAM découle de l’analyse de dix collectes de données, effectuées en 2013 et 2014, à l’égard des pratiques policières existantes qui avaient du succès (au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde) ainsi que des pratiques actuelles des policiers du SPVM et des besoins qu’ils identifiaient. L’équipe de recherche a analysé 160 articles scientifiques et ouvrages gouvernementaux. Elle a consulté 46 services de police, 32 partenaires et 807 policiers du SPVM.

En tenant compte des résultats de cette vaste étude, le SPVM a produit des outils tels que des capsules de formation, un mode de fonctionnement, une procédure d’intervention auprès des aînés ainsi qu’un aide-mémoire destiné aux patrouilleurs et aux intervenants pour détecter des cas de maltraitance et référer des ressources aux victimes.

Un financement de 700 000 $ du programme Nouveaux Horizons pour les aînés avait été octroyé à la Chaire pour ce projet de recherche-action pancanadien. Ce projet unique et novateur permet au SPVM de standardiser son modèle de pratique, en partenariat avec les intervenants des centres d’aide aux victimes d’actes criminels et des centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux ainsi qu’avec les travailleurs de milieu.

Source : Communiqué de la Ville de Montréal