Dévoilement des trois lauréats aux Prix de la meilleure thèse de doctorat

Pierre-Luc Chagnon, Christine Lévesque et Adolfo Agundez-Rodriguez
Pierre-Luc Chagnon, Christine Lévesque et Adolfo Agundez-Rodriguez
Photo : Archives (montage)

Contribuer à l’avancement des connaissances, faire reconnaître la valeur de la recherche dans les champs disciplinaires, démontrer les aptitudes à une carrière en recherche. C’est sur cette base que se sont distingués Adolfo Agundez-Rodriguez, Pierre-Luc Chagnon et Christine Lévesque, tous trois récipiendaires des Prix institutionnels de la meilleure thèse de doctorat 2015. Le vice-rectorat à la recherche, à l’innovation et à l’entrepreneuriat remet chaque année, depuis 2001, le prix de la meilleure thèse de doctorat dans les trois grands secteurs de la recherche, soit les sciences naturelles et le génie, les sciences de la santé ainsi que les lettres, sciences humaines et sociales. Les lauréats reçoivent un prix d’une valeur de 1500 $. Voici de brefs résumés des travaux des trois récipiendaires.

Éducation à la consommation et philosophie pour enfants

Adolfo Agundez-Rodriguez, lauréat dans le secteur des lettres, sciences humaines et sociales, a produit une thèse intitulée Élaboration d’un matériel didactique en éducation à la consommation au primaire selon l’approche de philosophie pour enfants. L’éducation à la consommation fait partie de l’éducation fondamentale dans les écoles primaires. Cette recherche répond à la problématique du manque de pistes et de matériel pour sa mise en œuvre dans les classes du Québec. Suivant la méthodologie de recherche de développement, son objectif est l’élaboration d’un matériel didactique selon les principes du programme de Philosophie pour enfants (PpE), consistant en un roman avec des contenus à propos de la consommation et un manuel d’accompagnement pour la mise en œuvre du matériel par le personnel enseignant. Les résultats de cette recherche montrent l’intérêt d’élaborer du matériel didactique à partir d’une méthodologie de recherche rigoureuse, ainsi que le potentiel d’intégrer la PpE dans la pratique d’une éducation de la consommation.

Quand plantes et champignons entrent en symbiose

Lauréat dans le secteur des sciences naturelles et du génie, Pierre-Luc Chagnon a soutenu une thèse sous le thème Déterminisme et stochasticité dans l’assemblage des communautés mycorhiziennes. Dans la nature, un très grand nombre de plantes interagissent avec les champignons pour vivre. Ainsi, les champignons colonisent les racines des plantes, leur délivrant du phosphore en échange de sucres issus de la photosynthèse. Cette symbiose fournit de nombreux services écosystémiques tels la production de biomasse végétale ou la protection des cultures contre les pathogènes, notamment. Cette thèse visait à éclairer les facteurs influençant l'établissement de symbioses mycorhiziennes en milieu naturel, à travers différentes approches. Les recherches ont montré que le nombre de partenaires qu'une plante ou un champignon est susceptible d'avoir n'est pas une propriété intrinsèque des espèces, mais plutôt le fruit de contingences locales comme l'abondance relative des espèces. Ces études montrent aussi que les espèces ayant des traits similaires vont aussi interagir avec des partenaires semblables, suggérant que les traits des espèces pourraient être plus largement utilisés à grande échelle pour prédire les interactions entre les espèces. En somme, les travaux issus de cette thèse permettront de mieux guider les futures études sur les réseaux écologiques.

Une piste pour traiter le cancer de la prostate

Christine Lévesque, lauréate dans le secteur des sciences de la santé, s’est distinguée avec sa thèse ayant pour titre Développement d’inhibiteurs pharmacologiques de PACE4 pour le traitement du cancer de la prostate. Le cancer de la prostate représente la troisième cause de mortalité par cancer chez les hommes au Canada. L’enzyme PACE4, un membre de la famille des proprotéines convertases, a précédemment été identifiée comme cible thérapeutique potentielle pour ce cancer. Les travaux de cette thèse avaient comme objectif principal de développer un inhibiteur pharmacologique de PACE4, en vue de son utilisation comme traitement pour cette pathologie. À travers les différentes étapes de ses recherches, la doctorante a pu identifier une molécule ciblant l’enzyme PACE4, puis a été en mesure ce mettre au point un composé plus stable et plus puissant. Ce composé optimisé a démontré être en mesure de freiner la progression des tumeurs. La somme de ces travaux valide la pertinence des inhibiteurs de PACE4 dans le contexte de thérapie du cancer de la prostate.