Réduire les risques de mortalité chez les patients plus âgés en état de choc

François Lamontagne cible une utilisation différente des vasopresseurs

L’étude clinique du Pr Lamontagne découle des recherches qu’il mène depuis plusieurs années sur les soins critiques et, en particulier, sur le rôle des vasopresseurs.
L’étude clinique du Pr Lamontagne découle des recherches qu’il mène depuis plusieurs années sur les soins critiques et, en particulier, sur le rôle des vasopresseurs.
Photo : CHUS

Chez un patient en état de choc, l’hypotension peut provoquer un apport d'oxygène insuffisant, une défaillance de ses organes et même la mort. Les résultats préliminaires de la recherche sur l’optimisation des vasopresseurs en hypotension (OVATION) suggèrent qu’il serait possible de réduire le taux de mortalité chez les personnes de 75 ans et plus hospitalisées aux soins intensifs. Comment? En faisant une gestion différente et concertée des vasopresseurs. Cette étude pilote, menée par François Lamontagne, médecin interniste intensiviste au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie – Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CIUSSS de l’Estrie – CHUS) et professeur‐chercheur au Centre de recherche du CHUS et à l’Université de Sherbrooke, a fait l’objet d’une publication et d’un commentaire dans la revue Intensive Care Med du mois d’avril 2016.

L’étude clinique du Pr Lamontagne découle des recherches qu’il mène depuis plusieurs années sur les soins critiques et sur le rôle des vasopresseurs, des médicaments administrés à des patients hospitalisés en soins intensifs dont le système cardiovasculaire défaillant ne permet plus la perfusion sanguine (transfusion) des organes vitaux.

« Les résultats de cette première phase offrent une opportunité aux cliniciens d’améliorer la survie et la qualité de vie des patients gravement malades dont les problèmes de santé occasionnent des baisses de pression dangereuses pour leur vie », rapporte le Pr Lamontagne. Ces résultats très prometteurs ne l’étonnent pas. Il rappelle que les lignes directrices touchant ces médicaments reposaient, par le passé, sur peu de données. Depuis, des progrès considérables ont été réalisés en soumettant les traitements usuels à des études rigoureuses.

La prochaine phase du projet de recherche du Pr Lamontagne devrait associer à sa recherche les données d’une étude réalisée en France sur le même sujet. Plus nous en saurons sur les effets des vasopresseurs, plus les patients et leur famille pourront participer aux décisions cliniques. L’équipe de recherche envisage aussi une collaboration avec des experts du Royaume‐Uni. « Nous pourrons ainsi améliorer la façon d’utiliser ces médicaments en identifiant le profil des patients qui sont susceptibles de mieux répondre aux vasopresseurs et réduire leur utilisation dans les autres groupes pour minimiser les risques et les complications. Une fois ces résultats disponibles, il sera facile de les appliquer cliniquement », soutient le Pr Lamontagne.

Méthodologie

Cette étude pilote multicentrique a été réalisée auprès de 118 patients dans 11 centres hospitaliers canadiens et américains. Ce projet a fait appel à la collaboration des médecins intensivistes, pharmaciens et infirmières des unités de soins intensifs de l’Hôpital Fleurimont et de l’Hôtel‐Dieu de Sherbrooke.

Des données statistiques

En 2015‐2016, plus de 4 100 patients ont été hospitalisés dans l’une ou l’autre des trois unités de soins intensifs de l’Hôpital Fleurimont et l’Hôtel‐Dieu de Sherbrooke. La moyenne d’âge des patients est de 62 ans. Les patients traités aux soins intensifs souffrent notamment de problèmes graves affectant le système circulatoire, nerveux ou respiratoire.