Colloque universitaire Multitudes Queer

Queer : transgresser les codes dominants

Marie-Dominique Duval et Catherine Dussault Frenette, co-organisatrices du Colloque Multitudes Queer.
Marie-Dominique Duval et Catherine Dussault Frenette, co-organisatrices du Colloque Multitudes Queer.
Photo : Michel Caron

Le 1er et 2 avril s'est tenu le Colloque universitaire Multitudes Queer à la salle du Tremplin, au centre-ville de Sherbrooke. Cet événement était gratuit et organisé par deux étudiantes et un étudiant de l’Université de Sherbrooke.

Tout d’abord, qu’est-ce que le « Queer »? Ce terme vient de la culture anglo-saxonne et était au départ utilisé péjorativement pour désigner une personne qu’on présumait non hétérosexuelle ou qui ne s’identifiait pas à son genre attribué à la naissance. Ce terme dépréciatif a par la suite été repris par des communautés pour devenir, avec le temps, positif. Au sens large, Queer renvoie à la non-hétérosexualité, à tout ce qui est hors-norme et qui transgresse les codes dominants. Il est difficile de définir avec justesse ce que Queer signifie, car sa spécification est constamment modifiée.

C’est après avoir assisté au Congrès international des recherches féministes dans la francophonie à Montréal, que Marie-Dominique Duval, chargée de cours et étudiante à la maîtrise en communication, Catherine Dussault Frenette, étudiante au doctorat en littérature et Guillaume Girard, aussi étudiant au doctorat en littérature ont décidé de se rencontrer et de mettre en place le Colloque Multitudes Queer.

Guillaume Girard, co-organisateur du Colloque Multitudes Queer.
Guillaume Girard, co-organisateur du Colloque Multitudes Queer.
Photo : Michel Caron

Pour dresser un bref portrait des organisateurs : Marie-Dominique s’intéresse à la vie de couples féminins à l’extérieur des grands centres urbains, Catherine étudie les représentations de la sexualité et la diversité sexuelle dans les romans de femmes (personnages hétéros, lesbiens, bisexuels), puis Guillaume se penche sur les subjectivités queer, plus précisément aux personnages queer dans l’œuvre de Marie-Claire Blais. Ce dernier s’intéresse à la façon dont les personnages interagissent avec les normes temporelles, spatiales, sexuelles et amoureuses.

Échelonné sur deux jours, le colloque a incarné un lieu de rencontre débordant d’informations. Des organismes œuvrant avec les minorités sexuelles ou faisant de la prévention, comme le GRIS Estrie et IRIS Estrie, étaient présents pour répondre à des questions. Tous furent accueillis dans la plus grande réceptivité et ouverture. La programmation a couvert un large éventail de sujets comme la temporalité et l’espace queer, la représentation visuelle queer, la sexualité et les normes, ainsi que la parentalité queer.

Plus d'une cinquantaine de personnes se sont déplacées pour y assister. Selon Marie-Dominique, « cela prouve que des gens avaient vraiment un besoin d’en connaître davantage sur le sujet. La communauté queer à Sherbrooke est beaucoup moins présente que celle à Montréal, d’où l’intérêt de faire cela ici, en Estrie, en dehors des grandes villes, poursuit-elle.  À Sherbrooke nous avons certes une communauté de diversité sexuelle, mais elle ne s’identifie pas nécessairement au Queer. Le colloque est intéressant pour ça, car il permet de connaître ce que représente vraiment le terme, et peut-être qu’ainsi, plusieurs personnes pourront s’y identifier, une fois plus informées. » Souvent, lorsqu’on parle de Queer, « les gens ont tendance à rester dans l’identité et la sexualité alors que c’est beaucoup plus large que cela, relate Guillaume. Ça concerne les genres, la façon dont on vit le temps, les espaces, comment on entrevoit le futur, etc. » Catherine ajoute qu’il est justement important de sortir des murs de l’Université pour démocratiser le savoir et aller plus loin que les réflexions théoriques universitaires.

Les organisateurs voient ce projet comme un point de départ pour repenser les choses autrement, pour mettre en doute les normes déjà établies. Ne serions-nous pas plus libres en étant tous un peu plus Queer?