Semaine nationale de l’éthique de la santé

Une perspective étudiante à l’éthique en recherche

Photo : Robert Dumont

L’étudiant Vincent Couture se dévoue à l’éthique en recherche. Non seulement ce doctorant de la Faculté de médecine et des sciences de la santé y consacre ses études, mais il siège maintenant au comité conjoint sur la conduite responsable en recherche des Fonds de recherche du Québec (FRQ). Ce comité permanent contribue notamment à soutenir la confiance du public dans la recherche.

« Pour le moment, je suis au tout début de ma participation au comité, souligne Vincent Couture. Je n’ai siégé qu’une seule fois, mais il s’agit d’un défi auquel j’ai bien hâte de me consacrer. C’est un grand honneur que de pouvoir participer à la promotion d’une recherche éthique et de qualité. »

Milieu éthique

La société s’attend à ce que la recherche réalisée dans les établissements universitaires soit accomplie dans un contexte d’intégrité absolue, c’est pourquoi l’Université de Sherbrooke n’a pas hésité à implanter en 1996 sa Politique sur l’intégrité en recherche et sur les conflits d’intérêts. L’institution offre ainsi à sa communauté de recherche – comptant quelque 5900 personnes – un milieu qui favorise une culture de conduite responsable et qui veille à un usage responsable et éthique des fonds publics.

Ces règles institutionnelles très strictes se montrent par ailleurs cohérentes avec la Politique sur la conduite responsable en recherche des FRQ, lancée à l’automne 2014. De là a été mis sur pied le comité conjoint sur la conduite responsable en recherche, qui vise entre autres à suivre la mise en œuvre de la Politique au sein des établissements et des FRQ, à prendre connaissance des rapports de manquements avérés à la conduite responsable, à examiner les allégations jugées recevables liées à des activités internes des FRQ et à formuler des recommandations. Le comité est essentiellement composé de membres indépendants, dont Vincent Couture fait partie, à titre de membre étudiant.

« J’avais envie de vivre de nouvelles expériences de travail et de donner un peu de mon temps bénévolement à notre communauté scientifique, souligne l’étudiant au doctorat en sciences cliniques (maintenant connu sous le nom de doctorat recherche en sciences de la santé). J’ai alors répondu à un appel de candidature qui circulait à l’Université. Ma formation et mon expérience interdisciplinaire en sciences sociales, en médecine et en bioéthique ont sûrement joué en ma faveur. Je suis bien content, ce nouveau mandat est en parfaite continuité avec mon parcours académique. »

Recherche éthique

En effet, Vincent Couture étudie la bioéthique, l’éthique et l’anthropologie médicale depuis un bon moment déjà : « J’ai commencé mes études universitaires en philosophie et assez tôt j’ai été attiré par le côté "pratique" de la philosophie et de la rencontre des savoirs. C’est ce qui m’a mené à la maîtrise en bioéthique, le champ interdisciplinaire qui considère les problèmes éthiques liés à la santé. Durant ma maîtrise, j’ai découvert l’anthropologie médicale et la procréation assistée. De fil en aiguille, j’ai rencontré ma directrice de thèse, la professeure Chantal Bouffard. En rejoignant son laboratoire de recherche transdisciplinaire sur les aspects médicaux, éthiques et sociaux de la génétique : prévention, diagnostic et reproduction, elle m’offrait la possibilité de créer un projet à la croisée de mes champs d'intérêt tant en matière d’anthropologie et de bioéthique que de médecine. »

En résumé, son sujet de doctorat aborde les « services reproductifs transfrontaliers », un phénomène qui réfère, par exemple, aux couples qui vont en Espagne pour recevoir un don d’ovules ou en Inde pour des services de grossesse pour autrui (GPA). Au Canada, on observe aussi ce type de services au plan du don de sperme, alors que la grande majorité des échantillons de sperme utilisés dans les cliniques de fertilité proviennent de l’extérieur du pays. La raison la plus souvent évoquée pour expliquer cette « sous-traitance reproductive » (ovules, spermes et GPA) est que, selon la loi canadienne, on ne peut pas rémunérer une tierce partie pour obtenir des services reproductifs.

« D’un point de vue éthique, affirme le jeune chercheur, cette situation pose un problème particulièrement difficile à résoudre. D’un côté, une loi restrictive sur la procréation assistée permet de protéger nos valeurs et de diminuer les dérives médicales. D’un autre côté, en étant trop restrictive, la loi canadienne déplace les risques et inconvénients de la procréation assistée en dehors des frontières canadiennes tout en augmentant la vulnérabilité des couples canadiens qui réalisent leur projet parental hors du pays. »

Sa réflexion éthique sera consignée dans une thèse qu’il envisage de déposer au printemps 2016.