Série de conférences organisées par des étudiants de l'UdeS

Démystifier les enjeux de l'accueil des réfugiés syriens

Conférence du lundi 7 mars 2016 par Hélène Mayrand, professeure adjointe à la Faculté de droit et spécialiste du droit de l’immigration et des réfugiés de l'Université de Sherbooke
Conférence du lundi 7 mars 2016 par Hélène Mayrand, professeure adjointe à la Faculté de droit et spécialiste du droit de l’immigration et des réfugiés de l'Université de Sherbooke
Photo : fournie

Dans le cadre d’une semaine de sensibilisation à l’arrivée des réfugiés syriens à Sherbrooke, une série de conférences données par des experts de l’UdeS est prévue cette semaine dans le but d’informer la population sur le sujet ainsi que pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants.

Cette initiative est le fruit de la collaboration de trois étudiants de l’Université de Sherbrooke. Milca Bibeau, Marie-Laurence Raby, toutes deux membres de l’Association des étudiants et étudiantes en histoire de l’Université de Sherbrooke (AGEEHUS), ainsi que Charles Coupal-Jetté, membre d’Amnistie internationale de l’UdeS, ont décidé de coopérer afin de mettre sur pied ce projet. Au départ, les deux groupes préparaient des activités semblables chacun de leur côté : « On a su qu’il y avait une autre association de l’Université qui œuvrait à l’élaboration d’un projet traitant des réfugiés syriens, raconte Milca Bibeau. Nous avons donc décidé de nous rencontrer et d’unir nos forces afin de rendre ça plus concret. » Plusieurs membres de la communauté universitaire n’ont pas hésité à donner leur appui aux deux associations étudiantes.

L’AGEEHUS s’est questionnée sur son rôle d’association étudiante. Les membres se sont donc donné comme mandat de s’impliquer davantage dans la communauté et surtout hors de l’Université. « C’est un certain devoir social après tout, relate Milca Bibeau, on voulait aussi faire connaître l’utilité de l’histoire dans la société. Beaucoup de gens ont une opinion sur l’immigration syrienne, mais au fond peu de gens connaissent réellement les faits et c’est grâce à ce genre de projet qu’on réussit à informer la population. » Selon Oxfam Québec, sur une population de 22 millions d’habitants, la Syrie compte plus de 4 millions de personnes qui sont enregistrées comme réfugiés et la moitié sont des enfants. Aussi, 7,6 millions d’habitants ont dû être déplacés à l’intérieur du pays.

Marie-Laurence Raby soutient que le but de cette semaine de sensibilisation est « de sortir du monde universitaire pour ramener la société autour d’une information qui est plus factuelle, c’est pourquoi les conférences sont aussi accessibles à la communauté, raconte-t-elle.  Le choix des spécialistes s’est fait en fonction de leurs différents domaines d’expertises dans l’optique d’offrir une grande variété et de couvrir divers enjeux, tous reliés à l’immigration syrienne.»

Milca Bibeau, Charles Coupal-Jetté et Marie-Laurence Raby sont les étudiants de l'UdeS derrière la semaine de sensibilisation pour l'accueil des réfugiés syriens
Milca Bibeau, Charles Coupal-Jetté et Marie-Laurence Raby sont les étudiants de l'UdeS derrière la semaine de sensibilisation pour l'accueil des réfugiés syriens
Photo : Michel Caron - UdeS

De son côté, Charles Coupal-Jetté et ses collègues du groupe d’Amnistie internationale de l’UdeS s’intéressent particulièrement aux droits humains. Eux aussi, ils ont senti le besoin de remettre les pendules à l’heure concernant tout ce qui a trait aux réfugiés syriens. « C’est probablement le sujet en rapport aux droits humains qui est le plus débattu sur la place publique actuellement. C’est important de permettre à tous de se renseigner facilement, poursuit-il. Dans les médias, on reçoit beaucoup d’informations et il est parfois difficile de se démêler. » Évidemment, étant informés sur le sujet, ces étudiants sont au fait que les Syriens souffrent et vivent dans de terribles conditions. Plus de 12 millions d’habitants ont besoin d’aide humanitaire, ce qui représente plus que la moitié de la population syrienne, selon Oxfam Québec.  Comme le Canada est un pays qui est loin de la situation, nous avons peut-être moins tendance à nous rendre compte à quel point c’est urgent; c’est pourquoi cette semaine de sensibilisation est d’autant plus importante.

Plusieurs spécialisations au rendez-vous

Lundi soir dernier, Hélène Mayrand, professeure adjointe à la Faculté de droit et spécialiste du droit de l’immigration et des réfugiés présentait « Qu’est-ce qu’un réfugié selon le droit canadien ? » Selon les organisateurs, plusieurs nouveaux visages étaient présents, et déjà ils peuvent affirmer que la série d’événements aura plus d’ampleur que prévu.

Ce mercredi, dès 18 h, Sami Aoun, professeur titulaire à l’École de politique appliquée, spécialiste de la politique, des enjeux et des conflits du Moyen-Orient présente sa conférence « Pourquoi quitter la Syrie ? » Par la suite, Michèle Vatz-Laaroussi, professeure à l’École de travail social, spécialiste en psychologie interculturelle et en intégration des immigrants et réfugiés présentera « Le parcours des réfugiés ne s’arrête pas à leur arrivée au Québec…». La clôture de cette semaine de sensibilisation se fera le vendredi 11 mars prochain dès 18 h, avec la conférence « L’immigration canadienne et la participation québécoise à l’accueil des réfugiés à travers l’histoire » d’Harold Bérubé, professeur au Département d’Histoire, spécialiste de l’Histoire urbaine et culturelle nord-américaine et canadienne. Puis, le spectacle « Sherbrooke souhaite la bienvenue aux réfugiés syriens » organisé grâce à la collaboration de l’Alliance de la fonction publique du Canada terminera la soirée.

Les conférences sont gratuites et sont présentées à la salle du Tremplin au centre-ville de Sherbrooke. Des boissons sont vendues sur place et les profits sont remis au Service d’aide aux Néo-Canadiens de Sherbrooke qui œuvre dans le but d’aider les immigrants.