L’exposition Sculptures récentes de Gilles Mihalcean

Invention, humour et ambiguïté

Gilles Mihalcean présente l'exposition Sculptures récentes jusqu'au 10 avril 2016 à la Galerie d'art du Centre culturel.
Gilles Mihalcean présente l'exposition Sculptures récentes jusqu'au 10 avril 2016 à la Galerie d'art du Centre culturel.
Photo : UdeS - Michel Caron

Gilles Mihalcean est un sculpteur réputé qui explore la matière, sa séduction, ses ambiguïtés, sa force et ses subtilités. Il mise sur la capacité des matériaux et des objets à générer des images inattendues pour faire surgir de ses assemblages des paysages ouverts où chacun peut installer son propre paysage. Cela s’observe dans les sculptures qu’il présente à la Galerie d’art du Centre culturel de l’UdeS jusqu’au 10 avril.

La sculpture jamais terminée

L’exposition Sculptures récentes constitue un assemblage de sculptures anciennes et nouvelles, non pas présentées à la manière d'une rétrospective mais plutôt comme un prétexte pour traiter de l'actualité de l'œuvre d'art.

«Récemment, mes sculptures placées en entrepôt ont dû être relogées dans mon atelier, explique l’artiste. Ces sculptures que je conserve, certaines depuis plus de quarante ans, et que j’avais presque oubliées ont eu sur moi l’effet d’une véritable révélation. J’ai compris que le temps avait peu de prise sur les œuvres, puisque celles-là, après toutes ces années d’absence, apparaissaient être encore de mon actualité, comme si je venais tout juste de les produire, comme si leur sens premier et profond depuis le début de mes gestes sculpteurs était demeuré le même.»

Par exemple, l’œuvre Objet, datée de 1973, donne la mesure de la méthode de l’artiste, basée sur l’assemblage libre pendant des décennies avant de trouver leur juste place. Cette création a toujours une force d'actualité tant sur le plan plastique que sur celui de sa représentation. Le temps constitue l’outil de sculpture par excellence de Mihalcean. Ses œuvres se montrent actuelles et intemporelles. L'objet d'art aime vieillir, il se joue du temps, là réside sa poésie et sa spiritualité confie l’artiste.

«Je n’arrive pas à me satisfaire de mes sculptures; elles me préoccupent et demeurent à mes yeux suspendues à ce qu’elles pourraient être, révèle-t-il. Seule l’inattention bien généreuse dont peuvent faire preuve les institutions muséales et les collectionneurs arrive à mettre un terme à l’intervention du sculpteur, en installant la sculpture dans une position stable d’expériences et de croyance.»

Depuis les années 1980, l’artiste créé des sculptures poétiques construites comme des récits fragmentés. Il fait allusion à des tas d’histoire, des bribes de récit qui nous donnent des pistes pour se faire une histoire, pour inventer la sculpture. L’assemblage libre d’objets fabriqués et d’objets trouvés possède ses avantages : l’artiste multiplie les matériaux et les textures, choisit l’échelle appropriée, associe ce qui apparaît le plus dissemblable, dissocie l’objet de son matériau habituel, tout cela pour provoquer une déstabilisation des habitudes visuelles et permettre l’allongement des sens et des interprétations.

Artiste accompli

Depuis 1971, Mihalcean a reçu de nombreux prix et bourses, dont la bourse Jean-Paul-Riopelle (2005) et le prix Paul-Émile-Borduas (2011), la plus importante distinction accordée à un artiste par le gouvernement du Québec. Les œuvres de Gilles Mihalcean font partie de multiples collections publiques dont la collection d’œuvres d’art de l’Université de Sherbrooke.