Nouvelle publication | Dionne Brand, traduit par Nicole Côté

Ossuaires, un recueil de poésie de Dionne Brand, traduit par Nicole Côté

Dionne Brand (traduction de Nicole Côté), Ossuaires, Montréal, Éditions Triptyque, 2016, 148 p.
Dionne Brand (traduction de Nicole Côté), Ossuaires, Montréal, Éditions Triptyque, 2016, 148 p.

L’œuvre de Dionne Brand a toujours été « un creuset de lyrisme incantatoire et de cinglante critique sociale » (Barbara Carey). Couvrant à la fois l’intime et le collectif, Ossuaires opère un désancrage des mots : délestés de leur contexte immédiat, bardés d’images contradictoires, ils font perdre pied au lecteur. Bien que le constat soit résolument noir, des espoirs demeurent : dresser une généalogie de créateurs et d’activistes qui ont lutté contre la répression, et répertorier les multiples aspects de la fragile beauté du monde.

je vivais dans d'éternels villages, je vivais comme une poupée
dépenaillée avec un bec, une cloche, une bouche rouge.
je me disais : c'est ainsi que les gens vivent, je vivais.

je passais des nuits d'adjectifs inanimés,
des nuits de schiste, nuits caillouteuses, nuits de pierre,
des nuits ignées, de ces nuits, l'absence de parole

je me rappelle les côtes droites de la lune allumée,
la hanche gauche de la lune allumée,
quel est votre nom, me demandaient-ils, je ne répondais rien

À propos de l'auteure et de la traductrice

Dionne Brand, née à Trinité-et-Tobago et émigrée au Canada, est d’abord poète, mais aussi romancière, essayiste, cinéaste, professeure et activiste. Elle explore des thèmes tels que le genre, la sexualité, le féminisme, le racisme, « l’hypocrisie morale du Canada ». Elle est une auteure engagée qui ne sacrifie en rien toutefois le travail sur la langue. Son oeuvre a été couronnée de nombreux prix : le prix du Gouverneur général, le prix Pat Lowther, le Trillium, le Prix du festival Harbourfront, et le prix Griffin de poésie pour le recueil Ossuaries. Elle a également été poète lauréate de la Ville de Toronto (2009-2012).

Nicole Côté est traductrice et professeure à l’Université de Sherbrooke. On lui doit entre autres la traduction du recueil de poésie Les petites fleurs de Madame de Montespan de Jane Urquhart (Triptyque, 2000) et du roman What we all long for (Le désir de la ville, L’instant même, 2011), de Dionne Brand.