Violon d'Ingres

Les talents cachés de notre personnel

« Avoir un violon d'Ingres, c'est comme avoir deux vies : une carrière professionnelle et une vie artistique, par exemple », explique Suzanne Pressé, coordonnatrice des expositions à la Galerie d'art du Centre culturel. À l'Université de Sherbrooke, plusieurs membres du personnel pratiquent une forme d’art en dehors de leur profession. Que ce soit la peinture, la photographie, la littérature ou les métiers d'art, ces créateurs s'investissent avec passion et talent dans leur discipline respective.

René Houle, Courbes à la Gaudi, 2012. Photographie numérique, 16 x 20 pouces.
René Houle, Courbes à la Gaudi, 2012. Photographie numérique, 16 x 20 pouces.
Photo : René Houle

Du 9 septembre au 17 octobre, la Galerie d'art du Centre culturel de l'UdeS présente les créations d'Hervé Cassan, René Houle, Pierre Labossière, Grégoire Lebel, Jarek Letowski, Ginette Longpré, Louise Pariseau et Francine Provencher. Tous des employés de l’Université et tous des artistes qui ont une démarche authentique et puissante. Rendez-vous le mercredi 9 septembre à 17 h pour célébrer, en présence des artistes, le vernissage de cette exposition.

Les artistes

Le peintre Hervé Cassan est avocat et professeur à la Faculté de droit. Il a conduit une double carrière d’universitaire et de diplomate en Europe, en Afrique, en Asie et dans le monde arabe. Hervé Cassan dessine et peint depuis toujours. Sa première exposition a eu lieu en 1979 à Paris au Collège de France. L'art pictural d’Hervé Cassan est non figuratif, sa palette est limitée, mais son geste est vif comme dans NOIRNEIGENUIT.

Le photographe René Houle est chargé de cours à la Faculté d’administration et coordonnateur à l’admission au programme de médecine. Globe-trotter caméra en bandoulière depuis trente ans, René Houle capte des aspects humains et des paysages urbains qui méritent d’être mis en valeur. Dans son art, il propose des points de vue uniques et inusités de la ville et de l’architecture, comme dans Courbes à la Gaudi.

Le photographe Pierre Labossière est ingénieur, professeur en génie civil et vice-doyen à la recherche de la Faculté de génie. Par une approche reconstructive de la photo, il cherche à reproduire l’essence de ses voyages, des plus grandes villes de la planète à ses régions les plus reculées. Du Japon urbain, il a recomposé ses impressions de Nagoya en recombinant ses images d’un oasis urbain et d’une grande roue. Du Grand Nord, il propose avec Nunavut la reconstruction d’un parcours photo.

Le peintre Grégoire Lebel est psychologue aux Services à la vie étudiante et aussi chargé de cours. Depuis 2012, il s’investit dans la peinture. Ses matériaux préférés sont la peinture acrylique et l’encre tandis que son outil est la spatule. Sa palette est limitée et ses motifs s’éloignent de l’imitation de la nature tout en étant figuratif. Dans sa recherche d’un esthétisme du beau, l’acte de peindre ouvre la voie à une rencontre intime entre l’intention et l’incontrôlé. Cela s'observe dans son tableau Au bois.

Le peintre Jarek Letowski est microbiologiste, coordonnateur des travaux pratiques et supervision des apprentissages en microbiologie à la Faculté des sciences. Il s’est d’abord investi dans le graphisme, l’animation 3D et la photographie avant de se consacrer à la peinture. Son art est varié dans la forme et le contenu. Ces œuvres sont tantôt abstraites tantôt figuratives et prennent souvent le chemin du questionnement ou de la critique. Les courbes sont omniprésentes dans son art tandis que les droites en sont plus rares. Observez bien son tableau Le portrait de la femme qui n’avait pas besoin de son visage.

L’auteure Ginette Longpré est directrice administrative, communication et ressources humaines à la Faculté d’éducation. Elle écrit depuis l’adolescence, cette période trouble et troublante, où elle mettait ses états d’âmes en poésie. Elle fut l’initiatrice d’une bibliothèque itinérante toujours en fonction à Lac-Drolet. Pendant dix ans, elle a été membre et vice-présidente du comité culturel Arts Fleurimont. Dans ses textes, l’auteure trouve son inspiration, entre autres, dans la vie contemporaine comme en témoigne son texte La clé et celui, La Basse-cour, inspiré de la commission Gomery.

La bijoutière et céramiste, Louise Pariseau, est secrétaire de direction au Service des technologies de l’information. Elle a travaillé la céramique, entre autres, selon la technique ancienne du nériage, mise au point par les potiers Chinois. Les résultats sont des terres cuites marbrées créées par le mélange de terre naturelle de couleurs différentes. L’artiste a également travaillé la terre par plaques et par colombins. Plus récemment, Louise Pariseau a créé des signets-bijoux pour livre et des chaînes-bijoux pour lunettes dont les couleurs assorties à la chevelure donnent un effet de délicatesse au visage.

La sculpteure Francine Provencher est architecte et directrice de la division Planification et développement durable au Service des immeubles. Artiste autodidacte, elle se découvre en 2004 une passion tardive pour la sculpture et plus particulièrement le modelage d'argile. Plusieurs de ses œuvres ont été présentées en 2012 à l'exposition EROS du Musée du bronze d'Inverness. Elle privilégie l'émotion, l'expression à travers le mouvement et la texture et relève la fragilité de l'être à travers sa nudité.