Les Jardins réinventés de la Saint-François

Quatre étudiants en arts visuels créent l'oeuvre éphémère Pimihlôsek

Sylvie Lavoie, étudiante au certificat en arts visuels, lors de la production de Pimihlôsek
Sylvie Lavoie, étudiante au certificat en arts visuels, lors de la production de Pimihlôsek

Photo : Fournie

C’est toute une expérience professionnelle de création qu’ont vécue quatre étudiants du certificat en arts visuels dans le cadre de la 8e édition des Jardins réinventés de la Saint-François. Sylvie Lavoie, Marlène Libanus, Xavier Miville-Deschênes et Lucie Trahan ont ainsi réalisé une installation intitulée Pimihlôsek, entièrement faite de matériaux naturels, qui sera exposée au parc de la Rive de Brompton jusqu’au 16 août 2015.

« Cette invitation pour les étudiants à réaliser une œuvre d’art éphémère s’inscrit dans les nombreuses possibilités qu’offre le cours Pratique environnementale de l’in situ, explique Josianne Bolduc, responsable du certificat en arts visuels. Pour eux, il s’agit d’une occasion unique de présenter au public québécois une œuvre d’art. C’est un pas supplémentaire vers le déploiement d’une pratique artistique plus engagée. »

Foultitude, un thème inspirant

Pimihlôsek, 2015
Pimihlôsek, 2015

Photo : Fournie

L’édition 2015 des Jardins réinventés se déroule sous le thème de la foultitude, un mot formé à partir de « foule » et de « multitude », faisant référence à la multiplicité, au rassemblement d’individus ou d’objets, à la réunion et à l’amalgame. C’est ce thème qui a mené les étudiants de l’Université de Sherbrooke à développer le concept de Pimihlôsek.

« D’abord interpelés par l’historique du lieu, nous avons ensuite recueilli nos intérêts communs pour former une seule et même idée, indique Lucie Trahan, étudiante participant au projet. Au fil du travail, nous avons eu à nous adapter aux éléments concrets de l’œuvre, l’environnement dans lequel nous allions la créer et les matériaux avec lesquels nous allions travailler. À chaque nouvelle étape, nous avions à laisser parler l’œuvre. Par les matériaux, elle nous indiquait clairement ce qui pouvait être fait et ce qui était impossible à faire. Chaque aspect de l’œuvre comporte son lot d’expériences et d’essais et nous sommes vraiment fiers de ce que ça a donné. Nous nous sommes intensément investis et j’ai bien l’impression que le résultat final en est la preuve concrète. »

Pimihlôsek
La Terre-Mère mettra bientôt au monde Pimihlôsek. Une foultitude se rassemble pour fêter son arrivée. Elle évoque l’énergie, la puissance et, surtout, une renaissance. Au cœur de Bromptonville, la rivière a amené le déploiement de la ville. Fait de matériaux naturels, cette œuvre nous rappelle ainsi le mouvement de l’eau et de la vie. La Terre-Mère vous invite à marquer votre passage en apposant votre empreinte sur une pierre. Par ce geste, vous vous liez au grand rassemblement. Bienvenue parmi nous!

« Nous voulions conserver des matériaux entièrement naturels, rien de préfabriqués, relate Sylvie Lavoie, une autre participante au projet. En ces lieux se sont trouvées, jadis, des usines et une gare qui ont permis l’évolution de Bromptonville. Pimihlôsek est un mot Abenaki qui signifie "là où l’eau tourbillonne". Sa naissance indique donc, à nos yeux, le changement, une nouvelle ère. Terre-Mère déploie ses bras et accueille celles et ceux qui désirent vivre l’éveil. Ça peut sembler trop spirituel pour certain, pourtant il est temps d’ouvrir les yeux et de respecter notre terre d’accueil. C’est pour cette raison que l’on invite les gens à laisser leur empreinte sur les pierres, pour qu’ils puissent participer, d’une certaine façon, au rassemblement, assister à l’arrivée de Pimihlôsek, vivre l’éveil ainsi que le changement, un monde nouveau. »

Des étudiants passionnés et engagés

Xavier Miville-Deschêsnes, Lucie Trahan et Sylvie Lavoie, étudiants au certificat en arts visuels, sur les lieux des Jardins réinventés de la Saint-François. Absente sur la photo : Marlène Libanus
Xavier Miville-Deschêsnes, Lucie Trahan et Sylvie Lavoie, étudiants au certificat en arts visuels, sur les lieux des Jardins réinventés de la Saint-François. Absente sur la photo : Marlène Libanus

Photo : Fournie

Sylvie Lavoie est une artiste multidisciplinaire. Elle travaille la peinture, les techniques mixtes et la sculpture autour des thèmes de l’absence et la présence. Engagées, ses œuvres posent une réflexion sur diverses problématiques sociales et leurs impacts sur l'humain.

Marlène Libanus  est née en Martinique. Elle vit maintenant à Magog. L’artiste amorce la peinture en réalisant des portraits et des nues à l'encre de Chine. Elle explore, en ce moment, la peinture sur des supports de jute.

Artiste passionnée des mots et adepte de la photographie, Lucie Trahan a terminé d’écrire un premier manuscrit et envisage maintenant de poursuivre sur cette voie tout en gardant une place pour la psychologie et les arts.

Jeune artiste multidisciplinaire, Xavier Miville-Deschênes s'intéresse principalement au cinéma d'animation expérimental. L'artiste aime utiliser des matériaux bruts et bon marché sur lesquels il réalise des œuvres où le réalisme et la gestuelle se mélangent.

À propos des Jardins réinventés de la Saint-François

Seul laboratoire d’innovation et forum d’expérimentation récurrent en art des jardins contemporains in situ sur le territoire Sherbrookois, cet événement offre une vitrine stimulante pour les artistes, qui y réalisent des jardins empreints d’histoire et d’originalité. Au total, les visiteurs pourront y admirer dix jardins cette année.

Du 21 juin au 16 août 2015, à la Maison des arts et de la culture de Brompton.