Ma thèse en 180 secondes : un doctorant en microbiologie s'illustre

Sofiane Yacine Mersaoui, vainqueur de la finale locale du concours Ma thèse en 180 secondes, en pleine présentation devant jury et public.
Sofiane Yacine Mersaoui, vainqueur de la finale locale du concours Ma thèse en 180 secondes, en pleine présentation devant jury et public.
Photo : Université de Sherbrooke

Mlle Télomèrase et M. CDC : Anges ou démons? » : voilà le titre intriguant de la présentation de Sofiane Yacine Mersaoui, vainqueur de la finale locale du concours Ma thèse en 180 secondes. Ce doctorant au département de microbiologie et d’infectiologie de la Faculté de médecine et des sciences de la santé a abordé des enjeux liés au vieillissement cellulaire. Plus globalement, le chercheur travaille sur les thèmes de la maintenance de la stabilité génomique, ainsi qu’à la recherche de nouveaux gènes impliqués dans la transformation cellulaire. En remportant la finale de l’UdeS, Sofiane Yacine Mersaoui représentera l’UdeS lors de la finale nationale qui se déroulera dans le cadre du congrès de l’Acfas, à la fin mai, à l’Université du Québec à Rimouski. De plus, il se voit offrir une bourse de 200 $, gracieuseté du Regroupement des étudiantes et des étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS).

Des tonnes de copies!

Le doctorant a amorcé sa présentation en parlant du vieillissement. « Si on s’intéresse à l’unité qui forme le corps humain : la cellule. Chaque cellule va connaître plusieurs cycles de division cellulaire; elle se divise 60 fois puis elle arrête de se diviser. On dit qu’elle vieillit. Pourquoi? Dans la cellule, on retrouve une structure moléculaire qu’on appelle le chromosome, où il y a de l’information génétique. Au cours des divisions, le chromosome raccourcit. C’est un peu comme si vous prenez une image dont vous faites des copies, puis la copie d’une copie. Au bout de 60 fois, vous perdez de la qualité ! »

À l’extrémité de ces chromosomes qui raccourcissent, on retrouve ce qu’on appelle les télomères. Dans les cellules souches, qui ne vieillissent pas, les télomères demeurent longs. Ils sont rallongés par la télomérase. Cette télomérase est aussi très active dans les cellules cancéreuses : les extrémités demeurent longues et la cellule ne vieillit jamais, permettant à la maladie de progresser.

« Dans mon projet de thèse, je m’intéresse à ces extrémités et à un facteur important qu’on appelle le « capuchon », une protéine qui a un rôle important dans la protection de l’extrémité du chromosome. Cette protéine a aussi un rôle pour recruter cette télomérase, afin de protéger ou de rallonger le chromosome. Mon travail est de voir quels sont les effets de modifier cette protéine, ainsi que les facteurs associés, pour voir quelle peut être l’influence sur les télomères. »

M. Pierre-Richard Gaudreault, directeur général et vice-recteur associé du Service d'appui à la recherche, à l'innovation et à la création, en compagnie de Sofiane Yacine Mersaoui, gagnant de la finale locale.
M. Pierre-Richard Gaudreault, directeur général et vice-recteur associé du Service d'appui à la recherche, à l'innovation et à la création, en compagnie de Sofiane Yacine Mersaoui, gagnant de la finale locale.
Photo : UdeS

13 participants en verve

Lors de cette finale locale très relevée, 13 étudiantes et étudiants provenant de cinq facultés ont croisé le fer devant un panel de quatre juges. Trois critères étaient retenus pour évaluer les prestations : la vulgarisation, la communication orale ainsi que l’implication, c’est-à-dire la capacité des candidats à transmettre leur passion et à susciter la curiosité de l’auditoire. L’ensemble des participants a su relever le défi de respecter la limite de temps de 180 secondes. Voici la liste des personnes qui ont pris part à l’édition du concours le 23 avril :

Faculté d’éducation

  • Jean-Paul Ndoreraho - L'engagement professionnel du personnel enseignant du secondaire dans la profession enseignante : nature, manifestations et facteurs

Faculté de génie

  • Adrien Letellier - Développement de la technologie GaN pour la conversion de fortes puissances électriques
  • Narjes Moghadam - Conception d’un scanner de tomographie d’émission par positrons (TEP) compatible à l’imagerie par résonnance magnétique nucléaire (iRMN)
  • Pierre-Claude Ostiguy - Inspection embarquée des avions par ondes guidées

Faculté des lettres et sciences humaines

  • Selma Tannouche Bennani - L'influence des trajectoires professionnelles des immigrants maghrébins du Québec sur leur capabilité à planifier leur retraite
  • Caroline Dolant - Développement d’un système de détection et de prédiction des évènements de pluie sur neige dans l’Arctique Canadien à l’aide de donnée micro-ondes passives

Faculté de médecine et des sciences de la santé

  • Vincent Couture - Perspective canadienne sur les enjeux cliniques, éthiques et sociaux de la mondialisation des services de procréation assistée
  • Frédérique Duplain-Laferrière - La notion de gravité chez des personnes atteintes d'une maladie génétique
  • Roddy Hiram - Les Résolvines : Molécules potentiellement efficaces dans le traitement de l'Hypertension Artérielle Pulmonaire
  • Sofiane Yacine Mersaoui - Mlle Télomèrase et Mr CDC : Anges ou démons?
  • Isabelle Thibault - Les anorexiques prépubères présentent-elles des caractéristiques psychologiques, familiales ou sociales spécifiques

Faculté des sciences

  • Mohamed Madiouni - Un simulateur orthopédique dans la voûte immersive
  • Christelle Jouogo Noumsi - La nitrogénase : une protéine "couteau suisse"

La finale interne du concours à l’UdeS était organisée, pour une quatrième année consécutive, par l’équipe du Service d’appui à la recherche, à l’innovation et à la création. Lors de la finale nationale, les participants courent la chance de remporter l’un des quatre prix de 500 $ à 1500 $, en plus d’être parmi les 3 représentants canadiens qui pourront rayonner au-delà de nos frontières, en participant à la finale internationale qui se déroulera à Paris en octobre prochain.