Expérimenter pour trouver sa branche

Durant ses stages, Anthony Roy a découvert une passion pour la conservation des espèces.
Durant ses stages, Anthony Roy a découvert une passion pour la conservation des espèces.
Photo : Courtoisie Anthony Roy

Rien de mieux que d’expérimenter quelque chose pour connaître son véritable intérêt pour celle-ci. Dans le cadre de sa formation universitaire, Anthony Roy a opté pour des stages où il a pu voir un large éventail de ce que le monde captivant de la biologie avait à lui offrir. Au passage, il a développé une véritable passion pour la conservation des espèces et acquis des connaissances diversifiées qui feront de lui un meilleur biologiste.

Élevé au sein d’une famille d’acériculteurs, cet étudiant au baccalauréat en écologie à l’Université de Sherbrooke a toujours eu un vif intérêt pour tout ce qu’il y a de vivant. Dès ses débuts universitaires, il a donc voulu ouvrir ses horizons afin d’acquérir un maximum de connaissances qui lui serviraient tout au long de sa carrière professionnelle.

Son premier stage, réalisé à l’Université de Sherbrooke dans le laboratoire d’écologie fonctionnelle de Dr John William Shipley, lui a permis de s’initier aux domaine de la recherche et de la botanique. Il a notamment travaillé au projet de recherche du doctorant Michaël Belluau qui portait sur les traits qui prédisent la distribution des espèces herbacées le long des gradients de disponibilité d'eau.

«J’ai aidé Michaël au niveau du volet manipulation dans sa recherche. Celle-ci consistait à comparer la réaction de différentes espèces de plantes à un manque d’eau. Lorsque les plantes avaient atteint une certaine grosseur, nous devions les mettre en situation de stress hydrique en cessant de les arroser, et prendre différentes mesures de traits sur celle-ci (densité stomatique, photosynthèse, etc.)», raconte l’étudiant de 22 ans qui a également eu la chance de travailler sur le terrain durant ce premier stage rémunéré de 16 semaines.

Dans le cadre d’un autre projet, il devait en effet se rendre au parc écoforestier de Johnville  pour y échantillonner des plantes printanières de sous-bois afin d’en faire la caractérisation en laboratoire.

«Le but de ces échantillonnages était de découvrir la profondeur qui était utilisée par les systèmes d'entreposage racinaires des plantes, vulgarise Anthony. Avec ces données préliminaires, Dr Shipley voulait faire une banque de données qui permettrait de déterminer si la perte d’humus pouvait avoir un impact sur certaines plantes  printanières.»

Comme un poisson dans l’eau

Étant un amateur de pêche depuis plusieurs années, Anthony n’a pas raté l’occasion qu’offrait Environnement Canada lorsqu’est venu le temps de choisir son deuxième milieu de stage. L’organisme avait en effet un poste à pourvoir au sein du laboratoire du Dr David Marcogliese dans la division hydrologie et écologie des bassins versants. Il a donc eu la chance de participer à des travaux portant sur la biodiversité aquatique.

«J’ai collaboré à un projet qui consistait à effectuer l’examen parasitologique de poissons appâts provenant de différentes pourvoiries opérantes sur les Grands Lacs et leurs affluants, indique l’étudiant originaire de Coaticook, en Estrie. Cette étude a pour but de déterminer si le commerce des poissons appâts joue un rôle important dans la dissémination rapide d’un parasite exotique introduit dans le bassin versant des Grands Lacs et du Saint-Laurent au début des années 2000 avec l’arrivée de la carpe asiatique.»

À sa grande surprise, Anthony a découvert durant ses travaux que plusieurs menés émeraudes, une espèce de cyprin souvent utilisée par les pêcheurs sportifs, étaient parasités par  le bothriocephalus acheilognathi, un parasite fortement pathogène.

«Les résultats obtenus ont été à la fois surprenants et inquiétants, lance l’étudiant. Puisqu’une grande proportion de menés émeraudes servant d’appâts était infectés par  le bothriocephalus, la problématique semble majeure. La pêche à l’aide de ces appâts permet probablement à cette espèce d’envahir nos cours d’eau.»

C’est finalement lors de son troisième stage, l’automne dernier, toujours chez Environnement Canada, qu’Anthony Roy a trouvé la branche vers laquelle il souhaite se diriger pour entreprendre sa carrière professionnelle, soit la conservation de la faune. Employé au Service canadien de la Faune à Gatineau, il a collaboré à un rapport sur l’état des populations d’oiseaux gibiers au Canada. Ce rapport, qui est mis à jour annuellement, présente les informations les plus récentes sur l’abondance des populations de sauvagine (canards, oies et bernaches, cygnes), de même que les données sur la récolte par la chasse sportive.

«Comme biologistes, je trouve que nous n’avons jamais assez de connaissances. Il est toujours possible d’en apprendre davantage. En faisant trois stages différents, j’ai eu la chance d’approfondir mes connaissances sur plusieurs  sujets et aussi de découvrir que ce qui me passionne vraiment. Je sais maintenant que je veux travailler en conservation et faire du terrain», termine-t-il.