La téléréadaptation après un accident vasculaire cérébral

La physiothérapeute Chantal Dion, en pleine séance de télétraitement avec un patient post-AVC.
La physiothérapeute Chantal Dion, en pleine séance de télétraitement avec un patient post-AVC.
Photo : Université de Sherbrooke

Obtenir un meilleur accès aux soins de santé… tout en restant à la maison! Plutôt paradoxal, non? C’est pourtant ce que proposent la professeure Hélène Corriveau et son équipe avec le projet Continuum AVC en téléréadaptation, une initiative qui a recours à la téléréadaptation pour la rééducation des patients à la suite d'un accident vasculaire cérébral (AVC).

« La téléréadaptation est utilisée ailleurs au Québec, mais nous sommes les seuls à en faire à domicile, c’est-à-dire que le patient à la maison interagit directement avec un professionnel de la santé dans son milieu de travail pour ses traitements, par Internet », explique la professeure Hélène Corriveau, de l'École de réadaptation de la Faculté de médecine et des sciences de la santé.

Dans le cadre du projet Continuum, les méthodes ont été raffinées pour répondre aux besoins d’une clientèle post-AVC. Le rétablissement après un accident vasculaire cérébral se poursuit pendant des mois, voire des années alors que le cerveau se réorganise et établit de nouvelles connexions. Pour rétablir ce qui a été perdu à cause de l’AVC, il faut une réadaptation intensive. Il y a toutefois des lacunes criantes dans la prestation des services. Afin d’en faciliter l’accès, de nouvelles approches, dont la téléréadaptation, doivent être envisagées. Ce projet est un premier pas vers la promesse d’un rétablissement plus complet.

Les objectifs du projet

La Pre Hélène Corriveau
La Pre Hélène Corriveau

Photo : Université de Sherbrooke

Globalement, le projet Continuum permettra d’évaluer la satisfaction des utilisateurs, les coûts d’implantation et l’efficacité des télétraitements. Plus précisément, il permettra d’analyser les facilitateurs et les obstacles à l’implantation de trois différentes applications de la téléréadaptation pour la population post-AVC : les télétraitements individuels à domicile où sont réalisés des interventions spécifiques à chaque patient et des exercices supervisés; la téléconsultation individuelle à domicile pour assurer un suivi et répondre aux questions du patient; les télétraitements de groupe entre deux centres de service.

« Le projet est au stade de l’évaluation de l’implantation dans le milieu de la santé. Les professionnels de la santé et du soutien technique ont été formés afin d’intégrer cette nouvelle méthode d’intervention et d’offrir les services de réadaptation à distance. Des patients reçoivent leurs traitements depuis septembre 2014 », précise Hélène Corriveau.

Les nouvelles technologies pour un meilleur accès aux soins

« La téléréadaptation utilise les technologies de télécommunication afin de fournir des services de réadaptation accessibles et économiques, tant pour le patient que pour le système de santé. C’est une option prometteuse pour améliorer l’accès aux services de soins », affirme la professeure Corriveau.

L’équipement nécessaire au patient pour suivre ses traitements dans le confort de son foyer est on ne peut plus simple : un ordinateur munit d’un écran tactile, une caméra, un microphone et un haut-parleur, le tout installé sur un trépied.

Clientèle AVC

Une initiative nationale financée à hauteur de 1,3 M$ vise à offrir la téléréadaptation au domicile de plus de 200 personnes vivant avec les séquelles d’un AVC dans au moins 10 villes canadiennes. Cette initiative de téléréadaptation est un projet conjoint de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC (la «Fondation») et du Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC de la Fondation. Du montant global, le projet sherbrookois reçoit 98 000 $.