Du 6 novembre au 21 décembre

Deux expositions sociologiques à la Galerie d'art

Lucie Duval, La suite Fibonacci, 2013 © Lucie Duval
Lucie Duval, La suite Fibonacci, 2013 © Lucie Duval
Photo : fournie

Des œuvres sociologiques originales attendent les visiteurs de la Galerie d’art du Centre culturel de l’UdeS, du 6 novembre au 21 décembre. Deux expositions gratuites mettent en relief les artistes Lucie Duval et Chantal Lagacé, deux Estriennes, dont les œuvres présentent une perspective singulière sur le monde actuel.

Lucie Duval, La suite Fibonacci

Depuis 2006, l’artiste Lucie Duval s’intéresse à la mondialisation. Dans son travail, l’artiste transforme des gants blancs de travailleurs «Made in China» en plusieurs motifs de lapin installés dans une structure formant un immense carrousel.

La suite Fibonacci se veut la construction d’un carrousel en mouvement affublé de lapins fabriqués avec des gants de travailleurs. Avec les années, les gants de travailleurs blancs ont été remplacés ou plutôt suivis par des gants beiges et puis par des gants gris. Tout se passe comme si les couples de lapins ne vivaient plus isolés, mais à l’ère de la mondialisation avec le phénomène du métissage. Des questions surgissent. Lapins-croisés, métis, mulâtre, caboclo… à l’image du contexte social actuel, de ce qui en découle, en dépend : immigration, main-d’oeuvre, éducation, culture, religion, politique.

Chantal Lagacé, Couvercles de regards

Chantal Lagacé au travail sur un couvercle de regards dans un parc, 2014.
Chantal Lagacé au travail sur un couvercle de regards dans un parc2014.
Photo : Gilles McInnis

C’est dans la continuité de son travail que Chantal Lagacé inscrit sa récente exposition Couvercles de regards, un ensemble de photos de couvercles de regards ainsi que de dessins du même motif réalisés au graphite et au crayon Conté noir sur papier et sur feuille volante de bottin téléphonique. Les couvercles de regards sont ces éléments métalliques couvrant les ouvertures destinées aux entretiens des installations de canalisation et des égouts, installés sur la chaussée et les trottoirs des villes et villages. À titre indicatif, la ville de Sherbrooke en compte dix mille.

Dans ce travail, Chantal Lagacé révèle ainsi la beauté de ces éléments métalliques dans leur forme de grille circulaire à fentes parallèles, de grille circulaire à fentes obliques et de grille carrée à fentes parallèles. Voilà une approche singulière, unique même, de révéler l’importance de ces équipements sanitaires, souvent banalisés, mais combien nécessaires pour la santé publique.

L’exposition Couvercles de regards présente également la récente série Rues de l’artiste, un ensemble de dessins au graphite sur feuilles volantes de bottin téléphonique, ces documents en voie de disparition. Voilà la ville considérée ici comme un milieu social, un habitat urbain destiné au genre humain. Dans son esthétique, Chantal Lagacé explore les caractéristiques de l’organisation urbaine dans ses diverses accumulations, juxtapositions, répétitions, successions et alignements.

Des artistes de l'Estrie qui rayonnent

Lucie Duval a grandi à Mont-Laurier et vit et travaille en Estrie. Elle a étudié à l'École des beaux-arts de Toulouse et a obtenu, en 1983, le Diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP), avec félicitations des membres du jury. Elle expose régulièrement en Amérique Nord, en Europe et en Asie. Ses oeuvres font partie de la Collection de prêts d’oeuvres d’art du Conseil des Arts du Canada, de la collection du Musée national des beaux-arts du Québec et de celle du Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Elle est l'auteure de l'oeuvre Mémoire vive, la sculpture intégrée à l'environnement située à l'intersection des rues King Est, Papineau et Murray à Sherbrooke. Lucie Duval est représentée par la galerie Isabelle Gounod à Paris.

Chantal Lagacé vit et travaille à Sherbrooke. Diplômée au programme de Baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval (Québec) en 1985 et au programme d’Études supérieures spécialisées en design d’événements à l’Université du Québec à Montréal (2003), Chantal Lagacé est l’auteure du livre Mémento pour tout jour. Regard sur le patrimoine architectural vivant de Sherbrooke (2007) et elle est aussi l’auteure de la sculpture extérieure Si les maisons et les arbres pouvaient parler, ils vous diraient que… (2010), oeuvre intégrée à l’architecture et à l’environnement du Service de police de la Ville de Sherbrooke.