Vivre ses passions en stage

Aventure au pays des caribous

Élise Imbeau en pleine activité de canotage dans le cadre du forfait Randonnée aventure au pays des caribous.
Élise Imbeau en pleine activité de canotage dans le cadre du forfait Randonnée aventure au pays des caribous.
Photo : Sylvie-Anne Bureau

L’alternance travail-études présente un avantage indéniable : celui de confronter les acquis théoriques des étudiants à la valeur pratique du marché du travail. Pour Élise Imbeau et Carolyne Houle, étudiantes au baccalauréat en écologie à l’Université de Sherbrooke, ce contact avec le réel l’a été à un tout autre degré. En effet, dans le cadre de leur premier stage, ces jeunes femmes ont eu la chance de côtoyer la nature dans l’environnement unique du Zoo sauvage de Saint-Félicien.

Faune et flore

Carolyne Houle a toujours eu une passion pour les animaux. Dès son plus jeune âge, elle s’amusait à capturer des insectes pour les examiner. Cependant, le véritable déclic pour l’écologie s’est réalisé lorsque la Bécancouroise a observé les baleines à Tadoussac. De son côté, Élise Imbeau est plutôt captivée par le plein air et la nature. Elle a d’ailleurs commencé une formation en environnement, mais, après un stage de deux semaines au Costa Rica, l’étudiante originaire de Blainville a décidé de se réorienter vers l’écologie pour être plus près de la nature et des gens.

Malgré leurs histoires différentes, les deux futures professionnelles ont trouvé des points communs d’intérêt dans l’offre de stage du Zoo sauvage de Saint-Félicien : la proximité avec la nature, de même que les relations sociales. Les deux ont tout donné en entretien d’embauche dans le but d’être retenues. «J’ai même suivi des cours de conduite et de RCR afin de mieux répondre aux exigences du poste», indique Élise. Christine Gagnon, directrice de la conservation et de l’éducation au zoo mais également l’une des superviseures des stagiaires, a rencontré les futures écologistes en entrevue. «Leur motivation était perceptible, précise-t-elle. Il fut très facile de les sélectionner comme premiers choix et nous sommes très heureux de savoir que cette préférence était réciproque.»

Surprenante nature

C’est ainsi que, dès le mois de mai, Carolyne et Élise se sont rendues à Saint-Félicien pour réaliser le premier stage de leur programme universitaire. Se joignant alors à une équipe de plusieurs autres apprentis mais également d’employés d’expérience, les deux étudiantes ont reçu des formations pendant deux à trois semaines. Puis, c’est le travail de véritables employées qui les attendait par la suite.

Carolyne Houle se préparant à animer la prochaine balade en train dans le Parc des sentiers de la nature.
Carolyne Houle se préparant à animer la prochaine balade en train dans le Parc des sentiers de la nature.

Photo : Sylvie-Anne Bureau

Pour Carolyne, son stage sera réparti entre deux postes : celui de guide naturaliste et celui de chauffeuse de train. «Comme guide naturaliste, je dois réaliser des lectures approfondies à propos des divers animaux du zoo, pour ensuite vulgariser et contextualiser les informations aux visiteurs, explique l’étudiante de 20 ans. Il faut de bonnes techniques de mémorisation, car ce ne sont pas toujours les mêmes animaux que je dois présenter, que ce soit parce que ceux-ci ne se montrent pas, ou parce que je suis désignée à un secteur différent de la veille. Les visiteurs ne posent pas toujours les mêmes questions non plus.»

Le poste de conductrice de train présente aussi son lot de défis. Faisant la renommée du Zoo sauvage de Saint-Félicien, les balades en train plongent les visiteurs dans les espaces de vie des animaux. D’une promenade à l’autre, les rencontres sont donc totalement différentes. «Je dois conduire le train de balade au travers du Parc des sentiers de la nature, tout en repérant les animaux visibles et en divulguant de l’information à leur sujet», raconte Carolyne. Tout un défi de concentration et d’observation que la stagiaire a relevé avec brio.

Élise, de son côté, a également occupé un poste de guide naturaliste jusqu’à la fin de juin. Son rôle a cependant pris une tout autre tournure à ce moment : elle est devenue guide d’aventure pour le forfait Randonnée aventure au pays des caribous. «Pour cette activité, je devais superviser un groupe d’environ 12 personnes dans une excursion de 26 heures, précise l’étudiante de 21 ans. Le forfait comprend une randonnée pédestre pour présenter la flore boréale, du canotage sur le lac, un trajet en mini-autobus à travers le parc, des repas à l’extérieur ou dans une ferme d’époque, de la localisation à l’aide de télémétrie, une nuit dans des tentes en pleine nature… et beaucoup plus!

«Comme le forfait est particulièrement populaire chez les visiteurs européens, il faut souvent réaliser l’activité en français et en anglais, ajoute-t-elle. Les groupes sont variés, leurs champs d’intérêt aussi. Mais il s’agit vraiment d’une expérience magnifique qui change d’une excursion à l’autre.»

En plus de répondre aux interrogations des visiteurs, Carolyne et Élise remplissent aussi deux rôles importants au cours de leurs stages. D’une part, elles doivent sensibiliser les gens à la protection de la flore et de la faune boréales et donner des actions concrètes pour contribuer à leur conservation, une valeur au cœur de l’identité du Zoo sauvage de Saint-Félicien. D’autre part, en étant responsables de groupes dans un environnement indompté, les stagiaires se devaient de faire respecter à la lettre des consignes de sécurité. «J’ai dû, à plusieurs reprises, intervenir auprès d’enfants et de parents qui ne respectaient pas les périmètres de sécurité établis, relate Carolyne. Heureusement, lorsque des informations claires et crédibles sont données aux visiteurs, ceux-ci sont généralement très compréhensifs.»

Les stages d’Élise et Carolyne sont donc riches en nouvelles connaissances venant se greffer à celles vues dans leurs cours. Encore plus mémorables que leurs acquis, les expériences uniques que ces jeunes étudiantes ont pu vivre. En côtoyant ainsi la nature de façon autonome, elles ont pu assister à des spectacles tout à fait extraordinaires. «Pour ma part, j’ai pu vivre plusieurs nouvelles expériences fantastiques. La plus marquante est sans doute d’avoir eu la chance de donner le biberon à trois bébés orignaux rescapés de la nature», indique Carolyne. «De mon côté, le travail est tellement imprévisible que je ne peux vraiment identifier un seul élément marquant, ajoute Élise. Peut-être bien d’attraper des lucioles avec les enfants lors des soirées en nature ou encore, de remarquer des castors n’appartenant pas au zoo près du lac…» Chose certaine, elles ont vécu une aventure remarquable, fait également partagé par leurs superviseures.

Une satisfaction récurrente

Superviseure des deux stagiaires, Christine Gagnon s’est avouée fort satisfaite du travail de ses deux employées temporaires. «Elles sont motivées, souriantes et ont bien répondu à nos attentes, précise-t-elle. Nous avons eu de nombreux commentaires positifs des visiteurs à leur égard. Voilà plus de 12 ans que nous faisons appel à des stagiaires en écologie de l’Université de Sherbrooke et nous en sommes toujours réjouis.»

Il faut savoir que, du côté du Zoo sauvage de Saint-Félicien, la culture du stage est bien établie. «Nous nous assurons de confier à nos stagiaires des postes qu’ils pourraient réellement décrocher en tant qu’employés réguliers et de les encadrer convenablement, explique la superviseure. Nous offrons des formations complètes, une proximité avec la nature unique en son genre, une variété de postes, bref tout pour donner envie de rester dans cet endroit un peu éloigné, mais tellement accueillant.» Christine Gagnon ne s’en cache d’ailleurs pas : l’objectif d’embaucher ces stagiaires à la fin de leur formation est bien présent et leur donner une bonne première impression est primordial.

Le début d’une longue aventure

Carolyne et Élise ont beau terminer leur première année au baccalauréat en écologie, elles ont déjà des projets d’avenir fort passionnants. Élise est intéressée par l’enseignement. «Je voudrais, par contre, commencer par faire de la recherche sur le terrain afin de développer mes connaissances et avoir plus de choses à partager», résume-t-elle. Pour sa part, Carolyne aimerait bien travailler en recherche auprès des orangs-outans. «Leur proximité avec l’homme m’intéresse et je voudrais contribuer à leur protection», avoue-t-elle. Chose certaine, leur premier stage aura contribué à la réalisation de leurs objectifs de carrière.

* Cet article a été publié dans la revue «In Vivo» de l'Association des biologistes du Québec.