Collation des grades 2014

Une aventure mère-fille!

Myriam Lemelin et Linda Roberge, la fille et la mère, ont diplômé côte à côte.

Myriam Lemelin et Linda Roberge, la fille et la mère, ont diplômé côte à côte.


Photo : fournie

Décrocher un baccalauréat, c’est bien. Décrocher un diplôme de maîtrise, c’est super. Mais recevoir son diplôme en même temps que sa mère – ou que sa fille – c’est plutôt extraordinaire! Voici l’histoire singulière de Linda Roberge et Myriam Lemelin, la mère et la fille qui ont reçu leur diplôme côte à côte.

Étudiante à l’UdeS au baccalauréat en rédaction française et recherche documentaire, Linda Roberge obtient son diplôme en 1987. Elle travaille ensuite comme directrice de production et infographiste au journal hebdomadaire de Thetford Mines. Puis, au début des années 1990, Linda donne naissance à un garçon, puis à une fille. Qui aurait imaginé, 20 ans plus tard, que cette petite fille étudierait en même temps et dans la même institution que sa mère, de retour alors sur les bancs d’école?

«Imaginez deux générations qui étudient ensemble, raconte Linda Roberge. On n’avait pas du tout la même façon de travailler. Moi, génération papier et silence. Elle, génération pitons et musique en travaillant!»

Elle, c’est Myriam. Elle entame ses études universitaires au doctorat en médecine à l’UdeS ‒ campus Saguenay, à l’automne 2011. À ce moment, sa mère Linda a repris les études depuis deux ans déjà. Son but : obtenir son brevet d’enseignement pour réaliser son rêve de devenir enseignante. Un brevet qu’elle compte obtenir par une maîtrise qualifiante en enseignement du français, toujours à l’UdeS.

Myriam vient tout juste de commencer ses études de maîtrise en pharmacologie, à la Faculté de médecine et des sciences de la santé.
Myriam vient tout juste de commencer ses études de maîtrise en pharmacologie, à la Faculté de médecine et des sciences de la santé.
Photo : Robert Dumont

De son côté, Myriam vit difficilement le départ du nid familial. Loin de sa ville natale et des siens, la brillante jeune fille a plusieurs intérêts académiques et les choix de carrière lui semblent infinis. «Plus cette session avançait, plus mes angoisses augmentaient. Suis-je dans la bonne branche? Est-ce que je veux vraiment faire cela de ma vie?» Après maintes réflexions et remises en question, Myriam décide de changer de voie et s’inscrit au baccalauréat en biologie, au Campus principal. Programme qu’elle entame dès l’hiver 2012.

Grâce aux crédits effectués lors de son passage en médecine, Myriam réussit à terminer son baccalauréat en six sessions, à l’été 2014. Ainsi donc, la fille est allée chercher son diplôme en même temps que la mère, qui diplômait elle aussi le samedi 20 septembre puisqu’elle a terminé sa maîtrise en avril 2014.

«Je suis tellement fière de ma maman! déclare Myriam Lemelin. Elle n'est pas seulement retournée à l'école. Elle l'a fait en conservant son emploi à temps plein, son rôle de maman gâteau tout en construisant une toute nouvelle maison. Les gens qui ont déjà bâti une maison par eux-mêmes peuvent comprendre les sacrifices de temps et d’énergie supplémentaires que cela implique!»

Parallèlement, le retour à l’école de Linda Roberge a permis à la mère de prendre du recul par rapport à la vie quotidienne des étudiants. «J’avais oublié comment c’était demandant, les études! Heureusement, Myriam et moi avions une belle complicité. Moi, je corrigeais ses textes et elle m’aidait avec la nomenclature de la présentation des travaux. Et puis le fait de travailler avec elle m’a permis de comprendre le besoin viscéral qu’ont mes élèves adultes (17-25 ans) d’écouter de la musique pour se concentrer dans leur travail!» concède en riant Linda Roberge, aujourd’hui enseignante dans un centre de formation pour adultes. Qui plus est, la mère s’est laissée influencer par la fille et a réussi à relever un exploit bien personnel. «À la fin de ma maîtrise, j’ai pu composer mes textes directement à l’ordinateur, ce que je ne croyais pas possible!»

Quant à elle, Myriam vient tout juste de commencer ses études de maîtrise en pharmacologie, à la Faculté de médecine et des sciences de la santé. Boursière des Instituts de recherche en santé du Canada et du Fonds de recherche québécois pour la nature et les technologies, elle est dirigée par le professeur et neurochirurgien David Fortin. La recherche l'intéresse grandement, et Myriam ne ferme pas la porte au côté clinique. «Chose sûre, j’ai appris à vivre avec mes nombreux questionnements, de même qu’avec le petit hamster qui ne cesse de tourner dans ma tête!» dit-elle.

C’est donc avec un bon soupçon de fébrilité que les deux femmes se sont préparées à la collation des grades. Et si elle vient de boucler son parcours d’étudiante, Linda Roberge reste avant tout une mère. «Son père et moi sommes très fiers de Myriam et nous voulions l’accompagner jusqu’au bout. C’est pour cette raison que je ne suis pas allée recevoir en personne mon diplôme : je voulais être tout près de Myriam lors de cette journée. J’en ai reçu un en 1987; pour le deuxième, même si je ne le recevais pas en personne, ça ne m’enlevait rien.»