Mentorat aux cycles supérieurs

S’encourager à persévérer

Taha Amamou est mentoré par Katherine Boisvert-Vigneault.
Taha Amamou est mentoré par Katherine Boisvert-Vigneault.
Photo : Michel Caron

Des questions plein la tête et personne à qui parler : voilà comment se sentait Taha Amamou en atterrissant à l’Université de Sherbrooke pour étudier à la maîtrise en sciences de l’activité physique.

Heureusement, le Tunisien a vite trouvé du soutien auprès de ses pairs de la Faculté d’éducation physique et sportive (FEPS), qui viennent de mettre sur pied un programme de mentorat entre étudiants de 2e et 3e cycles.

«En arrivant, j’ai eu beaucoup de difficulté à me familiariser au milieu. Ma mentore m’aide si je ne comprends pas quelque chose dans mes cours puisqu’elle a suivi les mêmes. Elle me donne aussi des conseils pour les nombreuses demandes de bourses que je dois envoyer!» témoigne Taha.

La mentore de Taha, Katherine Boisvert-Vigneault, fait partie du comité organisateur de ce projet lancé dans le cadre de la Journée des études supérieures de la FEPS en novembre. «C’est Imed Lakhdara, un membre du comité, qui nous a proposé l’idée du programme de mentorat. Il a tellement vu d’étudiants arriver sans savoir quoi faire, sans avoir quelqu’un à qui poser ses questions. Les étudiants ne veulent pas nécessairement déranger leur directeur avec ça», raconte Katherine.

Cette fameuse «peur de déranger» qui bloque les nouveaux étudiants disparaît lorsqu’une relation entre mentor et mentoré s’officialise. «Tu sais que quelqu’un est là pour t’aider si tu as un problème», souligne Taha.

L’objectif principal du programme est de soutenir les étudiantes et étudiants et de les encourager à persévérer dans les moments plus difficiles en début de parcours. «À la FEPS, les domaines de recherche sont tellement disparates que les gens ne se parlent pas. Au lieu d’être chacun de notre côté, nous sommes plus forts si nous nous rassemblons pour parler de nos problèmes», résume Katherine.

Dans la mesure du possible, le comité organisateur a jumelé des étudiants du même domaine, mais le mentor offre surtout un support moral et répond aux questions existentielles du genre : «Est-ce normal de passer trois semaines à préparer un oral de 20 minutes?» «On n’exige pas que les mentors sachent tout. Ils offrent simplement les outils qu’il faut pour faire progresser la personne», spécifie Katherine.

Bien souvent, le travail du mentor n’exige qu’une ou deux rencontres par session, ne serait-ce que pour guider le mentoré dans la Faculté, lui fournir les codes des locaux ou lui montrer comment utiliser l’imprimante. «Par hasard, Taha et moi travaillons dans le même bureau, alors je suis à sa disposition en tout temps, raconte Katherine. Je l’aurais aidé même si nous n’avions pas été encadrés par le programme. J’ai moi-même été mentorée de façon informelle à mon entrée à la maîtrise.»

Les mentors aussi tirent profit de cette expérience humaine. «Il y en a qui veulent exprimer par où ils sont passés et pouvoir redonner au prochain, dit l'étudiante. Quand tu es passé par là et que tu as trouvé ça difficile, ça fait plaisir d’aider un autre.»

Au total, 10 couples de mentors et mentorés ont été formés par le comité : un nombre élevé qui a agréablement surpris les organisateurs. «Sur 53 étudiants aux 2e et 3e cycles, c’est beaucoup de demandes», fait remarquer Katherine.

Après le succès de cette première édition du programme de mentorat, le comité organisateur de la Journée des études supérieures de la FEPS souhaite renouveler l’initiative l’automne prochain. D’ici là, le groupe prépare déjà un plan d’action pour guider et accueillir de nouveaux étudiants français dès cet été.