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Quel futur pour les études universitaires?

La vice-rectrice aux études, Lucie Laflamme, a commenté les réponses de quelques étudiants à la question «Dans 10 ans, ça ressemblera à quoi faire des études universitaires?».
La vice-rectrice aux études, Lucie Laflamme, a commenté les réponses de quelques étudiants à la question «Dans 10 ans, ça ressemblera à quoi faire des études universitaires?».
Photo : Michel Caron

Des répliques solides à des commentaires audacieux, originaux, visionnaires : le Mois de la pédagogie universitaire a démarré par une activité forte en réflexion. La vice-rectrice aux études, Lucie Laflamme, a accepté de commenter des réponses à la question lancée aux étudiantes et étudiants par le Service de soutien à la formation. Dans 10 ans, ça ressemblera à quoi faire des études universitaires? En voici quelques-unes.

Étudiant : Selon le domaine, les études universitaires seront quasi obligatoires. Les techniques et les DEP n'auront que les petites miettes et presque aucune condition salariale intéressante.

Lucie Laflamme : C’est déjà le cas dans beaucoup de domaines. Pour faire partie d’un ordre professionnel, par exemple, ça prend des études universitaires. Il y a une tendance forte au rehaussement des exigences de formation, mais l’Université ne se livre pas à ce jeu.

Par contre, je ne crois pas que les techniques et les DEP vont disparaître, car ce sont des professions absolument nécessaires. Tout comme nous, ils devront faire évoluer leur formation.

Généralement des cours en ligne. Encore moins de contact entre les professeurs et étudiants.

Je ne crois pas qu’on se dirige vers la fin des campus parce qu’une grande partie de la population étudiante recherche la vie de campus. Par contre, il y a une tendance qui se développe pour la formation à distance, mais elle intéresse surtout les gens dans la trentaine et plus.

Des recherches sont actuellement menées à l’Université de Sherbrooke afin de maintenir la qualité de l’encadrement dans un contexte virtuel et de cours à distance.

Plus de cours à distance ou de cours en ligne disponible, que fait l’UdeS pour faciliter la conciliation travail-famille-études et l'accessibilité à des cours pour les personnes de tous âges?

À cet égard, voici quelques statistiques pour illustrer le phénomène des cours en ligne. En 2006, 553 personnes étaient déclarées comme étudiantes en ligne. En 2012, c’est 5647 personnes qui sont déclarées comme étudiantes en ligne; une augmentation de 921 %.

Beaucoup plus de formation à distance ou virtuelle. Universités virtuelles, diplômes en ligne, reconnus par des sommités, qui valent autant que ceux des vraies universités.

Au Québec, il y a une loi qui encadre les établissements de niveau universitaire. Ils doivent être reconnus dans le cadre de cette loi pour donner des cours. Donc, quand on parle de plus de formation à distance, elle va probablement être donnée par nos propres établissements pour avoir des diplômes reconnus qui donnent accès à des professions. Pour le reste, notamment le domaine des sciences où il y a moins d’ordres professionnels, c’est la loi du marché qui fera la différence.

Que ce soit dans 10 ou 25 ans, ce sera toujours un partage de savoir et un espace de discussions, de débats et de questionnements. La base ne changera pas, je l'espère.

L’essence même d’une université est de pouvoir partager notre savoir, discuter, échanger des idées, se remettre en question. Je suis quelqu’un d’optimiste et je partage cet espoir-là que la base ne changera pas.

Il y aura une plus grande diversité et une plus grande spécialisation des programmes universitaires. Les gens vont rester plus longtemps à l'université pour se démarquer encore plus.

Je suis d’accord : on s’en va vers des diplômes de plus en plus spécialisés. Le défi va être de faire correspondre nos diplômes avec ce que les étudiants veulent, mais aussi de les rendre plus pertinents pour le marché du travail.

Comme on ne pourra plus donner 100 % des connaissances dans un domaine, il faudra travailler les compétences des étudiants et leur faire comprendre l’importance de maintenir à jour leurs compétences et connaissances parce que le monde évolue vite.

Est-ce que les gens vont rester à l’université pour se démarquer encore plus? Je crois que ça a toujours été le cas et que ça continuera de l’être un bon bout de temps.

Il y aura plus de possibilités de faire des études à distance. Une seule université couvrira tout le Québec avec des satellites offrant des lieux de rencontre entre les étudiants et avec des professeurs.

L’université a une culture. À l’intérieur même de notre université, chaque faculté possède sa culture propre.

Est-ce que c’est une bonne idée d’avoir une seule université? À partir du moment où l’on enseigne la même chose à tout le monde, on vient formater une seule catégorie d’étudiants, de professeurs et de professionnels. On pourrait même enseigner une erreur à la grandeur du Québec! Je préfère de loin avoir plusieurs universités, des cultures et des formations différentes. Cela fait en sorte qu’on peut évoluer, discuter et faire avancer le savoir.

Tout le monde en fera et ça n'aura plus aucune valeur sur le marché du travail.

Les gens auront plutôt la possibilité accrue d’en faire. Mais est-ce que tout le monde aura le goût de se lancer dans de grands parcours universitaires? Est-ce que tout le monde va avoir la persévérance nécessaire pour diplômer? Est-ce qu’un diplôme universitaire pourrait ne plus avoir de valeur sur le marché du travail? Moi, je n’y crois pas.

Elles constitueront un lieu de création de collectifs se regroupant pour acquérir et développer un sens critique et les compétences liées à une ou plusieurs disciplines. Ce sera semblable à aujourd'hui et l'interdisciplinarité sera davantage présente.

On voit déjà cette tendance avec de plus en plus de programmes à cheval entre deux disciplines. On ne peut plus rester seulement dans notre domaine d’expertise parce qu’il est de plus en plus teinté par ce qui se passe ailleurs.

Pour les domaines qui évoluent et se spécialisent, ça deviendra une nécessité. Les méthodes d'enseignement changeront probablement, mais l'essentiel des apprentissages demeurera le même.

Je suis d’accord avec le fait que les méthodes d'enseignement changeront probablement. Par contre, je ne pense pas que l’essentiel des apprentissages demeurera le même, il va évoluer avec le reste.

Qui a le mieux prédit l’avenir des études universitaires? Rendez-vous dans 10 ans pour le découvrir… En attendant, les activités du Mois de la pédagogie universitaire sont l’occasion idéale pour y réfléchir.