Nouvelles UdeS

Icare

Au confluent de l’art et de la science

Renaud Lacelle-Bourdon donne à son personnage d'Icare toutes les couleurs de son espoir et de sa détresse.
Renaud Lacelle-Bourdon donne à son personnage d'Icare toutes les couleurs de son espoir et de sa détresse.
Photo : fournie

Voilà une œuvre qui a le mérite de briser les frontières entre les disciplines artistiques tout en offrant une expérience des plus captivantes à l’amateur de théâtre. Après La tempête et La belle et la bête, Icare est le troisième spectacle, en moins de 10 ans, créé au TNM par le tandem Michel Lemieux et Victor Pilon. Ces créateurs d’images signent ici un scénario visuel parfaitement imbriqué au très beau texte d’Olivier Kemeid, qui réussit à transposer le mythe grec dans notre monde actuel. Kemeid, qui s'était illustré en 2007 avec son adaptation d'un autre mythe, celui de L'Énéide, parvient à trouver les mots justes pour faire le récit de cette relation père-fils et de l'ambition dévorante de ses personnages.

«Vole toujours dans le milieu des airs, conseille Dédale à son fils Icare. Si tu descends trop bas, l'eau de la mer appesantira tes ailes. Si tu voles trop haut, le soleil les brûlera.» Voilà qui résume bien à la fois le mythe d'Icare et le défi des créateurs Lemieux et Pilon qui, malgré le caractère imposant de leur matière sur scène, ont su laisser leur juste place au texte comme au jeu des acteurs.

Ainsi, Renaud Lacelle-Bourdon donne à son personnage d'Icare toutes les couleurs de son espoir et de sa détresse, tandis que Robert Lalonde apporte toutes les nuances qu'il faut à Dédale. Accompagnés sur scène par une mezzo-soprano personnifiant à elle seule le coryphée, Dédale et Icare se font face. Autour d’eux, grâce à la magie du virtuel, apparaissent et disparaissent les êtres et les lieux qui hantent la mémoire labyrinthique de Dédale, alors que des personnages filmés, tridimensionnels (défendus par Pascale Bussières et Maxime Denommée), interviennent avec les personnages réels.

À la croisée du réel et du virtuel, aux confluences de l’art et de la science, Icare offre un univers théâtral éblouissant à la facture unique tout simplement renversante. À voir absolument le 11 mars au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke.

Pour renseignements et réservations, consulter le site du Centre culturel dont le lien figure ci-dessous.