Le ramjet poursuit sa route

Un an après avoir reçu le Prix du public des découvertes de l’année de Québec Science, les chercheurs de l’UdeS raffinent le moteur à hydrogène qui annonce une petite révolution

Quatre des chercheurs ayant pris part au projet de ramjet rotatif : au extrémités, les professeurs Martin Brouillette et Jean-Sébastien Plante; au centre, David Rancourt et Mathieu Picard, qui poursuivent des études doctorales dans des universités américaines.

Quatre des chercheurs ayant pris part au projet de ramjet rotatif : au extrémités, les professeurs Martin Brouillette et Jean-Sébastien Plante; au centre, David Rancourt et Mathieu Picard, qui poursuivent des études doctorales dans des universités américaines.


Photo : Michel Caron (archives)

Il y a près d’un an, le ramjet rotatif, un nouveau concept de moteur à hydrogène offrant une densité de puissance jamais vue, recevait le Prix du public parmi les 10 découvertes de l’année du magazine Québec Science. Un an plus tard, ce projet emballant dirigé par le professeur Jean-Sébastien Plante, de la Faculté de génie, a continué d’évoluer vers un prototype de seconde génération qui pourrait se rapprocher des applications concrètes.

«La simplicité est l’ultime sophistication» – Léonard De Vinci

Quand il parle du ramjet, le professeur Plante cite le grand penseur de la Renaissance pour le décrire. En effet, le concept est relativement simple et comprend une seule pièce mobile. Le secret réside dans la finesse des calculs et de la conception optimale des pièces qui le composent. Le ramjet exploite un nouveau procédé de combustion ultra-compact qui exploite avantageusement les accélérations centrifuges extrêmes, de l’ordre de 700 000 G, engendrées par le moteur, ce qui constitue une première.

De génération en génération

Trois générations de chercheurs ont mis la main à la pâte : Jean-Sébastien Plante avait été inspiré par le professeur Martin Brouillette – pour les premiers balbutiements du projet. Maintenant, ce sont les étudiants des cycles supérieurs qui poursuivent les travaux, comme l’ont fait avant eux David Rancourt et Mathieu Picard, deux diplômés de maîtrise qui terminent leurs doctorats respectifs dans de prestigieuses universités américaines.

«Nous avons obtenu une subvention CRSNG stratégique d’un demi-million de dollars pour poursuivre les recherches, explique le professeur Plante. À ce stade, nous avons formé une nouvelle équipe de projet et débuté les travaux de recherche qui nous apporteront la connaissance nécessaire pour développer un prototype de deuxième génération, c’est-à-dire, un prototype conçu pour fonctionner dans un environnement représentatif des applications potentielles», confie-t-il.

Au cours de la dernière année, des travaux spécifiques ont permis de mettre à l’épreuve la technologie en validant des aspects pointus. «Le prix de Québec Science que nous avons obtenu en 2012 était pour avoir démontré la faisabilité scientifique de ce nouveau concept de moteur, dit le chercheur. Nous en sommes maintenant à régler les défis techniques de deuxième ordre. Nous avons grandement progressé en un an, particulièrement au niveau de la résistance structurale du moteur et de sa gestion thermique.»

Vers des applications concrètes

Jean-Sébastien Plante laisse entendre que des partenaires ont montré un vif intérêt à collaborer au développement de prototypes pouvant convaincre des premiers utilisateurs potentiels. Des annonces devraient être confirmées plus tard, cette année.

À terme, la technologie de ramjet rotatif pourrait révolutionner la production d’énergie, par exemple en créant de mini-centrales transportables, surtout lorsqu’on doit déménager cette puissance et que le poids et les coûts deviennent des critères importants. «Imaginez le moteur d’une Ferrari au prix de celui d’une Hyundai Accent… et qui de surcroît occupe l’espace d’une boîte à lunch sans polluer», disait Jean-Sébastien Plante, l’an dernier.

Prix du public 2013 – L’UdeS dans la course

À l’instar de l’équipe du ramjet l’an dernier, les chercheurs de l’UdeS sont à nouveau dans la course des prix du public aux découvertes de l’année de Québec Science. L’équipe du biochimiste Xavier Roucou a découvert que l’être humain produit quatre fois plus de protéines que ce qui est enseigné dans les cours de biologie. Un constat déroutant puisque ces 83 000 petites ouvrières indispensables aux fonctions du corps étaient passées jusqu’ici «sous le radar» des chercheurs… Les protéines alternatives pourraient éventuellement aider à déjouer des maladies comme le cancer et les maladies dégénératives. Jusqu’au 20 février 2014, la communauté universitaire est appelée à appuyer la candidature de l’équipe du professeur Roucou au vote du public.